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Polluants éternels : ce que les chercheurs viennent de découvrir dans notre sang change l’alerte sanitaire

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Les « polluants éternels » sont partout : dans l'eau que vous buvez, les aliments que vous ingérez et les poussières que vous respirez. Depuis plusieurs années, les études s'accumulent pour alerter sur l'omniprésence des PFAS, ces substances chimiques de synthèse extrêmement persistantes soupçonnées d'être liées à plusieurs problèmes de santé.

Une nouvelle étude américaine, publiée dans Journal of Occupational and Environmental Hygiene, vient encore illustrer l'ampleur du phénomène à partir de plus de 10 500 échantillons sanguins analysés.

Les PFAS ne sont presque jamais seuls dans le sang

Les PFAS sont présents dans certains emballages alimentaires, textiles antitaches, mousses anti-incendie, ustensiles de cuisine, cosmétiques ou équipements industriels. Leur problème majeur : ils se dégradent très lentement et peuvent s'accumuler dans l'environnement comme dans l'organisme.

Des chercheurs de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ont découvert que certaines bactéries accumulent les PFAS et permettent de les éliminer. Du moins des corps des souris sur lesquels ils ont mené leurs tests. © Studio F., Adobe Stock
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Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont analysé 10 566 échantillons de sérum et de plasma. La majorité a été testée pour 13 PFAS, une plus petite partie pour 18 composés. Résultat : seuls 19 échantillons ne contenaient qu'un seul PFAS, à la limite inférieure du seuil de détection (0,1 ng/mL). La combinaison la plus fréquente associait cinq composés, dont des PFAS historiques comme le PFOS et le PFOA, mais aussi certains substituts. Elle a été détectée dans 2 754 échantillons, soit 26,1 % des échantillons testés.

Pour la Dre Laura Labay, toxicologue principale chez NMS Labs et auteure principale de l'étude, « ce vaste ensemble de données offre un aperçu concret de la fréquence de la présence simultanée de plusieurs PFAS chez l'être humain. En identifiant ces schémas d'exposition communs, l'étude permet de mieux comprendre les conséquences d'une exposition combinée et généralisée aux PFAS sur la santé humaine ».

Présents dans l’eau du robinet, certains emballages alimentaires, les textiles ou encore les ustensiles antiadhésifs, les PFAS font désormais partie de notre environnement quotidien. Ces substances chimiques extrêmement persistantes sont aujourd’hui retrouvées dans le sang de la quasi-totalité des personnes testées. © Anzhela, Adobe Stock (image générée avec IA)

Pourquoi les mélanges inquiètent davantage que les substances isolées

L'un des points importants de l'étude est précisément cette notion de mélange. Pendant longtemps, les évaluations sanitaires ont surtout porté sur quelques PFAS bien connus, pris séparément. Or, dans la vie réelle, les individus sont exposés à plusieurs composés à la fois, par l'eau, l'alimentation, l'air intérieur ou certains milieux professionnels.

« Ces résultats confirment que l'exposition aux PFAS se produit rarement sous forme de composés isolés », souligne la Dre Labay. Elle estime que la prévalence élevée de certaines combinaisons impose une lecture « basée sur les mélanges » dans la biosurveillance.

PFAS, cadmium, microplastiques, perturbateurs endocriniens… Des molécules toxiques auxquelles nous sommes exposées au quotidien, mais qui restent encore trop souvent sous le radar des préoccupations sanitaires. © XD, ChatGPT
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Cette approche rejoint d'autres travaux récents. Une étude publiée en 2026 dans Environmental Science Advances a par exemple observé, chez des personnes exposées via l'eau potable contaminée ou dans un cadre professionnel, une corrélation entre des concentrations élevées de PFAS dans le sérum et certaines modifications lipidiques, notamment des triglycérides plus élevés. 

Le sujet ne concerne pas seulement les adultes. En mars 2026, une étude menée sur 120 échantillons de sang de cordon ombilical a identifié 42 PFAS différents. Ces résultats suggèrent que l'exposition fœtale pourrait être sous-estimée lorsque l'on recherche seulement quelques composés connus, comme le PFOA ou le PFOS.

Des analyses menées sur plus de 10 500 échantillons sanguins ont révélé la présence de PFAS chez la quasi-totalité des personnes testées. Ces « polluants éternels », très persistants, s’accumulent dans l’environnement, mais aussi dans l’organisme humain. © Aura.1, Adobe Stock

Des données qui relancent la question de la surveillance sanitaire

Ces résultats ne signifient pas que chaque personne testée développera une maladie. Les liens entre PFAS et santé dépendent des composés, des doses, de la durée d'exposition, de l'âge, du terrain individuel et des autres facteurs environnementaux. Mais plusieurs PFAS ont déjà été associés à des effets sur le cholestérol, le foie, la thyroïde, l’immunité, la fertilité ou certains cancers.

La nouvelle étude américaine apporte donc une pièce de plus à un dossier déjà lourd : les PFAS ne sont pas seulement présents dans l'environnement, ils circulent aussi dans le sang de la quasi-totalité des personnes testées. Et surtout, ils y circulent rarement seuls. C'est cette exposition multiple, persistante et encore mal mesurée qui constitue aujourd'hui l'un des grands défis de la santé environnementale.

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