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Et c'est reparti pour un tour. Alors que les températures remontent pour une énième canicule estivale et que nous sommes tous forcés de vivre les volets fermés en quête de fraîcheur, voici quelques œuvres où les personnages doivent, eux aussi, faire face à la fournaise. Neuf excellents films qui sentent bon la sueur et les coups de soleil, et qui vous feront (peut-être?) relativiser.
«Le Bon, la Brute et le Truand», de Sergio Leone (1966)
Rien de tel qu'un western de Sergio Leone pour passer le temps en pleine canicule. Dans ce long chef-d'œuvre de 1966, trois chasseurs de prime en quête d'un trésor caché jouent au chat et à la souris. Le film se déroule dans le sud des États-Unis, en pleine guerre de Sécession –autant vous dire que ça transpire comme jaja. Tous les personnages, en stade avancé de déshydratation, ont la peau tannée par le soleil et les vêtements brunis par la sueur. En fait, c'est un peu comme boire du thé quand il fait chaud: en voyant Clint Eastwood et ses yeux sempiternellement plissés traverser le désert à pied, sans eau ni chapeau, on se dit qu'on n'est pas si mal devant notre ventilo (si on a la chance d'en avoir un).
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«Mad Max: Fury Road», de George Miller (2015)
Dans un monde ravagé par la chaleur et les pénuries, des clans de bandits et des populations désespérées s'affrontent violemment pour se disputer le peu d'eau et de pétrole encore exploitables. Ceci n'est pas une description de Paris à l'été 2026, mais le point de départ de Mad Max: Fury Road, qui se déroule dans un univers post-apocalyptique semblant aujourd'hui de moins en moins éloigné du nôtre. Au début du film, plusieurs jeunes femmes captives du tyran Immortan Joe, menées par la très badass Furiosa (Charlize Theron), vont s'évader en plein désert, et lancer par la même occasion l'un des films d'action les plus haletants de tous les temps.
«Revenge», de Coralie Fargeat (2017)
Jennifer voulait juste profiter de vacances tranquilles avec son «sugar daddy», dans une superbe villa avec piscine en plein désert. Mais le séjour tourne mal lorsque des amis décident de se pointer en avance et de se comporter comme des porcs. Après avoir été violée et laissée pour morte, la jeune femme va faire preuve de ressources, d'inventivité et de courage pour prendre sa vengeance. Et c'est assez jouissif à voir.
Avant le succès de The Substance, Coralie Fargeat démontrait déjà tout son talent dans ce «rape and revenge» moderne, brut et malin, qui utilise habilement les codes du male gaze pour mieux les renverser. Attention, c'est violent.
«Do the Right Thing», de Spike Lee (1989)
Vous aussi, vous avez envie de tuer tout le monde quand il fait chaud? C'est normal: la canicule, ça rend vénère. Aucun film ne l'a aussi bien raconté que le chef-d'œuvre de Spike Lee, situé à Brooklyn lors d'une éreintante vague de chaleur. Alors que la température grimpe, les tensions s'accentuent entre les habitants, les différentes communautés et la police, jusqu'à ce que le quartier s'embrase. Une œuvre énervée, sensuelle, politique et lyrique, qui n'a pas pris une ride.
«Fenêtre sur cour», d'Alfred Hitchcock (1954)
À force de vivre la fenêtre ouverte, la canicule peut parfois éveiller chez nous de forts instincts voyeuristes. C'est également ce qui arrive à James Stewart dans ce classique de Hitchcock, qui se déroule à New York en période de canicule. En convalescence avec une jambe dans le plâtre, le photographe Jefferies n'a aucune autre occupation que d'observer par la fenêtre le quotidien de tous les habitants du quartier… jusqu'au jour où il soupçonne le voisin d'en face d'avoir commis un meurtre.
Certes, les 35 degrés Celsius du film semblent presque mignons face aux températures que nous connaissons cet été. Et on n'a pas tous la même classe que Grace Kelly en robe de soie quand il fait chaud. Mais bon.
«Massacre à la tronçonneuse», de Tobe Hooper (1974)
Envie de prendre l'air et de partir en road trip à la campagne? Attention, fausse bonne idée. Dans la chaleur humide et écrasante du Texas, en plein mois de juillet, un groupe de jeunes adultes en virée croise la route de Leatherface, tueur monstrueux qui nourrit une vraie passion pour les peaux humaines et les outils de bricolage. Un classique de l'horreur merveilleusement dégueu, qui n'a rien perdu de son pouvoir de subversion et de son atmosphère poisseuse, plus d'un demi-siècle après sa sortie.
«Le Salaire de la peur», de Henri-Georges Clouzot (1953)
Certes, il fait actuellement très chaud. Mais vous pouvez vous rassurer en vous disant qu'au moins, vous n'êtes pas en train de transporter des tonnes de dynamite dans un camion sillonnant les routes dangereuses et accidentées d'Amérique centrale. Signé Henri-Georges Clouzot, ce thriller intense récompensé par la Palme d'or en 1953, et réadapté en 1977 par William Friedkin, risque de vous faire suer à grosses gouttes.
«Wake in Fright», de Ted Kotcheff (1971)
Un film de Noël pour vous rafraîchir? D'accord, mais on triche un peu, puisque celui-ci se déroule en Australie, où sapins et guirlandes riment avec coups de soleil. Un instituteur dépressif fait une escale dans une petite ville de l'Outback, avec pour objectif de partir en vacances à Sydney le lendemain matin. Mais pour notre protagoniste, ce qui ne devait être qu'une brève étape se transforme en descente aux enfers de plus en plus sordide, à base d'alcoolisme, de jeux d'argent et de meurtres de kangourous (une séquence quasi documentaire et profondément choquante, qui confère encore au film une réputation sulfureuse).
On peut quasiment sentir la poussière, la sueur et l'odeur de bière chaude à chaque plan. Si ce film nihiliste rythmé par le bourdonnement des mouches (dont la ressortie dans les salles françaises est prévue pour le 19 août) ne vous permet pas de relativiser sur votre propre sort, on ne sait plus quoi faire pour vous!
«Zabriskie Point», de Michelangelo Antonioni (1970)
Pour un film qui allie chaleur et colère militante, on vous recommande aussi ce classique de Michelangelo Antonioni, sur la contre-culture des années 1960 et la radicalisation politique. On y suit la rencontre entre deux jeunes désabusés, sur fond de révolte étudiante. Délaissant le consumérisme outrancier de la grande ville californienne, les deux amoureux s'enfoncent dans les terres et errent pieds nus dans la Vallée de la Mort, prenant des décisions qui risquent d'altérer le cours de leur existence.




























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