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Un portrait inédit diffusé sur la chaîne franco-allemande retrace le destin tragique du chanteur assassiné par son père en 1984.
Passer la publicité Passer la publicitéUn prince du groove et de la musique soul, icône de la culture afro-américaine. Plus de quarante ans après sa disparition, impossible de résister à la voix douce et chaude de Marvin Gaye . Quand ses notes de musique inondent l’esprit, les mots résonnent au plus profond du corps. « Je suis passé par une phase où j’étais complètement obsédé par lui, une vraie histoire amoureuse », avoue Jamie Lidell, fidèle admirateur. « Il était sexy, sincère, passionné… d’une façon qui n’appartenait qu’à lui. » Chanteur, auteur et compositeur de génie, Marvin Gaye a marqué plusieurs générations avec des morceaux qui traversent les époques : What’s Going on, Let’s Get it on, Mercy Mercy Me… Autant d’hymnes à l’amour, à la sensualité.
Ce portrait de 52 minutes titré Visionnaire de la soul, réalisé par Schyda Vasseghi en 2025 et produit par Lena Bretschneider (Dokfilm), est un pur régal. Le film entretient la belle réputation des documentaires musicaux programmés par Arte en redonnant par exemple la parole à feu Leon Ware. Ce producteur décédé en 2017 avait permis à Marvin de sortir le magnifique I Want You sur l’album éponyme au terme de treize mois d’une collaboration exceptionnelle : « Pas une seule fois nous n’avons parlé d’argent ou royalties lorsque nous travaillions ensemble, avec Marvin… tout ce qui comptait, c’était la musique. »
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Et l’on y découvre que Marvin Gaye a vécu à Ostende, en Belgique, en 1981. Sa carrière est alors au point mort et il fait face à des ennuis financiers. L’artiste doit 4 millions de dollars au fisc américain à l’issue de sa dernière tournée européenne. En proie à de sérieux problèmes de drogue, le musicien choisit de ne pas rentrer dans son pays. Alors en plein divorce, il vit chez Freddy Cousaert, un producteur belge, en compagnie de son plus jeune fils. Et tente de se refaire une santé à la fois morale et physique.
Son âme tourmentée
Grâce à des images tournées par ses hôtes, on découvre un Marvin Gaye qui profite incognito de l’existence : il court sur la plage en survêtement satin rouge, mange le poulet du dimanche avec les doigts, joue au basket pour se reconstruire… En dépit d’épisodes dépressifs dont il aura souffert toute sa vie, Marvin Gaye retrouve l’inspiration à l’issue de cette parenthèse belge, qui ressemble à une cure de désintoxication en famille d’accueil. Si son âme tourmentée reste liée à des traumatismes de l’enfance, il parvient juste après à composer Sexual Healing, qui restera son plus grand succès international.
Après dix-huit mois sur les bords de la mer du Nord, Marvin Gaye retraverse l’Atlantique. Un retour au pays qui aura des conséquences dramatiques. Rattrapé par ses vieux démons, il replonge dans la cocaïne lors d’une longue tournée à travers les États-Unis. Épuisé, au bord du gouffre, il revient vivre chez ses parents. « Plus il consomme de drogue, plus sa relation avec son père devint toxique », note David Ritz, son biographe. Le 1er avril 1984 à Los Angeles, à la veille de son 45e anniversaire, l’artiste est tué par son propre père, qui tire avec un pistolet offert par… son fils. Mort à 44 ans, il laisse des albums d’une liberté artistique unique, considérés comme de véritables chefs-d’œuvre. « Marvin Gaye n’avait pas conscience de son talent parce que ce n’était pas ce qui le préoccupait », conclut le producteur, « la musique venait d’elle-même… » À noter que ce documentaire est suivi à 23 h 25 du concert Marvin Gaye – Greatest Hits, enregistré à Amsterdam en 1976.


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