L’écosystème des festivals de l’été est en danger. En 2024, une étude française montrait que deux manifestations sur trois étaient alors en déficit. Hausse incessante des cachets artistiques et des coûts généraux de fonctionnement, dérèglements climatiques, surabondance de l’offre et baisse du pouvoir d’achat: les sources d’inquiétudes sont nombreuses. Au milieu de ces tumultes, le Montreux Jazz Festival (MJF) semble être un roc inébranlable, solidement ancré dans le terroir vaudois depuis sa création, en 1967, et fort de son rayonnement international sans pareil.
Alors que s’achève la première semaine de sa 60e édition, qui marque le retour dans les murs rénovés du 2m2c (Montreux Music & Convention Center) après deux années de scènes payantes réparties entre le vénérable Casino et la place du Marché, Mathieu Jaton sourit lorsqu’on lui glisse que, pour certains, le MJF serait en quelque sorte «too big to fail», à l’image de grandes sociétés cotées en bourse. «Même si nous sommes un festival à but non lucratif, où ce qui compte n’est pas de gagner de l’argent, mais de ne pas en perdre, 70% de notre revenu est totalement aléatoire car il dépend de la billetterie et de la vente de nourriture et boissons», explique celui qui a pris la tête de la manifestation en 2013, à la suite du décès subit de Claude Nobs.


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