La fin de la guerre au Moyen-Orient marquera un retour à la normale dans le détroit d'Ormuz... ou presque. l'Iran songe à mettre en place un péage pour les bateaux traversant la zone. De quoi donner des idées à d'autres et provoquer d'importantes répercussions sur le secteur maritime et les consommateurs.
Après l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, que va devenir la navigation sur le détroit d’Ormuz ? S’il doit rouvrir d'ici vendredi, comme l'assure Donald Trump, il y aura-t-il un péage pour pouvoir le traverser ? Téhéran affirme que la gestion du Détroit lui revient et qu’il compte y instaurer des frais de service maritimes.
Une décision qui aurait de lourdes conséquences pour le trafic maritime mondial. D'abord parce que la mise en place d’un tel système de péage va à l'encontre du droit international. La liberté de navigation est garantie par la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. Mais seulement voilà : l’Iran ne reconnaît pas cette convention. Elle l’a bien signée mais ne l’a pas ratifiée.
Des frais répercutés sur les prix à la pompe ?
Surtout, facturer les navires qui transitent par le détroit transformerait aussi les fondamentaux territoriaux de la région. "Un tel péage signifierait que l'Iran s'est approprié territorialement la totalité du détroit. Et ça, évidemment, ce n'est pas possible puisqu'on a quand même d'autres États riverains de ce détroit, à commencer par le Sultanat d'Oman", souligne le géographe Sylvain Domergue.
D'autant qu'une fois mis en place, ce système de péage pourrait faire jurisprudence et inciter d’autres pays à faire de même. "Ça pourrait, par exemple, inciter la Chine à appliquer des frais en mer de Chine méridionale ou dans le détroit de Taïwan. Ça pourrait inciter Singapour et l'Indonésie, la Malaisie, de faire de même en Asie du Sud-Est. Donc, ça serait l'ouverture d'une ère nouvelle dans la mondialisation", ajoute-t-il au micro d'Europe 1.
Si l’on ignore pour l’instant la forme exacte que pourrait prendre ce péage, les frais engendrés par cette mesure pourraient être directement répercutés sur les consommateurs alors que c’est par Ormuz que transite 25% du trafic mondial de pétrole.


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