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Les enfants d’un couple d’origine indienne qui a été abattu dans une maison en banlieue de Toronto en 2023 dans une fusillade qui aurait été orchestrée par le présumé baron de la drogue Ryan Wedding et l’un de ses adjoints affirment que la mort de leurs parents aurait pu être « évitée » dans une poursuite visant la police régionale de Peel.
Selon les autorités américaines, Jagtar Sidhu et sa femme, Harbhajan Sidhu, ont été tués en novembre 2023 par une personne toujours non identifiée. Il s’agissait cependant d’un cas d’erreur sur la personne. La poursuite, citant un acte d’accusation américain, indique que la cible de l'attentat était plutôt un individu qui avait des liens avec Ryan Wedding et qui aurait déjà vécu dans le logement habité par les Sidhus.
En octobre 2024, lors d'une conférence de presse, le sous-commissaire de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) Marty Kearns a catégoriquement déclaré que la famille Sidhu était complètement innocente.

Marty Kearns, sous-commissaire à la Police provinciale de l'Ontario. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Par courriel, cette semaine, le détective Brian McDermott, de la PPO, a dit que l'enquête de la police provinciale sur la mort de Jagtar Sidhu and Harbhajan Sidhu se poursuit. Pour l'instant, aucune personne au Canada n'a été accusée des meurtres et la PPO entend toujours fournir des réponses à la famille, dit-il.
La PPO a renvoyé les questions concernant les accusations portées contre MM. Wedding et Clark à la FBI.
Une visite de la famille trois jours avant les événements
Dans la poursuite, Jaspreet Kaur Sidhu — qui a survécu de peu au complot — et son frère, Gurdit Singh Sidhu, disent que des policiers de la région Peel ont visité la famille le 16 novembre, trois jours avant les événements.
L’exposé explique que ni les enfants ni deux de leurs amis, qui résidaient dans cette maison, n’étaient sur les lieux au moment de la visite des agents. Comme les parents avaient des compétences limitées en anglais, selon le document, ces derniers ont appelé un des amis, Damanpreet, afin qu’il fasse l’interprétation.
Les agents ont expliqué à Jagtar, Harbhajan et Damanpreet qu’ils étaient à la recherche d’une personne appelée "Bobby". Ils ont demandé si Bobby vivait [dans cette maison]. Avec l’aide de Damanpreet, Jagtar et Harbhajan ont dit que cet individu n’habitait pas ici.

Ryan Wedding est accusé d'avoir orchestré le meurtre du couple d'origine indienne. (Photo d'archives)
Photo : FBI
La famille déclare que la police aurait dû savoir que la famille Sidhu était menacée et en grave danger, car il y avait une menace contre la personne appelée Bobby dans les documents judiciaires, un trafiquant de drogue lié à Ryan Wedding. Selon les enfants, les agents auraient dû prévenir Jagtar et Harbhajan que la personne qui, pensait-ils, vivait à cet endroit, était en danger de mort.
L’incapacité à avertir les résidents a directement mené à la mort de Jagtar et Harbhajan et aux blessures subies par Jaspreet, ajoute-t-on dans le document.
Jaspreet Sidhu conserve des séquelles physiques de l’attaque, indique l’exposé de la demande. Une balle n’a pas pu être retirée et demeure logée près de sa colonne, ce qui cause une douleur constante, décrit-on. Les traumatismes psychologiques sont tout aussi importants. Jaspreet souffre de peur, d’anxiété et de détresse psychologique en raison des événements épouvantables et traumatisants, explique la poursuite.
La police se défend
La police régionale, par l'entremise des relations média, a dit qu'elle ne fournirait pas de commentaires, car le dossier est devant les tribunaux. Le service de police a cependant nié plusieurs des allégations se trouvant dans l'exposé de la demande dans son mémoire.
Elle explique dans le document qu'elle a répondu à un appel en novembre 2023 concernant des douilles trouvées dans un quartier résidentiel de Brampton. Ses agents ont alors appris qu'une maison dans le quartier appartenant à Bobby dans le quartier avait été ciblée par des balles à deux reprises ce mois-là.

La Police régionale de Peel est visée par la poursuite. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michael Cole
La police a par la suite appris qu'il existait potentiellement un lien entre ces coups de feu et un événement similaire survenu quelques jours plus tôt chez un associé et associé de Bobby, aussi à Brampton. Ils ont aussi été informés qu'un autre homme, un agent de sécurité, avait été abattu durant la même période à Mississauga.
La police régionale de Peel a estimé qu'il pouvait y avoir un lien entre le décès de l'agent de sécurité et les coups de feu tirés sur le domicile de Bobby et celui de son ami. Selon le mémoire de la défense, les agents n'ont obtenu aucune réponse lorsqu'ils ont visité le logement de Bobby.
C'est alors qu'ils ont décidé de se rendre à la maison où résidaient maintenant les Sidhu. Celle-ci était liée à une compagnie pour laquelle Bobby aurait travaillé. La défense corrobore en partie la suite des événements avancée par les plaignants : l'homme ne s'y trouvait pas et c'est plutôt Jagtar Sidhu qui a répondu.
Cependant, la police dit qu'elle n'avait aucun contrôle sur ce qui s'est passé par la suite et qu'ils n'ont pas fait preuve de négligence et qu'au moment des faits, elle pensait que le risque se limitait à Bobby et possiblement sa fille.


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