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Des épisodes d’importantes pluies et de grêle ont teinté le ciel québécois de juin, au grand malheur non seulement du public des multiples festivals estivaux en extérieur et des étudiants à la fin des classes, mais aussi des agriculteurs de la province qui ont dû, encore une fois, jongler avec les actions de Dame Nature pour débuter leur pointe de la saison.
C’est le cas d’Éric Van Winden, copropriétaire de la ferme Delfland, qui a vu une partie de ses terres inondées suite à une longue bande d’orage qui a déversé environ 171 mm de pluie la semaine dernière. Au total, ce sont 140 acres qui se sont retrouvées sous l’eau, soit environ 10 % de la production de sa ferme, détaille le producteur maraîcher en entrevue.
« Je suis capable de m’en sortir sans le 10 % », précise-t-il. « Mais c’est clair que ça va paraître sur le plan financier à la fin de la saison. Reste qu’on peut se consoler d’être une grande ferme : une ferme moyenne au Québec, c’est à peu près 150 ou 200 acres. Si cette ferme-là a 140 acres sous l’eau, c’est fini. »
Pour certains légumes, comme les carottes, il est possible de recommencer de zéro par-dessus les plantations inondées, mentionne-t-il. Ce n’est toutefois pas le cas pour les oignons ou les patates douces dont la production tombe, littéralement, à l’eau.
Mais le plus frustrant pour Éric Van Winden, c’est que le travail réalisé en amont par son équipe — principalement du drainage, du nivelage et des travaux pour renforcer la terre — aurait pu « gérer » la quantité d’eau qui est tombée du ciel et en éviter les conséquences. « Le problème, ce sont les cours d’eau qui débordent », lance-t-il.
« C’est frustrant parce qu’on travaille fort, les terres sont nivelées, les cours d’eau sur notre terrain sont bien faits. Bref, on met des heures de fou à travailler là-dessus et là on perd notre école parce que le gouvernement n’a pas entretenu ses cours d’eau. C’est hors de notre contrôle. »
« Là pour rester »
Pour Patrice Léger Bourgoin, directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), les dernières semaines, météorologiquement parlant, « viennent nous rappeler que les phénomènes climatiques extrêmes dus aux changements climatiques qui se produisent année après année sont là pour rester ».
Ces événements, que ce soit le récent couloir de grêle autour de Saint-Hyacinthe ou les pluies diluviennes en Montérégie, sont devenus « la nouvelle norme », soutient-il. Une norme qui reste toutefois imprévisible : « Ce qui est étonnant quand on parle aux producteurs a posteriori c’est que dans un même rang, quelqu’un peut voir sa production dévastée de manière importante, puis un demi-kilomètre plus loin, il ne s’est rien passé. »
M. Léger Bourgoin note que le milieu prend une posture de « certaine fatalité » comme prévoir s’avère impossible. Plusieurs producteurs font donc comme Éric Van Winden et se préparent en amont, qu’un événement climatique extrême survienne ou non. « Ce qui est clair, c’est que cultiver des légumes de champs au Québec, ça coûte de plus en plus cher. Le prix des intrants augmente et, bon an, mal an, les producteurs doivent essuyer des pertes récurrentes », affirme-t-il.
Au-delà des conséquences financières, tant Patrice Léger Bourgoin qu’Éric Van Winden mentionnent un impact sur le moral pour les agriculteurs québécois. « On voit tout le travail mis au champ qui est anéanti en l’espace de quelques heures seulement », dit le directeur général de l’APMQ.


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