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Si la France est dans le peloton de tête des pays européens avec le plus grand nombre de journées chômées, certains partis politiques et syndicats plaident pour aller plus loin.
Disons que le hasard a bien fait les choses. Cette semaine, le prestigieux quotidien britannique Financial Times est revenu sur le soin particulier avec lequel certains Français posent leurs jours pour profiter au maximum de leur temps de repos. Intitulé «Faire le pont — ou l’art de tirer le meilleur parti des jours fériés — est sur le point d’atteindre son apogée», l’article examinait les quatre jours fériés de mai tombant tous, cette année, en semaine. Un alignement des astres contemplé avec envie outre-Manche. «Je suis enclin à reconnaître que la France avait raison : dans un monde axé sur une efficacité déshumanisante, il y a du mérite à résister par beaucoup de temps libre», concluait Adrienne Klasa, éditorialiste du quotidien britannique.
La France n’est pourtant pas le pays le plus généreux en la matière. Avec ses 11 jours fériés, l’Hexagone ne se situe qu’en milieu de tableau des pays européens en comptant le plus — loin derrière Chypre (15 jours), l’Espagne (14) ou l’Italie (12). En revanche, avec 25 jours de congés payés, Paris figure à la 8e place sur 27 des pays avec le plus de jours de congés payés dans l’Union européenne.
Le regard du gouvernement sur ce farniente se fait pourtant de plus en plus critique, sous la pression de finances publiques exsangues. À l’été 2025, François Bayrou avait fait de la suppression du 8-Mai et du lundi de Pâques l’une des mesures phares de son projet de budget, espérant en tirer 4,2 milliards d’euros d’économies. Plus récemment, l’offensive gouvernementale sur le 1er mai visait à autoriser boulangers et fleuristes à travailler lors de l’unique journée obligatoirement chômée de l’année.
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7 nouveaux jours feriés pour LFI, plus de congé parental pour Clément Beaune
D’autres, à contre-courant du «travailler plus», entendent tout au contraire défendre le «travailler moins», pour différentes raisons. Publié cette semaine, un rapport du Haut-commissariat au Plan sur la baisse de la natalité recommande par exemple d’étendre d’un mois la durée du congé parental. Ce délai supplémentaire serait conditionné au fait «que le père prenne au moins un mois de congés», dans l’optique «d’un partage plus équilibré des responsabilités parentales», explique l’institution dirigée par l’ancien ministre Clément Beaune.
D’autres sont plus vindicatifs. Farouchement opposée au projet gouvernemental s’agissant du 1er mai, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet estime que «ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour, c’est un nouveau jour férié». La syndicaliste propose ainsi de faire du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, «un jour férié, chômé et rémunéré». La tradition est solidement ancrée dans les pays slaves, notamment en Russie, depuis 1965. L’usage veut que les hommes russes achètent ce jour-là des fleurs, principalement des tulipes ou des mimosas, à leur mère, leur sœur ou leur épouse.
Dans la même lignée, La France Insoumise plaide non pour un, ni deux, mais bien sept nouveaux jours fériés. Un projet porté dans des amendements déposés par les députés mélenchonistes lors de l’examen de la proposition de loi d’extension du travail le 1er mai. Parmi eux, on trouvait le 4 février, en mémoire de l’abolition de l’esclavage, le 18 mars, en souvenir de la «semaine sanglante» ou encore le 30 juin pour célébrer «l’amitié», «une notion politique au potentiel révolutionnaire, outil décisif de lutte contre le patriarcat», selon le texte de l’amendement déposé par LFI.
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Certes, la tactique du parti d’extrême gauche relevait sans doute davantage de l’obstruction parlementaire. Toutefois, le programme de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle de 2022 prévoyait d’instaurer une sixième semaine de congés payés, soit 5 jours supplémentaires chômés et payés pour les salariés. Selon l’Institut Montaigne la mesure aurait coûté 1,6 milliard d’euros par an. Reste à savoir si l’idée sera reprise pour le chef des insoumis dans le cadre de l’élection présidentielle 2027, à laquelle il s’est porté candidat lundi 4 mai dernier.


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