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Ottawa explore l’idée d'interdire l'accès aux moins de 16 ans à de nombreux réseaux sociaux et les réactions sont nombreuses dans les rues de Toronto.
Snapchat, YouTube, TikTok, Instagram… Saada Mohamed passe quotidiennement de sept à huit heures sur les réseaux sociaux. Je les utilise tous les jours, affirme-t-elle.
L’idée que ses comptes soient bannis parce qu’elle n’a que 14 ans ne la réjouit pas du tout.
Même son de cloche chez la grande majorité des adolescents rencontrés au centre-ville de la métropole, mardi.
Je crois qu’on pourrait ajouter des limites […], mais éliminer partout c’est injuste. C’est une forme d’expression pour beaucoup de personnes, affirme une autre Torontoise, également rencontrée au centre-ville.
Âgée de 15 ans, elle croit que les réseaux sociaux devraient être interdits seulement aux jeunes de moins de 13 ans. Je publie des vidéos, je parle avec mes amis. C’est une façon d’apprendre de nouvelles choses aussi, assure-t-elle.
Lors du congrès national du Parti libéral du Canada samedi, les membres se sont prononcés en faveur d’interdire l’accès aux moins de 16 ans à de nombreux réseaux sociaux, à l’instar de ce qui a été adopté en Australie à la fin de l’année dernière
Les libéraux ont également approuvé une résolution destinée à restreindre l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des agents conversationnels par les enfants et les jeunes adolescents.

À leur dernier congrès national, les libéraux fédéraux ont approuvé une résolution limitant l’utilisation de l’IA et des médias sociaux pour les enfants et les jeunes adolescents. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Bien qu’ils aient voté en faveur de ces résolutions, le gouvernement n’est pas tenu de les mettre en pratique.
Plus tôt cette année, le premier ministre Mark Carney a toutefois affirmé qu’il s’agit d’un sujet qui mérite un débat ouvert et approfondi.
Pour Mohamed Chehoury ce n’est pas tout blanc ou noir.
Je pense qu’ils doivent nous laisser utiliser les réseaux sociaux. […] On peut apprendre ce qui se passe dans le monde, il y a des guerres maintenant et on doit savoir ce qui se passe, dit le Torontois de 14 ans.
Avec une bonne gestion du temps, ça peut être bon, croit-il, admettant qu’il passerait beaucoup plus de temps à l’extérieur, s’il n’avait pas de réseaux sociaux.
Est-ce applicable?
Jessica Zeyl, propriétaire du Centre de soutien psychologique pour adolescents de Toronto, se réjouit que le gouvernement étudie la question.
Les réseaux sociaux aident les adolescents, mais peuvent aussi leur nuire, indique-t-elle. Parfois, il faut que tout le monde s’y mette.
Elle craint toutefois que de telles politiques soient difficiles à appliquer. Même si vous vérifiez leur téléphone, il est possible que votre adolescent y ajoute discrètement quelque chose dont vous n’avez pas connaissance, souligne-t-elle.

Les cellulaires peuvent rendre les médias sociaux accessibles en tout temps pour les enfants et adolescents. (Photo d’archives)
Photo : Shutterstock / tomeqs
La France est sur le point d’interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ans. Le pays serait le deuxième, après l’Australie.
Le pays des kangourous est un pionnier en matière de protection des jeunes face aux algorithmes addictifs des réseaux comme Instagram, TikTok ou Snapchat.
Plusieurs jeunes ont toutefois trouvé des moyens de contourner les règles. À Toronto, presque tous les enfants questionnés ont confié qu’ils se créeraient eux aussi de faux comptes si un tel règlement était mis en place.
Je prétendrais être âgée de plus de 18 ans, conclut Saada Mohamed.


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