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Par Charlotte, votre humble narratrice (im)pertinente préférée
Mes très chers lecteurs,
Si je vous dis que je pars passer quelques jours sur une île cet été, il y a de fortes chances que votre imagination s’emballe. Vous me verrez probablement marcher sur une plage exotique, une coconut à la main, quelque part sous les tropiques.
Je suis désolée de briser ce rêve.
Mon cocktail sera probablement remplacé par un café glacé du matin, mes palmiers par des épinettes et, pour ce qui est de la température de l’eau… disons simplement que le Saint-Laurent demeure fidèle à lui-même.
Et pourtant, je peux vous assurer que le dépaysement sera tout aussi réussi.
Nous oublions souvent que la Côte-Nord possède un véritable trésor insulaire. Des îles sauvages, accessibles en quelques minutes ou quelques dizaines de minutes de bateau, où il est possible de randonner, de camper et surtout, de décrocher complètement du quotidien.
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de monter à bord d’une embarcation avec son sac à dos. Dès que le quai s’éloigne, on a cette étrange impression de partir beaucoup plus loin que quelques kilomètres. Comme si le simple fait de quitter la terre ferme suffisait à transformer une fin de semaine en véritable expédition.
Et c’est exactement ce qui rend ces escapades si spéciales.
L’Archipel-de-Mingan est sans doute l’exemple le plus spectaculaire. Mondialement reconnu pour ses immenses monolithes sculptés par la mer, il donne parfois l’impression d’avoir été emprunté à une autre planète. Les gigantesques formations rocheuses surgissent du paysage comme des sculptures laissées là par un artiste particulièrement inspiré.
La Grande Île est un véritable paradis pour les amateurs de randonnée. Son sentier principal fait plus de vingt-six kilomètres, mais chacun avance à son rythme. Après tout, difficile de vouloir battre un record de vitesse lorsque chaque détour offre un nouveau panorama sur le golfe, les falaises ou les célèbres monolithes du Zoo et du Château.
Et pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir, il est même possible d’y camper.
J’aime beaucoup cette idée de passer la nuit sur une île. Lorsque les derniers bateaux repartent et que le calme s’installe, on découvre une tout autre facette du territoire. Les visiteurs de la journée disparaissent, le vent devient le principal bruit de fond et le ciel étoilé reprend tranquillement ses droits.
Ce genre de soirée vaut bien tous les hôtels du monde.
Plus près de Sept-Îles, l’île Grande Basque offre une aventure tout aussi séduisante. Accessible en navette, elle permet de parcourir une dizaine de kilomètres de sentiers qui traversent forêts, caps rocheux et petites anses sablonneuses. Les dix-neuf emplacements de camping rustique donnent envie de ralentir le rythme, d’allumer un feu lorsque c’est permis et de savourer ce luxe presque devenu denrée rare : ne rien avoir d’autre à faire que profiter du moment présent.
Et si l’idée de dormir sous une tente ne vous convainc pas entièrement, il existe toujours une solution de rechange.
La Ferme maricole Purmer, installée sur l’île de la Grosse Boule, propose une expérience qui mélange parfaitement nature, découverte et confort. On y dort dans une yourte entièrement aménagée avant de partir explorer les sentiers de l’île jusqu’au belvédère qui domine la baie de Sept-Îles. Les plus curieux pourront même découvrir les secrets de la mariculture, goûter aux algues fraîches ou partir en excursion en kayak transparent.
Oui, un kayak transparent.
Parce qu’apparemment, la Côte-Nord n’avait pas encore fini de nous surprendre.
Ce que j’aime particulièrement de ces escapades insulaires, c’est qu’elles sont accessibles à presque tout le monde. Nul besoin d’être un grand aventurier ou un athlète de haut niveau. Avec un peu de préparation, un bon sac à dos et une météo coopérative, il suffit simplement d’avoir envie d’explorer.
Et quelle belle façon de le faire.
Pendant quelques heures ou quelques jours, on oublie la voiture, les horaires et le bruit de la ville. On marche. On écoute les oiseaux. On observe les phoques qui viennent parfois pointer le bout de leur museau près des rives. On regarde le soleil se coucher sur le golfe avant de s’endormir sous un ciel où les étoiles semblent beaucoup plus nombreuses qu’à la maison.
Au fond, partir sur une île, ce n’est pas seulement changer de décor.
C’est aussi changer de rythme.
Et je crois que nous avons tous besoin de cela de temps en temps.
Alors cet été, si l’envie vous prend de vivre une aventure qui donne réellement l’impression de partir ailleurs sans quitter la Côte-Nord, pensez à nos îles. Elles sont nombreuses, magnifiques et n’attendent qu’une chose : que l’on prenne enfin le temps d’aller leur dire bonjour.
Vous verrez… il n’est pas toujours nécessaire de traverser un océan pour avoir l’impression d’être au bout du monde.
Bien à vous,
Charlotte, qui est persuadée que les plus belles îles ne sont pas forcément celles où poussent les palmiers… mais souvent celles où l’on entend seulement le vent, les vagues et quelques goélands un peu trop bavards.


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