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La pilule ne passe pas chez certains pharmaciens propriétaires de l’Estrie. Ils s'opposent à la volonté du gouvernement du Québec d’amender son projet de loi 15 pour être en mesure de plafonner leurs honoraires.
Les honoraires sont les frais que les pharmaciens facturent pour leurs services. Si le gouvernement les limite, leurs revenus pourraient baisser. Les services pourraient donc en subir les conséquences.
Par exemple, les horaires ou le nombre d’employés pourraient être réduits. Les patients pourraient ainsi être contraints d’attendre plus longtemps, selon le pharmacien propriétaire, Marc-Denis Hubert.
Il croit que la situation dérape. Ça n’a pas de sens. Ça met en péril l’entreprise même. La rentabilité, les heures d’ouverture… c’est inacceptable.
On est prêts à faire des streptocoques et à servir des traitements pour les sinusites. Mais on est déjà accotés. Si c’est long à la pharmacie, c’est qu’il manque de monde. On nous dit "fais en plus et by the way, on coupe ton salaire", ajoute-t-il.
La ministre Bélanger veut rassurer
La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, comprend les inquiétudes des pharmaciens, mais assure qu’elle n’a pas l’intention de toucher à leurs honoraires pour l’instant.
Je suis consciente que l’amendement proposé par Québec solidaire dans le projet de loi de mon collègue suscite des préoccupations chez les pharmaciens. La question des honoraires est complexe et on ne peut pas agir uniquement sur une partie : il faut la regarder dans son ensemble. Je tiens à les rassurer : je n’ai pas l’intention de déposer un règlement sur ce sujet, a-t-elle mentionné par écrit.

Les pharmaciens propriétaires du Québec sont en colère devant cette volonté de Québec d'amender son projet de loi 15 pour donner au gouvernement le pouvoir de plafonner leurs honoraires.
Photo : Radio-Canada / Élyse Tessier
Elle rappelle aussi que les pharmaciens jouent un rôle essentiel et qu’elle veut continuer de travailler avec eux.
Le pharmacien propriétaire Allan Haddad n'est pas convaincu, mais essaie de garder espoir.
Personnellement, avant que ce soit sur papier, les politiciens peuvent dire ce qu’ils veulent. J’ai beaucoup d’espoirs dans ce que l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) fait pour ses membres. C’est très inquiétant pour beaucoup de nos confrères et consœurs, soutient-il.
L' AQPP organise une rencontre lundi soir pour expliquer à ses membres les possibles changements et leurs possibles impacts sur le service aux patients.


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