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Réimaginé pour le bicentenaire du journal, Offenbach et les trois empereurs referma avec brio les trois jours de festivités au Grand Palais. Un spectacle à revivre sur Le Figaro TV.
Nous sommes le 7 juin 1867… L’Exposition universelle vient de s’ouvrir. Tout Paris s’enivre sur les airs de fête du grand Offenbach. Le compositeur triomphait un an auparavant au Palais-Royal avec La Vie parisienne. Il vient de dévoiler aux Variétés sa nouvelle création : La Grande-Duchesse de Gérolstein.
En coulisse, c’est une autre histoire. Les couloirs de la diplomatie internationale résonnent du bruit des bottes. L’encre qui mit fin à la « crise du Luxembourg » entre la France et la Prusse est à peine sèche. Rarement les tensions entre les deux empires ont été à ce point exacerbées. Sous les cancans et les feux d’artifice, 1870 joue son prélude.
C’est dans ce contexte qu’Hippolyte de Villemessant, patron du Figaro, entreprend de réunir, le temps d’un dîner, les trois empereurs qui se disputent l’Europe : Napoléon III, Guillaume Ier et Alexandre II. Le rendez-vous est fixé au Café anglais. Lieu symbolique s’il en est : la crise du Luxembourg vient de s’achever à Londres. Naturellement, Offenbach est chargé de l’animation musicale, avec sa fidèle muse et interprète Hortense Schneider.
Parcours fascinant du compositeur
Tel est le point de départ d’Offenbach et les trois empereurs, réimaginé par l’acteur et metteur en scène Christophe Barbier pour la soirée de clôture des 200 ans du Figaro, le 16 janvier, sous la verrière du Grand Palais. Pour l’occasion, le chroniqueur n’a pas hésité à « retricoter », avec un plaisir non coupable et manifeste, le spectacle qu’il étrenne depuis plus d’un an au Théâtre du Poche-Montparnasse, en compagnie de la chanteuse Pauline Courtin et du pianiste et comédien Vadim Sher.
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La première, exquise en Hortense mégère pas du tout apprivoisée, tient sans surprise l’essentiel de la partie chantée qui rythme ce spectacle, sur fond de tubes du petit Mozart des Champs-Élysées (de la Veuve du colonel de La Vie Parisienne au duo de la mouche d’Orphée aux enfers)… Mais on compte aussi des raretés, comme ces extraits piquants tirés du Violoneux ou de Monsieur Choufleuri. Sans oublier la musique de ses contemporains : Auber ou encore Lecocq.
Elle se révèle aussi une excellente comédienne, tout comme Vadim Sher, qui en plus de ses talents d’accompagnateurs amuse en Alexandre II arrivé en avance à la fête. Christophe Barbier s’arroge le rôle d’Offenbach. Accent à couper au couteau, portrait doux-amer, nombreux apartés savamment informés à l’adresse du Figaro rappellent qu’à défaut d’être chanteur lyrique, le journaliste est un acteur fin et qui sait de quoi il parle.
Au fil de ces cent minutes de spectacle, on suivra ainsi les joyeux préparatifs de ce « dîner d’État journalistique » qui seront autant d’occasions de revenir sur le parcours fascinant du compositeur, et ses liens profonds avec Le Figaro. Car le père de La Vie Parisienne a légué au média encore en noir et blanc, en plus d’une Valse, d’innombrables lettres hautes en couleur, auxquelles répondaient autant d’articles tous plus fantasques les uns que les autres.
Il était donc légitime que le quotidien lui rende la parole pour ses 200 ans. C’est désormais chose faite. Avec, pour finir la soirée, un joyeux pot-pourri par la chorale du Figaro (préparée par Vadim Sher), du célèbre Feu partout de La Vie Parisienne au galop d’Orphée en passant par la barcarolle des Contes d’Hoffmann. Sans oublier une surprise de taille : le duo du gantier et de la bottière réinventé en… duo de la reporter et du kiosquier !


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