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« Ça nous rassure », affirme la présidente de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Gabrielle Lemieux. Les douze conseils scolaires francophones de l'Ontario pourront conserver leurs conseillers scolaires, alors que ces élus perdront beaucoup de pouvoirs du côté anglophone.
Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Paul Calandra, a dévoilé sa réforme tant attendue lundi.
Parmi les faits saillants :
- Chaque conseil scolaire anglophone aura à sa tête un PDG, qui s'occupera du budget;
- Les conseillers scolaires anglophones pourront faire des recommandations budgétaires et poser des questions, mais le PDG aura le dernier mot;
- Le nombre de conseillers scolaires sera limité à 12 par conseil; le nombre de conseillers scolaires du Conseil public anglais de Toronto (TDSB) - le plus gros conseil au pays - passera ainsi de 22 à 12;
- Les huit conseils scolaires anglophones actuellement sous tutelle, y compris le TDSB, continueront à être dirigés par leur superviseur provincial jusqu'à nouvel ordre.
Les conseils scolaires francophones, en revanche, pourront conserver leur structure de gouvernance actuelle. Le ministre Calandra admet qu'il ne voulait pas se retrouver avec une dispute constitutionnelle sur les bras.
C'est garanti. Nous ne toucherons pas aux droits [des francophones] enchâssés dans la Charte.
Certains conseils scolaires francophones ont des défis financiers, dit le ministre, mais tout en ajoutant que les élèves francophones ont de bien meilleurs résultats académiques en général.
Des contenus imposés par le ministère
Les conseils scolaires francophones seront toutefois assujettis eux aussi à des changements à partir de la prochaine année scolaire.
Tout comme pour les conseils anglophones, les enseignants des écoles françaises devront utiliser des ressources pédagogiques approuvées par la province. Ils pourront ajouter leur propre matériel, assure le ministère de l'Éducation.
Mme Lemieux de l'AEFO espère que les ressources fournies par le gouvernement répondront aux réalités franco-ontariennes.
On veut s'assurer que ce n'est pas seulement des ressources qui sont traduites de l'anglais.
La députée libérale d'Ottawa-Vanier, Lucille Collard, affirme, elle, que la province ne devrait pas imposer du matériel pédagogique aux écoles françaises. Elle promet d'en parler avec le ministre Calandra.
L'article 23 de la Charte est très clair : on ne touche pas aux conseils francophones, les acquis qu'on a. On ne va pas retourner à l'époque du règlement 17.
Pour elle, le gouvernement s'expose à un possible recours judiciaire des conseils scolaires francophones.
Examens et notes de participation
À la fois dans les écoles anglaises et françaises, les enseignants devront prévoir un examen final, écrit, pour chaque cours, et ce, lors de périodes désignées d'examen, sauf pour de rares exceptions comme l'éducation physique, indique le ministre Calandra. Pour lui, c'est une question d'uniformité.
Par ailleurs, pour faire grimper l'assiduité à l'école, 15 % de la note finale ira à la présence et à la participation en classe pour les élèves de la 9e et de la 10e années et 10 %, pour ceux de la 11e et de la 12e.
Des critiques dans le milieu anglophone
Le ministre Calandra, qui a déjà laissé entendre qu'il pourrait abolir les postes de conseillers scolaires, choisit plutôt de réduire considérablement leur capacité à perturber le système.
Il a décrié par le passé des dépenses inutiles de certains conseils scolaires, les montrant aussi du doigt pour des manques à gagner budgétaires. Il assure que ces élus pourront continuer à représenter les parents et les élèves.
Les honoraires des conseillers scolaires seront par ailleurs plafonnés à 10 000 $ par an.
La Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario rejette la réforme provinciale.
Ce projet de loi supprime les pouvoirs essentiels dont les conseillers scolaires ont besoin pour représenter véritablement les familles et les élèves.
Le NPD accuse le ministre Calandra de prendre le contrôle des écoles, éjectant les parents et les communautés.
Au lieu d'accaparer le pouvoir, ce gouvernement devrait investir dans de plus petites classes, des écoles plus sûres et le soutien dont les élèves et leurs familles ont réellement besoin.
Personne d'autre que les Franco-Ontariens ne devrait prendre les décisions concernant le matériel et les ressources qui seront utilisés dans les écoles francophones, ajoute-t-elle.
Par ailleurs, alors que les négociations approchent avec les enseignants pour le renouvellement des conventions collectives, le gouvernement désigne le Conseil ontarien des directions de l’éducation comme organisme central de négociations patronales pour les conseils scolaires de langue anglaise, publics et catholiques.
Avec la collaboration de Jean-Loup Doudard


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