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Matières résiduelles : Québec analysera le contenu des bacs sur son territoire

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La Ville de Québec veut savoir quelles matières résiduelles prennent la direction de l'incinérateur alors qu'elles pourraient être recyclées ou valorisées. Dépourvue de données fraîches, elle procédera à la caractérisation des déchets produits sur son territoire au cours des trois prochaines années.

Le comité exécutif de la Ville de Québec a adopté la semaine dernière une résolution confirmant l'octroi d'un contrat d'une valeur totale d'un peu plus de 400 000 $ à un fournisseur externe qui sera responsable de mener les opérations de caractérisation de 2026 à 2028.

Le fournisseur a le mandat de mener trois campagnes chaque année, au printemps, à l'été et à l'automne, pour un total de neuf caractérisations durant la période visée par l'entente.

À l’incinérateur de Québec, des déchets sont manipulés avec une grue

La Ville estime que trop de matières qui pourraient être valorisées se retrouvent encore à l'incinérateur pour y être éliminées. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

Des camions de collecte des matières résiduelles seront détournés puis déchargés afin d'en inspecter le contenu de façon méticuleuse, explique Mathieu Fournier, directeur de la gestion des matières résiduelles à la Ville.

Les camions seront sélectionnés de façon aléatoire, mais selon une méthode permettant d'être représentatif des différents secteurs de la ville en fonction de leur densité. La source des déchets sera aussi prise en compte, alors que les inspections toucheront à la fois le résidentiel et les milieux institutionnel, commercial et industriel (ICI).

Procéder à des campagnes à chaque saison permettra également de considérer la saisonnalité des ordures, qui ne sont pas les mêmes selon la période de l'année. L'hiver est exclue des caractérisations en raison du temps plus froid, puisque le tri se fera sur une plateforme extérieure.

L'opération en bref

  • Contrat de 3 ans
  • 3 campagnes par année (printemps, été, automne)
  • 8 camions de collecte par campagne et 24 camions par année

Vérifier ce qu'on échappe

La campagne ne visera pas des citoyens ou des commerces en particulier, assure Mathieu Fournier en entrevue à Radio-Canada.

L'idée de base, dit-il, est d'obtenir le meilleur portrait possible des matières générées dans la capitale et de déterminer si chaque produit se retrouve dans le bon bac afin d'optimiser leur valorisation (recyclage, biométhanisation, réemploi, etc.) en bout de piste.

La Ville de Québec ne détient aucune caractérisation récente de ses déchets. Elle a en main le poids des matières, en tonnage, qui sont brûlées annuellement à l'incinérateur, mais elle n'en connaît pas nécessairement la composition de manière détaillée. On veut savoir ce qu'on échappe. La dernière opération de ce type a été réalisée en 2019 par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

La Ville veut par ailleurs profiter de l'exercice pour rappeler les bonnes pratiques à la population. M.  Fournier rappelle que certains déchets peuvent s'avérer dangereux s'ils se retrouvent au mauvais endroit. Il cite en exemple des bris d'équipement potentiels ou des risques de blessures pour les employés municipaux qui les manipulent.

Pas une police des poubelles

Cette caractérisation n'a pas pour objectif de punir les citoyens ou les organisations qui ne trieraient pas adéquatement les matières résiduelles, tient à préciser Marie-Josée Asselin, conseillère municipale pour Québec forte et fière et responsable de la gestion des matières résiduelles au comité exécutif.

Marie-Josée Asselin, conseillère municipale responsable de la gestion des matières résiduelles, en entrevue à Radio-Canada dans une usine de biométhanisation.

Marie-Josée Asselin, conseillère municipale responsable de la gestion des matières résiduelles (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Pour le citoyen, ce n'est pas une police des poubelles. Personne ne va recevoir d'amende. C'est le camion qui est détourné, affirme-t-elle. Elle insiste à l'effet que l'administration municipale a surtout besoin d'un meilleur portrait pour savoir où et comment intervenir pour améliorer ses résultats.

Elle souligne que chaque tonne métrique de déchets brûlés à l'incinérateur coûte 196 $. La Ville en brûle plus de 250 000 chaque année.

Les acteurs provenant des milieux ICI devront redoubler d'effort eux aussi. Le calcul de la production de déchets per capita comprend les volumes produits par les industries et les commerces. La production totale de déchets sur le territoire est ensuite divisée par le nombre d'habitants. À la fin, c'est la population qui paie pour l'incinération.

La CMQ aussi

Les campagnes de la Ville de Québec seront par ailleurs élargies en vertu d'une entente avec la Commission municipale du Québec (CMQ). Cette dernière a l'obligation de produire un inventaire dans son actuel Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles 2024-2031.

Des camions en provenance des municipalités de la rive-nord, incluant l'île d'Orléans, la Côte-de-Beaupré et de la MRC de la Jacques-Cartier seront donc également détournés dans le cadre des caractérisations.

La CMQ et la Ville de Québec ont convenu de collaborer à la réalisation de cette étude et une entente intermunicipale sera conclue entre elles, précise l'organisation supramunicipale.

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