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Avec le blocage du détroit d'Ormuz par l’Iran, les consommateurs canadiens doivent s’attendre à payer plus cher à l’épicerie, affirment des spécialistes de différents secteurs.
Les prix des aliments ont déjà augmenté de plus de 30 % depuis février 2021, selon Statistique Canada.
La hausse des coûts du carburant, conséquence de la guerre lancée contre l’Iran par les États-Unis et Israël, devrait exercer une pression supplémentaire sur la chaîne d’approvisionnement.
La plus importante augmentation sera constatée dans le prix des produits importés, souligne Mike von Massow, économiste alimentaire à l’Université de Guelph.
On s’attend à ce que ces prix montent relativement rapidement, dit-il.

Au Canada, le prix des aliments a augmenté de plus de 30 % en cinq ans. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Nam Y. Huh
Les fruits et légumes — qui à ce temps-ci de l’année arrivent par camion d’Amérique centrale et du sud des États-Unis — devraient coûter plus cher d’ici une semaine ou deux, selon Mike von Massow.
À l’Île-du-Prince-Édouard, la banque alimentaire de l’organisme de bienfaisance The Upper Room, à Charlottetown, nourrit déjà 3000 personnes par mois. Son directeur général, Mike MacDonald, se prépare à en voir plus.
Nous nous attendons certainement à voir de plus en plus de gens revenir à la banque alimentaire. Mais aussi, des personnes qui auraient pu faire des dons pourraient ne plus être en mesure de le faire, toujours à cause de ces coûts élevés, a-t-il observé en entrevue.

Le prix de l'essence a grimpé rapidement depuis le début du mois. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Les automobilistes ont sans doute déjà remarqué une hausse des prix à la pompe. Selon GasBuddy, une application qui suit les prix de l’essence au Canada et aux États-Unis, le prix moyen de l’essence au Canada se chiffrait à 1,70 $ le litre, vendredi matin.
Le prix moyen du diesel était de 2,10 $. C’est encore plus élevé à l’Île-du-Prince-Édouard, où on constate une augmentation de près de 25 % en trois semaines : autour de 1,90 $ le litre d’essence et 2,40 $ le litre de diesel.

Des navires de marchandises dans le golfe Persique, près du détroit d'Ormuz, photographiés le 11 mars 2026 à partir de Ras el Khaïmah, aux Émirats arabes unis.
Photo : Reuters
Le prix du diesel, en particulier, a des répercussions sur l’épicerie. Il affecte toutes les parties de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, du transport et de la distribution des produits, a expliqué en entrevue Patrick De Haan, analyste pétrolier pour GasBuddy.
En plus des camions de marchandises, les équipements de ferme sont alimentés au diesel.
Le prix du diesel est un facteur important pour ces réseaux. La hausse du coût est si importante, que ça ne peut pas simplement affecter une seule partie de la chaîne d’alimentation, dit-il.
Ça se manifestera probablement par des aliments qui coûtent plus cher dans les prochaines semaines.
Il est probable que les aliments produits au Canada — comme le lait et le fromage — coûtent eux aussi plus cher, selon l’économiste Mike von Massow, mais les hausses ne seront pas aussi brusques.
À l’Île-du-Prince-Édouard, les pommes de terre de table sont entreposées. On ne devrait pas voir des prix beaucoup plus chers, parce qu’ils ne voyagent pas sur de longues distances, indique-t-il.

Un tracteur dans un champ de bleuets à l'Île-du-Prince-Édouard, le 3 juillet 2025.
Photo : Radio-Canada / Nicola MacLeod
Les aliments transformés, comme les céréales, sont moins touchés parce qu’ils sont plus faciles à transporter en grande quantité, ajoute-t-il.
En revanche, parce que la transformation des aliments au Canada se fait surtout au Québec et en Ontario, cela veut dire que les distances et les coûts de transport vers l’île seront plus élevés, ce qui devrait s’observer en épicerie.
Dans les cinq dernières années, la hausse du prix des aliments a été supérieure à la hausse de l’inflation. Elle s’explique par divers facteurs, par exemple la guerre de la Russie contre l’Ukraine, qui a perturbé le marché du blé et de l’huile végétale (nouvelle fenêtre); la chaleur extrême qui nuit à la culture du café; et un stock de bétail historiquement bas, qui a fait monter le prix du bœuf.
La guerre en Iran va affecter l’inflation alimentaire à un certain degré, il n’y a aucun doute, maintient l’Américain Patrick De Haan.
Si les États-Unis cédaient à la pression, ça aiderait probablement au passage des navires dans le détroit d'Ormuz, et après un certain temps, dans quelques mois, on verrait les prix du carburant diminuer, avance-t-il. Pour l’instant, c’est difficile à prédire.
D’après le reportage de Thinh Nguyen (CBC)


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