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Lionel Jospin est mort: décès du socialiste qui devait devenir président

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Publié le 23 mars 2026 à 09:21. / Modifié le 23 mars 2026 à 12:28. 3 min. de lecture

C’est une des plus grandes figures du socialisme français dont on a appris la mort ce lundi. La famille de Lionel Jospin a effectivement annoncé à l’AFP en début de matinée le décès, dimanche à la mi-journée, de l’ancien premier ministre de 88 ans.

Chef du gouvernement de cohabitation sous Jacques Chirac entre 1997 et 2002, il avait longtemps été présenté comme favori de l’élection présidentielle qui a suivi. Ce qui aurait fait de lui le deuxième président de gauche de la Ve République, après François Mitterrand. Mais, perdant au premier tour, le fameux 21 avril 2002, dépassé par l’historique score de Jean-Marie Le Pen, il avait alors affirmé quitter la vie politique dans une déclaration qui lui collera à la peau.

Lionel Jospin et Jacques Chirac, en décembre 1997. — © Laurent Rebours / AP Lionel Jospin et Jacques Chirac, en décembre 1997. — © Laurent Rebours / AP

L’énarque tendance diplomate reviendra tout de même par la bande en envisageant de se présenter face à Nicolas Sarkozy en vue de l'élection présidentielle de 2007 et surtout entre 2012 et 2015, sous François Hollande, pour intégrer le Conseil constitutionnel après avoir dirigé une importante mission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique. Les interventions de cette figure tutélaire de la gauche sociale-démocrate étaient toujours très suivies, lui qui rappelait au PS une époque où il était tout-puissant. Son soutien aux côtés de Raphaël Glucksmann pour les élections européennes de 2024 avait par exemple été remarqué.

«Le Nouveau Quotidien÷, 2 juin 1997. «Le Nouveau Quotidien÷, 2 juin 1997.

Gauche de gouvernement

Mais c'est surtout dans le camp le plus modéré de la gauche que Lionel Jospin restait le plus suivi. Car il incarnait ce que les socialistes aiment appeler «la gauche de gouvernement», celle qui, à l’épreuve du pouvoir, a reconnu qu'«il ne faut pas attendre tout de l’Etat». Cette petite phrase avait d’ailleurs entamé «la gauche plurielle», celle qui unissait toutes les tendances de ce camp aux affaires à l'époque. Jean-Luc Mélenchon, encore socialiste dans les années 90, s’en était dit «consterné». Et c’est la division de la gauche, avec des ailes plus radicales, qui avait empêché Lionel Jospin d’atteindre le second tour en 2002. Une division particulièrement sensible ce lundi, au lendemain du jour de sa mort, qui coïncidait avec des élections municipales encore une fois marquées par les dégâts que ces tensions peuvent provoquer dans ce camp.

Lire aussi: Paris, Marseille, RN, Bayrou… Les enseignements du second tour des élections municipales en France

Ce n’est donc pas un hasard si les hommages les plus vibrants viennent ce lundi de personnalités comme Ségolène Royal qui a déclaré qu'«avec lui c’est une certaine idée de la politique qui nous quitte, respectueuse du débat et soucieuse de la bonne décision, sans insultes ni fureur». Ou Pierre Moscovici, pour qui «il a marqué son temps» car «il savait tenir les deux bouts de la chaîne», «il avait des principes et il savait rassembler» la «dream team de la gauche».

Mais c’est François Hollande, celui qui aura finalement été le deuxième président socialiste, souffrant lui aussi grandement de cette épreuve du pouvoir, qui a publié le (très long) message le plus poignant sur le réseau social X: «J’éprouve à l’annonce de la disparition de Lionel Jospin une immense émotion», écrit-il avant de continuer: «Lionel Jospin incarnait l’exemplarité en politique. Premier ministre, il avait tenu à respecter scrupuleusement les promesses avancées (...) Homme d’État, il a fait preuve d’une conception élevée de l’action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité. (...) Comme ami, il attendait de ses proches ce qu’il exigeait de lui-même, de la cohérence, de la droiture et de la fidélité. Il ne distinguait pas les principes socialistes sur lesquels ses convictions reposaient des valeurs de la République auxquelles il était farouchement attaché. Au-delà de la gauche qui pleure l’une de ses plus éminentes figures, la France sait qu’un de ses plus grands dirigeants vient de s’éteindre.»

Dernier vrai gouvernement de gauche?

Jean-Luc Mélenchon, lui, malgré ses critiques passées, a tout de même rendu hommage à celui dont il avait été ministre en tweetant: «Ce fut un modèle d’exigence et de travail.» L’Insoumis Eric Coquerel ajoute: «Je ne veux retenir que les qualités de celui qui fut au fond le premier ministre du dernier gouvernement de gauche de ce pays.»

Lionel Jospin et sa gauche unie ont effectivement été à l’origine de mesures iconiques de ce camp, comme les 35 heures bien sûr mais aussi la couverture maladie universelle, les emplois jeunes, le PACS, la parité ou la police de proximité. Le début d’une certaine déconnexion du PS avec les couches populaires et l’entame d’un virage vers le réalisme économique lui a par contre ensuite été reproché par les radicaux.

Une chronique: Mélenchon a-t-il opté pour la stratégie de l'Insoumis jusqu'au pire?
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