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Par Pierre Joannon
Le 12 janvier 2026 à 18h48

TRIBUNE - Publié il y a 300 ans, le livre de Jonathan Swift n’est pas un conte pour enfants mais une satire sociale riche en propositions fiscales farfelues. Une lecture qui s’impose à l’heure où les discussions budgétaires reprennent à l’Assemblée nationale, souligne l’historien.
Passer la publicitéPierre Joannon est membre de la Royal Irish Academy.
Jonathan Swift, le doyen de la cathédrale Saint-Patrick à Dublin, a laissé le souvenir d’un misanthrope atrabilaire, plein de mépris, de haine et de rage contre la société et le genre humain. Il était, nous dit Taine, de ces esprits arrogants et despotiques qui « vivent en rois tombés, toujours insultants et blessés, ayant toutes les misères de l’orgueil, n’ayant aucune des consolations de l’orgueil, incapables de goûter ni la société ni la solitude, trop ambitieux pour se contenter du silence, trop hautains pour se servir du monde, nés pour la rébellion et la défaite, destinés par leur passion et leur impuissance au désespoir et au talent. »
En 1726, il y a trois cents ans, Jonathan Swift publia Les Voyages de Gulliver qui, loin d’être un conte pour enfants comme on le dit parfois, sont une satire désespérée de son monde et du nôtre tant l’indignation et l’amertume qui s’y étalent sont de tous les temps et de tous les cieux.
Sur le…


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