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Politique 23/06/2026 15:22 Actualisé le 23/06/2026 17:26
Le congé climatique a été mis dans le débat par les Écologistes, inspiré par les mesures prises en Espagne après des inondations meurtrières.

LUDOVIC MARIN / AFP
Marine Tondelier, ici en déplacement en mars 2026
EN BREF • Les écologistes proposent un congé climatique de cinq jours par an, payé par l’État, pour les salariés empêchés de travailler lors d’alertes rouges météo.
• Le gouvernement critique la mesure, la jugeant inefficace face à l’adaptation nécessaire au changement climatique.
• Inspirée de l’Espagne, la proposition vise les situations climatiques extrêmes.
Après le débat entre pro et anti-clim’, voici venir celui sur le congé climatique. Lancée en mai par l’écologiste Marine Tondelier et relativement peu débattue jusqu’ici, la proposition de la candidate à la présidentielle a repris de l’ampleur dans cette semaine caniculaire. Poussée par les écologistes, elle est balayée d’un revers de main jusqu’au sein du gouvernement.
Lundi 22 juin, c’est la ministre de la Santé Stéphanie Rist qui a pris ses distances avec une « solution assez simple à dire » mais « qui n’est pas ce qui va permettre sur le long terme que notre population s’adapte ». Dimanche, son collègue du Travail Jean-Pierre Farandou préférait insister sur l’adaptation des horaires dans les métiers à risque. Agnès Pannier-Runacher, prédécesseuse de Monique Barbut à la Transition écologique, l’a qualifié de « gadget » et Gabriel Attal, candidat Renaissance pour 2027, n’a pas non plus mâché ses mots, provoquant la colère de Marine Tondelier.
Que propose concrètement la cheffe des Écologistes ? Cinq jours maximum de congé par an, payés par l’État et non décomptés des congés payés annuels, « si les conditions climatiques vous empêchent d’aller au travail », en cas de fermeture des écoles pour les parents sans solution de garde. Marine Tondelier précise que ce congé ne pourra être appliqué que pour « des situations climatiques extrêmes », c’est-à-dire en cas d’alerte rouge par les services météorologiques. Il a vocation à s’appliquer pour les professions où l’adaptation des horaires de travail n’est pas suffisante.
Une idée inspirée de l’Espagne
Marine Tondelier s’est inspirée de l’Espagne où la ministre du Travail Yolanda Diaz (gauche) l’a mis en place en novembre 2024. Un mois plus tôt, le pays était frappé par des inondations dramatiques, avec plus de 200 morts. Dans les semaines qui suivent, la responsabilité des responsables politiques et des entreprises est pointée du doigt. Les premiers sont accusés d’avoir sous-estimé le danger et de ne pas avoir prévenu assez tôt la population, en dépit des alertes émises par les services météos. Les seconds pour avoir demandé à leurs salariés de venir travailler malgré l’alerte rouge.
Le gouvernement décide alors d’enclencher la vitesse supérieure pour « adapter le droit du travail » aux conséquences du réchauffement climatique. Une série de mesures est promulguée, dont le fameux congé climatique. Concrètement, ce congé climatique est prévu pour une durée de quatre jours maximum et peut être activé dès qu’une alerte (orange ou rouge) est émise par l’agence météorologique espagnole. Il s’applique uniquement pour les salariés dont le poste est incompatible avec le télétravail, soit un cadre moins large que celui souhaité par les Écologistes français.
« Nous, ça sera mieux » qu’en Espagne, a fait valoir Marine Tondelier sur LCI dimanche 22 juin, évoquant le dépôt à venir d’une proposition de loi. Encore faut-il réussir à imposer d’abord l’idée dans la sphère professionnelle - pas vraiment emballée à ce stade, à en croire la réaction du patron du Medef - mais aussi politique.


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