NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Derrière Pierre Salvadori, qui nous répond en visio depuis son bureau avant de partir achever le mixage de La Vénus électrique à Liège, quelques jours avant sa projection à Cannes, on remarque un portrait de Marie Trintignant réalisé par l'illustrateur Loustal pour l'affiche de… Comme elle respire, le troisième film du cinéaste en 1998, dont elle était l'héroïne aux côtés de Guillaume Depardieu. "Marie est toujours un peu là, elle a toujours veillé sur moi", lâche le cinéaste dans un souffle.
Alors que son onzième long-métrage ouvre le 79e festival de Cannes – la règle étant que le film sorte le même jour en salles dans la foulée de la cérémonie d'ouverture ("une célébration du cinéma, une caisse de résonance immense et un appui formidable à l'heure où il est si difficile de sortir des films") –, Pierre Salvadori est revenu pour nous sur la fabrique de son cinéma, délivrant depuis trente ans des comédies qui bousculent les normes.
Sise dans la vie artistique montmartroise du Paris des années 1920, La Vénus électrique met en scène un quatuor burlesque articulé autour de Suzanne (Anaïs Demoustier), une fausse voyante qui tombe peu à peu amoureuse d'un peintre (Pio Marmaï) lui-même hanté par Irène sa femme disparue (Vimala Pons en Pygmalion féminin), sous le regard d'Armand, un marchand d'art aux intentions doubles (Gilles Lellouche).
Votre scénario s'inspire d'une histoire de Rebecca Zlotowski, qui avait réalisé avec vous Planétarium (2016) sur deux sœurs médiums…
Oui, dans Planétarium, je jouais un metteur en scène qui devait réaliser un film avec Nathalie Portman et Lily Rose Depp. Pour m'aider à préparer le rôle, Rebecca m'a glissé une note expliquant le synopsis de ce film qu'on ne verrait pas à l'écran. J'ai tellement adoré cette histoire que j'ai eu envie de la réaliser…
De quoi s'agissait-il ?
C'était l'histoire d'une femme qui faisait croire à un homme qu'elle pouvait le mettre en contact avec sa femme disparue et, ce faisant, qui tombait amoureuse de cet homme. Mais plus elle fait apparaître la femme morte, qui est aussi sa rivale, plus elle disparaît aux yeux de l'homme qu'elle aime. J'ai tellement adoré ce personnage qui fabrique son propre malheur en fabriquant de la fiction que Rebecca m'a donné cette histoire. J'ai commencé à l'écrire après le succès d'En Liberté ! (2018). En somme, j'ai réalisé le film d'un personnage. J'adore quand la fiction nourrit la fiction.
"Planétarium" : Natalie Portman et Lily-Rose Depp réunies dans un thriller historique ambitieuxPeut-on aussi voir dans La Vénus électrique un hommage au cinéma premier à travers les artistes de foire ?
Pas directement, mais vous avez raison, j'aime l'illusion. J'avais besoin d'un personnage de voyante et d'un homme pas stupide. La fin du XIXe et le début du XXe siècle, c'est la fin des religions, l'au-delà se débarrasse du mystique, mais on se demande quand même où vont les âmes. Le dispositif autour de Suzanne rappelle au spectateur qu'il est dans une fiction permanente. À travers la foire, je parle de mon amour de la fiction, de l'importance de la fiction dans nos vies.
À travers la foire, je parle de mon amour de la fiction, de l'importance de la fiction dans nos vies.
Le film raconte la circulation des âmes et des amours. Était-ce aussi un moteur d'écriture ?
C'était un vrai sujet pour moi, auquel je ne pouvais échapper. La Vénus électrique est avant tout une histoire de projection amoureuse. Suzanne va tomber amoureuse du personnage de Pio Marmaï à travers les yeux et les carnets d'Irène, qui vont l'éduquer, la grandir. Je pense vraiment que la fiction nous élève, nous nourrit, nous sensibilise. L'émancipation de Suzanne doit beaucoup à la modernité et à l'indépendance d'Irène. Donc oui, il y a une transmission et une circulation des amours, mais il y a aussi beaucoup de comédie dans le film, car il y a du mensonge.
Qu'est-ce qui vous fascine dans la comédie sentimentale ?
Des questions qui me travaillent, mais qui sont amenées par les personnages. Peut-on aimer et trahir dans un même mouvement ? Que doit-on aux morts qu'on a aimés ? Armand pense que les morts ne nous demandent rien, qu'ils sont humbles, mais en même temps ils nous hantent et nous façonnent.
La Vénus électrique ©O'BrotherLe personnage de Vimala Pons (Irène) est une Pygmalion au féminin. Cela vous plaisait de retourner la figure du Pygmalion ?
Comme cinéaste, j'ai découvert et aimé le cinéma à travers la "screwball comedy" américaine des années 1930-40, les films d'Howard Hawks ou Ernst Lubitsch, des cinéastes qui imposent des personnages féminins forts, impertinents, burlesques. Après c'est comme un pli que l'on prend. Depuis Cible émouvante (en 1993, déjà avec Marie Trintignant et Guillaume Depardieu, NdlR), … Comme elle respire, mais aussi De vrais mensonges avec Audrey Tautou et Nathalie Baye (2010), j'ai toujours eu un penchant pour ce type de personnages. Mon idée n'était pas de retourner un cliché, mais ça m'a paru une évidence que ça soit une femme qui déclenche les mouvements amoureux comme les mouvements de création du film.
J'ai toujours aimé les personnages féminins forts.
Comment s'est mis en place la comédie burlesque entre ces quatre acteurs, notamment Gilles Lellouche, qu'on n'avait pas vu depuis longtemps dans ce registre ?
Mes scénarios sont des tremplins pour la mise en scène. L'idée est de rendre cinématographique et physique un texte littéraire à la base. La mise en scène est vraiment là pour exalter le jeu, surtout lorsqu'on fait du burlesque, avec tout un système de caméra à volets pour capter les réactions des acteurs dans l'évolution de la scène. Gilles a été un allié incroyable. Il fait partie de ces acteurs qui comprennent tout de suite le langage d'un film et qui viennent autant au secours de leur personnage que du récit. Il a réussi à composer une silhouette, il a pris l'accent du film que je voulais. La vérité n'est jamais la même d'un film à un autre et le but de chaque film c'est de rendre crédible l'invraisemblable. Et ce qui m'intéresse au cinéma ce n'est pas le vraisemblable, c'est la vérité.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


1 month_ago
56
























.jpg)






French (CA)