Cinq plongeurs sont morts dans une grotte sous-marine aux Maldives. Les corps manquants de quatre d'entre eux ont été retrouvés ce lundi. Le mystère demeure quant aux circonstances de l'accident de plongée, le plus meurtrier de l'histoire des Maldives.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 13:40 | mis à jour aujourd'hui à 13:44 - Temps de lecture :

C'est l'accident de plongée le plus meurtrier qu'a connu l'archipel des Maldives : cinq Italiens ne sont pas revenus après leur plongée jeudi. Un seul corps avait pu être récupéré le jour même de la tragédie. Samedi, un plongeur secouriste participant aux recherches des corps est décédé à son tour. Ce lundi, les autorités indiquent avoir retrouvé les quatre corps manquants.

Les circonstances du drame restent encore un mystère, d'autant que les recherches étaient compliquées par le lieu de l'accident –une grotte sinueuse à 60 mètres de pronfondeur– et les conditions météorologiques. Le point sur ce que l'on sait du drame.

Que sait-on de l'accident ?

Jeudi 14 mai, cinq plongeurs – une professeure en biologie marine, sa fille, deux jeunes chercheurs et leur instructeur de plongée – descendent à 60 mètres de profondeur pour explorer une grotte au large d'Alimathaa, sur l'atoll Vaavu.

Pour une raison inconnue, ils sont tous décédés. Le corps d’un des plongeurs italiens a été retrouvé à l'entrée de la grotte, le jour même du drame. Les quatre corps manquants ont été découverts ce lundi, selon les autorités maldiviennes.

Les autopsies et l'étude du matériel de plongée devraient permettre d'éclaircir le mystère. Certains évoquent un problème avec le matériel, notamment les bouteilles de mélange gazeux que les plongeurs respirent (des mélanges soit suroxygénés, soit sous-oxygénés).

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Cinq Italiens, un sauveteur Maldivien : qui sont les victimes ?

Les victimes sont une professeure en biologie marine, sa fille, et deux jeunes chercheurs, a indiqué l’université de Gênes, où ils étudiaient ou travaillaient tous les quatre. La cinquième victime est leur instructeur de plongée et capitaine de bord du navire de croisière sur lequel ils voyageaient, le Duke of York. Une partie des disparus était aux Maldives pour effectuer des recherches, mais cette plongée du 14 mai n'était pas prévue dans ce cadre scientifique. Un sixième membre de cette mission a renoncé à plonger à la dernière minute.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Twitter PlaceHolder

  • Gianluca Benedetti – L'instructeur de plongée du groupe. L'Italien de 44 ans, plongeur professionnel, travaillait comme directeur des opérations pour le voyagiste Albatros Top Boat et était capitaine de bord du Conte Max et du Duke of York, deux yachts de prestige proposant des excursions de plongée et de croisières scientifiques. C'est son corps qui a été retrouvé le jour-même de l'accident à l'entrée de la grotte, laissant penser aux secours que les autres plongeurs de la palanquée étaient coincés à l'intérieur de la cavité. 
  • Monica Montefalcone – Cette Italienne de 52 ans était professeure en biologie marine à l'université de Gênes et dirigeait la mission scientifique sur les effets du réchauffement climatique sur la biodiversité marine tropicale. « Elle était une passionnée. Ses étudiants étaient toujours très impliqués dans ses cours et ses travaux. Chercheuse prolifique, son décès laisse un vide immense », a déclaré Paolo Vassallo, un de ses collègues.
  • Giorgia Sommacal – La fille de Monica Montefalcone était âgée de 22 ans. Elle ne faisait pas partie de la mission scientifique.
  • Muriel Oddenino – Une chercheuse de 31 ans à l'université de Gênes.
  • Federico Gualtieri – Un chercheur italien en biologie marine, également à l'université de Gênes. L'homme de 31 ans, tout juste diplômé d'un doctorat, ne faisait pas partie de la mission scientifique. Il était également un plongeur émérite, niveau moniteur.
  • Mohamed Mahudhy – Plongeur expérimenté, le Maldivien a succombé samedi 16 mai. « Le sergent-chef Mohamed Mahudhy a été transporté à l’hôpital dans un état critique après avoir refait surface lors des opérations de recherche, mais il est ensuite décédé alors qu’il recevait des soins », a annoncé l'armée maldivienne dans un communiqué. Il aurait fait un malaise lors de la remontée depuis la grotte. Il a eu des funérailles militaires samedi soir, en présence du président Mohamed Muizzu.

