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Les épreuves ministérielles sont en cours, vous en savez quelque chose si vous avez un adolescent en train de réviser la matière à la maison. Celle de français est déjà passée. Si les notes de cette année ne sont pas encore connues, celles des dernières années montrent un triste constat pour les élèves de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.
La pandémie a le dos large, réplique Josée Beaudoin, la présidente de l’Association des professeur.e.s de français, à ceux qui diraient que la période de crise de la COVID-19 est la seule responsable des déboires des élèves avec la langue. Il y a d'autres raisons qui expliquent sans doute la mauvaise qualité ou la moins bonne qualité de la langue chez les élèves.
Les élèves de la grande région de Québec ont des résultats en français de plus en plus bas, de façon marquée, alors qu’on note une faible augmentation à l’échelle provinciale.
Comme enseignante en français au secondaire, Josée Beaudoin remarque que les élèves éprouvent de grandes difficultés en compréhension de lecture.
Cette mauvaise compréhension là, quand ils ont à écrire des textes, ça se voit aussi dans la syntaxe utilisée, dans la carence de vocabulaire, et évidemment aussi dans l'orthographe d'usage, grammatical, explique-t-elle.
Pour les jeunes, la qualité de la langue, ce n’est guère important.
Selon Josée Beaudoin, les élèves semblent se soucier du français seulement lorsque les erreurs sont comptées et leur font perdre des points.
L’enseignante à la retraite Suzanne Geneviève Chartrand critique cette façon de faire, pas nécessairement en remettant la faute sur le dos des jeunes, mais sur le système des épreuves ministérielles. Depuis 20, 30 ans, que ces examens existent, les élèves se préparent et les enseignants doivent les préparer pour l'examen. Donc, ils ne travaillent pas à apprendre à écrire durant l'année, ils apprennent, vers les derniers mois, à apprendre à satisfaire aux besoins d'un examen, déplore celle qui a aussi participé à la formation des maîtres à l’université dans sa carrière.
Des pistes de solutions?
Josée Beaudoin estime que de donner plus de temps aux enseignants leur permettrait de donner davantage de rétroaction aux élèves pour qu’ils comprennent mieux leurs erreurs. La première des solutions qu'on préconise, ce serait d'abord de donner à l'enseignement de français, un statut à part. Parce que, même si on aimerait que la qualité de la langue soit une priorité pour tous les enseignants, quels qu'ils soient, il reste que c'est sur les épaules des enseignants de français que reposent l'enseignement de la lecture, de l'écriture, la syntaxe et aussi de la prise de parole à l'oral.
Elle rappelle qu'il n'est pas rare qu'un enseignant de français en 5e secondaire ait 120 élèves. La correction des travaux doit se faire en trop peu de temps. Il en manque afin de donner une meilleure rétroaction aux jeunes pour qu'ils puissent améliorer la compréhension de la matière.

Josée Beaudoin est présidente de l'Association québécoise des professeur.e.s de français
Photo : Radio-Canada
Aux yeux de Suzanne Geneviève Chartrand, il est évident qu’une partie du problème vient de la langue elle-même. Les jeunes ont toujours eu des difficultés à écrire le français parce que c'est une langue qui a refusé de faire des réformes sérieuses de son orthographe, entre autres, lance-t-elle d’emblée.
Au-delà de ce constat, elle juge que les enseignants n’ont pas le temps de bien mettre les nouveaux programmes à leurs mains. Le Ministère lance de nouveaux programmes et ne donne même pas un an, ni deux ans, ni trois ans aux enseignants pour s'approprier le programme. Il faut des formations. Il faut que les enseignants aient le temps de se former, de réfléchir aux impacts positifs ou négatifs de ce programme. Là, on leur renvoie ça comme si on leur envoie une liste de commandes d'épicerie et puis remplissez la commande.
Alloprof à la rescousse
Quoi faire pour aider les élèves? C’est avec cette question en tête qu’Alloprof a commencé à faire ses grandes révisions (nouvelle fenêtre). Pour une deuxième année, l’organisme organise des rencontres en direct sur le web pour revoir la matière. Ces capsules peuvent être vues en rattrapage. Les élèves peuvent poser des questions aux enseignants ou à leurs camarades.
On remarque que l’initiative motive les jeunes lors de la révision. Laurie Pelletier est gestionnaire de programme chez Alloprof. Elle affirme que cette année, près de 35 000 élèves ont participé aux grandes révisions. Celle qui porte sur la matière de français est populaire. C'est certainement une matière qui est difficile pour les élèves, pour laquelle on ressent que la communauté des élèves a besoin de plus de soutien.

Alloprof tente de soutenir les enfants et les parents dans la préparation des examens. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Imgorthand
C'est pas vrai qu'on va reprendre l'essentiel de l'intégrale d'une année complète en matière scolaire, dit-elle, mais ce qu'on vient de chercher, c'est plus des outils de dernière minute.
Il faudra attendre les notes de l’épreuve de 2026 pour voir si ça aide à améliorer le taux de réussite.
Avec les informations de Flavie Villeneuve, Gabriel Paré-Asatoory et Louis-Simon Lapointe


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