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Dans le baseball professionnel indépendant, même une équipe championne doit rebâtir son alignement d’une saison à l’autre. C’est le cas des Capitales, qui ont passé l’hiver à ratisser la planète à la recherche de talents susceptibles de débarquer à Québec.
Au moment de remporter un 4e championnat de la ligue Frontière consécutif, en septembre dernier, le gérant Patrick Scalabrini savait déjà que de nombreux vétérans de sa formation s'apprêtaient à accrocher leur gant. D’autres ont obtenu des offres de contrat plus lucratives ailleurs ou encore atteint un statut de vétéran qui obligeait les Capitales à les laisser aller.
Résultat : seulement 9 des 28 joueurs qui composent l’alignement des Capitales cette saison étaient à Québec l'été dernier.
On a beaucoup de nouveaux visages que je suis très excité de voir à l'œuvre. On a quelques points d’interrogation, mais on est talentueux, décrit Scalabrini, qui compte cette saison sur des joueurs de 10 nationalités différentes.

Patrick Scalabrini, gérant des Capitales de Québec.
Photo : Christian Gingras - Les Capitales de Québec
Toutes les équipes américaines peuvent piger dans le bassin américain. Moi, je décide de puiser dans des endroits où les joueurs sont un peu moins recrutés. On a le luxe d’être une équipe chouchou dans le baseball indépendant et d’avoir les moyens de payer des visas au besoin.
Entre statistiques, vidéos et recommandations
Ce n’est pas le choix qui manque lorsque vient le temps d’assembler une équipe de baseball. Le sport se joue partout dans le monde et nombreux sont les joueurs qui attendent une chance de percer chez les pros ou encore de rebondir après avoir été libérés par une organisation des ligues majeures.
Un peu partout dans le monde, on peut se baser sur des vidéos, des listes de libération, des statistiques disponibles en ligne, nos contacts avec des agents, décrit Patrick Scalabrini, qui jouit aussi de recommandations que lui font d’anciens joueurs des Capitales.
Certaines nouvelles acquisitions sont incontournables. C’était le cas cette année du receveur de Québec Nicolas Deschamps, libéré par Blue Jays de Toronto, ou encore du voltigeur des Bahamas Chavez Young. L’intérêt était mutuel avec celui qui a joué jusqu’au niveau AAA dans les filiales des Brewers de Milwaukee.

Frappeur ambidextre de 28 ans, Chavez Young est passé par les organisations des Blue Jays, des Pirates et des Brewers dans le baseball affilié.
Photo : CAPITALES DE QUÉBEC / CHRISTIAN GINGRAS
Ça risque d’être un favori de la foule. Il a une longue feuille de route, il est charismatique et il a une tonne d’énergie.
Pour le reste, le défi pour rebâtir une équipe championne année après année, est de séparer le bon grain de l’ivraie. À Québec, cela commence avec une vision claire du type de joueur recherché.
J'ai recruté pour avoir des joueurs qui sont tannants pour les lanceurs adverses, qui prennent beaucoup de lancers et qui ont des moyennes de présence sur les sentiers très élevées, énonce le gérant.
Le nouveau venu américain Eddie Hacopian est un frappeur qui cadre parfaitement avec cette philosophie, tout comme le Japonais Yuta Hamada.
Une nouvelle filière japonaise
Joueur d’avant-champ, Hamada fait partie d’un contingent de quatre joueurs du pays du Soleil-Levant qui porteront les couleurs de l’équipe cette saison.
Aucun d'entre eux ne jouait l’an dernier dans la NPB, la puissante ligue professionnelle japonaise. Ils étaient plutôt dans des ligues indépendantes, parfois associées à des entreprises ou des universités.
Le Japon, c’est une bibitte différente pour recruter. Les statistiques de ces ligues-là sont difficiles à trouver et, même si on les a, on ne connaît pas tant le calibre.
Pour cette raison, à peu près personne ne recrute au Japon. Mais, les Capitales, qui ont réussi par le passé à se créer une filière cubaine, n’ont pas peur des défis.

Le lanceur Masatoshi Sakurai
Photo : CAPITALES DE QUÉBEC / CHRISTIAN GINGRAS
On a tenu un premier camp d’essai au Japon l’an dernier dans l’espoir d’y développer des relations. Honnêtement, le niveau de talent était moyen et on n’y a découvert personne. Mais on y est retourné cette année et il y avait cinq fois plus de joueurs et beaucoup plus de talent.
En résulte un quatuor formé par Hamada, le joueur d’avant-champ Shodai Shimizu et les lanceurs Yuto Nakata et Masatoshi Sakurai.
Pourquoi ont-ils traversé la planète pour un maigre salaire alors que le Japon a déjà du baseball professionnel de haut niveau?
Au-delà de l’expérience de vie, on leur offre une chance de gravir les échelons vers le baseball majeur et ils sont un peu plus libres de leur choix ici que dans la NPB. Là-bas, si tu signes avec une équipe, tu ne peux pas quitter la ligue avant plusieurs années, explique Patrick Scalabrini.
Signe que les Capitales ne négligent rien pour que les nouveaux venus se plaisent à Québec, l’équipe a également engagé cette saison un entraîneur adjoint et interprète japonais.
La saison 2026 des Capitales a débuté vendredi soir à Ottawa. L'équipe a divisé les honneurs de ses deux premiers matchs contre les Titans.


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