« Mon épouse n'aurait jamais mis la vie de notre fille en danger », affirme le mari et père de deux des victimes

Carlo Sommacal, l'époux de Monica Montefalcone et le père de Giorgia Sommacal, s'est exprimé auprès des médias italiens. « Mon épouse n'aurait jamais mis la vie de notre fille ou d'autres personnes en danger », affirme-t-il à La Repubblica. « Ma femme était parmi les meilleurs plongeurs au monde. Il s'est forcément passé quelque chose. Peut-être que l'un d'eux a eu un problème avec sa bouteille ? Je ne sais pas. Mais ce dont je suis certain, c'est que ce n'est pas dû à mon épouse. » Carlo Sommacal et Monica Montefalcone ont également un fils, adolescent. 

Pourquoi était-il difficile de récupérer les corps ?

Les opérations de recherche faisaient face à deux problèmes : la profondeur inconnue de la grotte accessible à 60 m de profondeur, et les conditions météorologiques. Des plongeurs maldiviens, très expérimentés, effectuaient des rotations pour tenter de localiser et de ramener à la surface les corps des victimes.

A cette profondeur, il y a des risques d'« ivresse des profondeurs », dû à un excès d'azote, ou d'accident de décompression, en cas de remontée non-contrôlée ou de modification soudaine de la pression. 

En outre, la grotte est elle-même d'une longueur inconnue, et sinueuse. Selon le ministre des Affaires étrangères italien, elle se diviserait en trois grandes chambres, reliées par des passages très étroits. Ce qui pourrait également générer des modifications de la pression.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

Twitter PlaceHolder

Après la mort samedi du secouriste maldivien Mohamed Mahudhy, les recherches avaient été suspendues. Des renforts sont arrivés dimanche, du Divers Alert Network (DAN), a indiqué le porte-parole en chef du gouvernement, Mohamed Hussain Shareef. Des plongeurs finnois, de nouveaux experts et de l'équipement spécialisé ont permis d'établir de nouvelles stratégies de recherches, qui ont abouti ce lundi à la découverte des corps.

Les Maldives, un lieu prisé pour la plongée sous-marine

Les Maldives, pays composé de 1 192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 km dans l'Océan Indien, sont une destination de vacances de luxe prisée des plongeurs.

Les accidents liés à la plongée et aux sports nautiques y sont relativement rares, même si plusieurs incidents mortels ont été signalés ces dernières années.

Les plongeurs avaient-ils le droit de plonger dans cette grotte ?

Normalement non, car la profondeur officiellement autorisée est de 30 mètres. Mais il arrive que, lorsque les plongeurs sont expérimentés, des exceptions soient faites de façon officielle ou officieuse. Dans ce cas précis, le groupe était en mission scientifique officielle pour étudier les conséquences du changement climatique sur la biodiversité. Or cette plongée n'était pas au programme de la mission, a indiqué l'université de Gênes. 

Le porte-parole en chef du gouvernement, Mohamed Hussain Shareef, a déclaré qu’une enquête avait été ouverte afin de déterminer les raisons pour lesquelles le groupe avait plongé au-delà de la profondeur autorisée.

Les Maldives ont suspendu la licence d’exploitation du Duke of York, navire de croisière sur lequel séjournaient les victimes, en attendant les résultats de l’enquête. Ce bateau de luxe de 36 mètres pouvant accueillir 25 passagers et sur lequel étaient restés les vingt autres touristes italiens qui accompagnaient les plongeurs décédés a été dirigé vers Malé, la capitale. Une aide psychologique leur est proposée.

Le voyagiste italien qui a organisé la croisière, Albatros Top Boat, a affirmé ne pas avoir été informé de cette plongée au-delà des limites autorisées. « Nous ne l'aurions pas autorisée sinon », ont-ils souligné.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice