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De nombreux Canadiens ont profité des dernières heures avant les célébrations de Noël afin de compléter leurs achats. Malgré leur retard, les personnes rencontrées au centre d’achat comptent bien respecter leur budget.
Munazza Kazi et son fils Zain s’apprêtent à rentrer au Centre Eaton de Toronto, et comme maman le dit, pas question de dépenser au-delà de leur budget. On va faire nos courses dans les limites de notre budget, confirme-t-elle.

Pas question de dépasser le budget pour la mère de Zain, Munazza Kazi, rencontrée avec son fils au Centre Eaton de Toronto.
Photo : Radio-Canada
Elle n’est pas la seule, selon Bruce Winder, analyste en commerce de détail à Toronto qui pointe du doigt l’incertitude économique ressentie par plusieurs consommateurs canadiens.
Lorsque les consommateurs sont inquiets pour leurs finances, que ce soit à cause d’un chômage élevé, de la guerre commerciale avec nos voisins du Sud, de l’incertitude liée à l’emploi, ou encore du renouvellement d’un prêt immobilier à un taux plus élevé que l’année dernière, cela se traduit généralement par une modification des habitudes d’achat des consommateurs, explique-t-il.

Matthew Olejarz avoue qu'il pourrait se laisser tenter par un bon prix.
Photo : Radio-Canada
Un récent sondage tenu pour le compte d’Interac confirme aussi que 66 % des parents canadiens affirment que la hausse du coût de la vie rendait plus difficile la gestion de leurs dépenses pendant les fêtes.
Les Canadiens ont du mal à concilier l’augmentation des coûts et la joie des fêtes qu’ils souhaitent offrir à leurs familles.
Près de la moitié d’entre eux affirment que leur budget de l’an dernier ne suffira pas, avance Lauren Mostowyk, cheffe des Affaires générales et partenariats chez Interac.
Cette réalité budgétaire est d’ailleurs dure à concilier avec la pression que plusieurs ressentent. Ils se disent : "Je veux offrir à mes enfants ce que je n’ai pas eu", subissent des pressions familiales, ou bien ils voient [un Noël] idéal sur les réseaux sociaux et veulent le reproduire, explique la représentante d’Interac, ajoutant que plusieurs disent craindre de dépasser leur budget cette année.

Même si la volonté de faire plaisir à tous exerce une certaine pression en ce temps des fêtes, Audrey et Simon Athaide ont respecté leur budget.
Photo : Radio-Canada
Audrey Athaide, également croisée au Centre Eaton avec son conjoint Simon, assure qu'elle a respecté son budget, mais elle reconnaît ressentir un peu cette pression. Je ne peux pas exagérer. Je ne veux pas souffrir en janvier et février. Mais c’est une période joyeuse, alors on veut juste que tout le monde soit content, avoue-t-elle.
Cette pression se reflète aussi dans la façon dont les consommateurs font leurs achats, selon M. Winder.
Ils cherchent à réduire leurs dépenses, par exemple, en allant dans des magasins moins chers. […] On observe aussi que les consommateurs achètent parfois des formats plus petits pour les produits alimentaires. Ils privilégient les marques maison, car elles sont généralement moins chères. Et ce phénomène ne se limite pas aux produits alimentaires, il concerne tous les produits, rapporte l’analyste en citant en exemple les magasins de seconde main, les magasins à un dollar et les sites d’achats en ligne, tels que Temu, Shein et Aliexpress.

Anne Shay a profité des soldes pour faire la majorité de ses achats et respecter son budget.
Photo : Radio-Canada
Certains ont également changé leurs habitudes de vie malgré les festivités, aux dires de M. Winder. [Ils] vont moins souvent au restaurant, limitent les activités sociales pendant les fêtes et essaient de se concentrer sur les cadeaux pour leur famille proche. Ils peuvent renoncer aux cadeaux pour tous et opter pour un tirage au sort en famille, assure-t-il.
Il s’agit souvent de réduire les achats non essentiels et d'utiliser ce qui reste pour se concentrer sur les achats essentiels du quotidien. Les détaillants le savent et ont déjà mis en avant davantage de produits de première nécessité.
Les consommateurs ont d’ailleurs été très attentifs aux promotions et les détaillants en sont conscients, selon M. Winder. Ils ont avancé le lancement des événements [Vendredi fou, Cyberlundi, etc., soldes d’après Noël] et les ont rendus plus importants, avec probablement un peu plus de produits et, sur certains articles, des réductions plus importantes, explique-t-il. Ils savent que, si l’offre est tiède, les consommateurs n’achèteront tout simplement pas, et ils n’achèteront pas non plus au prix normal.

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Anne Shay était aussi de passage au Centre Eaton de Toronto, mercredi matin, pour un dernier achat. Elle a d’ailleurs constaté ce phénomène. Beaucoup de magasins proposent déjà de super soldes. Je pense que les soldes d’après Noël, comme avant, ont déjà commencé. Du coup, j’ai pu acheter la plupart de mes articles à bon prix pour ma famille et mes amis, confirme-t-elle.
Matthew Olejarz a aussi profité des soldes, plus particulièrement celui du Cyberlundi, pour faire la majorité de ses achats, mais il confirme qu’un bon prix pourrait le convaincre de dépasser son budget. Je pense que je procéderai au cas par cas. Si quelque chose est relativement cher, mais que ça en vaut la peine, alors je pense que je peux me lancer. Ça en vaudra la peine, reconnaît-il.
Burson a mené le sondage pour Interac auprès de 1500 résidents canadiens adultes entre le 19 et le 24 novembre 2025. L’échantillon comprenait 377 parents canadiens, sélectionnés au hasard parmi le panel Web de Léger, un groupe de répondants potentiels, et pondérés en fonction de l’âge, du sexe et de la région afin de refléter la répartition de la population canadienne selon les données du recensement de 2021. La marge d’erreur associée à un échantillon de n = 1500 personnes sélectionnées au hasard serait de ± 2,5 %, 19 fois sur 20.


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