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Parkinson : ce pesticide longtemps utilisé est associé à un risque multiplié par 2,5 !

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La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. En France, elle concerne environ 272 500 personnes et environ 25 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Si l'âge reste le principal facteur de risque, les scientifiques s'intéressent de plus en plus au rôle des facteurs environnementaux, notamment des pesticides. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Molecular Neurodegeneration, apporte de nouveaux arguments en faveur de cette hypothèse en désignant le chlorpyrifos comme un facteur de risque potentiel de la maladie.

Le chlorpyrifos associé à un risque de Parkinson multiplié par 2,5

Pour cette étude, des chercheurs de UCLA Health ont analysé les données de 829 personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de 824 témoins issus de la cohorte Parkinson's Environment and Genes. Les scientifiques ont reconstitué l'exposition de chaque participant au chlorpyrifos en croisant les adresses de résidence et de travail avec les registres californiens d'utilisation des pesticides.

Les résultats montrent que les personnes exposées durablement au chlorpyrifos à proximité de leur domicile présentaient un risque de maladie de Parkinson plus de 2,5 fois supérieur à celui des personnes non exposées.

Pour le Dr Jeff Bronstein, auteur principal de l'étude, ces résultats permettent d'aller plus loin que les travaux précédents : « Cette étude établit le chlorpyrifos comme facteur de risque environnemental spécifique de la maladie de Parkinson, et non pas les pesticides en général. »

Cette association est d'autant plus importante que le chlorpyrifos a été largement utilisé pendant plusieurs décennies en agriculture, notamment sur les cultures fruitières, céréalières et maraîchères. S'il est interdit en France et dans l'Union européenne depuis 2020 en raison de ses risques pour la santé, il continue d'être employé dans plusieurs pays hors d'Europe. Les chercheurs soulignent que de nombreuses personnes ont également pu y être exposées avant son interdiction, ce qui justifie de poursuivre les recherches sur ses effets à long terme.

Les personnes exposées durablement au chlorpyrifos présentaient un risque de maladie de Parkinson plus de 2,5 fois supérieur à celui des personnes non exposées. Le pesticide semble notamment perturber les mécanismes de protection des neurones dopaminergiques. © Chainarong Prasertthai, iStock

 cette thérapie cellulaire révolutionne le traitement. © Jacob Wackerhausen, iStock
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Des expériences animales qui renforcent l'hypothèse d'un lien de cause à effet

Pour déterminer si cette association reposait sur un mécanisme biologique plausible, les chercheurs ont également réalisé des expériences chez la souris et le poisson-zèbre.

Après onze semaines d'exposition par inhalation, les souris présentaient des troubles moteurs, une perte des neurones dopaminergiques, une inflammation cérébrale ainsi qu'une accumulation anormale d'alpha-synucléine, une protéine caractéristique de la maladie de Parkinson.

Les expériences menées sur le poisson-zèbre ont permis d'identifier un mécanisme précis : le chlorpyrifos perturbe l'autophagie, le système chargé d'éliminer les protéines défectueuses dans les cellules. Lorsque ce mécanisme était restauré, ou lorsque la production d'alpha-synucléine était supprimée, les neurones étaient protégés.

Aubergines, brocolis, champignons, poivrons, tomates, raisins, melons… Les produits européens sont globalement conformes en pesticides, selon une étude de l’EFSA. © Xavier Demeersman, ChatGPT
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Des résultats qui s'inscrivent dans un faisceau de preuves

Cette étude ne constitue pas une preuve définitive à elle seule, mais elle renforce des observations déjà rapportées depuis plusieurs années.

L’Inserm estime ainsi qu'il existe une présomption forte de lien entre l'exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson. Plus récemment, une revue systématique avec méta-analyse, publiée en 2026 dans la revue Environmental Toxicology, a compilé les résultats de 124 études. Les auteurs concluent que l'exposition aux pesticides demeure un facteur de risque environnemental important de la maladie de Parkinson, quelle que soit la nature de l'exposition (professionnelle ou domestique), les herbicides étant la catégorie de pesticides pour laquelle les preuves sont les plus solides.

Les travaux de l'UCLA pourraient permettre d'identifier les personnes les plus à risque après une exposition prolongée et, à terme, d'évaluer des stratégies de prévention ou de neuroprotection.

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