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Le sud-ouest de la France et l’Espagne sont aux prises avec de nombreux incendies qui embrasent non seulement les forêts, mais aussi des villes et des villages, ce qui force l’évacuation de plusieurs personnes. Qu’est-ce qui explique ces feux dévastateurs ? Le Devoir fait le point avec deux experts en la matière.
<?xml encoding="utf-8" ?><?xml encoding="utf-8" ?>La chaleur intense qui a marqué les dernières semaines en Europe peut certainement être citée comme l’une des raisons pour expliquer la propagation des flammes, étant donné que le carburant, soit les arbres, est plus sec, mentionne d’emblée Daniel Kneeshaw, professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Les températures très chaudes rendent le contrôle des incendies plus compliqué, mentionne M. Kneeshaw. La récente nuit pluvieuse a d’ailleurs permis une certaine accalmie, qui ne peut toutefois pas être tenue pour acquise, comme le mercure devrait remonter en France mardi et en Espagne mercredi.
Pour Miguel Montoro Girona, professeur en écologie forestière à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, bien que « les changements climatiques soient en train d’altérer tous les écosystèmes forestiers comme on les connaît », d’autres facteurs sont aussi à prendre en considération pour expliquer l’intensité des feux.
« Dans le cas de l’Espagne, les incendies ne se gèrent pas [quand on est] rendu à l’été, il faut les gérer 20 ans d’avance, souligne le chercheur. Il y a beaucoup de combustibles végétaux qui ont été accumulés, il y a un aménagement forestier qui a été minimisé en beaucoup d’endroits, donc la chaleur n’est pas la seule responsable des incendies aussi extrêmes. »
Selon lui, « on ne peut donc pas éviter les vagues de chaleur, mais on peut construire des paysages plus résistants aux feux ». Pour éviter que les bilans des feux de forêt ne continuent de s’aggraver, il faut toutefois continuer d’en parler et de « coopérer » pour mettre en place des solutions, affirme M. Montoro Girona avant de lancer : « Le scénario qu’on a aujourd’hui, les scientifiques, on l’a spoilé [divulgâché] il y a 20 ans. »
Y a-t-il des différences entre les forêts européennes et canadiennes ?
Les forêts européennes sont aussi particulièrement propices aux feux puisque plusieurs d’entre elles, notamment en Gironde, sont des forêts de plantations où le pin est prédominant. Or, dans ces conditions, ce conifère est particulièrement inflammable, indique Daniel Kneeshaw.
« Au Canada, nos forêts qui brûlent le plus, ce sont aussi les forêts résineuses, mais la différence, c’est que nos forêts de pins gris sont naturellement adaptées au feu, elles en ont besoin pour se régénérer. Les pins sylvestres en Europe, eux, ont été régénérés par des feux de surface. Donc, quand le feu passe dans les cimes, ils ont besoin de recommencer à zéro. »
Les cocottes de pin peuvent aussi exploser au moment où elles prennent feu, ce qui peut propager des étincelles loin dans les forêts, note M. Kneeshaw.
Les forêts européennes brûlent avec une intensité comparable à celle des forêts canadiennes, mais elles sont plus petites. Lorsque l’on compare les feux qui touchent l’Espagne et la France à ceux ayant lieu au Canada, on constate que leur superficie est donc moins grande que celle des incendies répertoriés au même moment en Ontario, par exemple.
L’effet sur les humains, lui, est toutefois plus grand pour ce qui est des incendies européens, car les forêts de conifères sont plus proches des centres habités. « En Europe, peu importe la direction [dans laquelle] le vent souffle, quelqu’un va respirer la fumée, illustre Daniel Kneeshaw. Ici, on a peut-être plus de villes qui sont évacuées, mais moins de personnes. »


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