NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Après plus d’un an de médiation avec la Ville de Montréal, Sanimax affirme qu’il lui est techniquement impossible de se conformer à la réglementation municipale en matière de qualité de l’air. L'entreprise d'équarrissage demande une dérogation à Québec, mais le gouvernement s'en remet au processus en cours.
Parce qu'elle ne répond pas aux normes, Sanimax n’a pas obtenu les permis requis pour procéder à certains aménagements qu'elle a promis de réaliser pour réduire les odeurs qui se dégagent de ses installations du secteur de Rivière-des-Prairies, dans le nord-est de Montréal.
En activité depuis 1957, l'usine est un maillon essentiel de la chaîne agroalimentaire, puisqu'elle récupère et transforme les sous-produits de porc et de poulet rejetés par les abattoirs de la province.
Toutefois, elle empeste le quartier résidentiel qui a été construit à proximité, une trentaine d'années après son ouverture.
On veut maximiser la performance du site ici, on veut améliorer la cohabitation, on est prêt, on a l'argent.

L'usine de Sanimax dégage des odeurs nauséabondes dans le quartier résidentiel situé à proximité.
Photo : Radio-Canada
Alors que les cheminées de Sanimax génèrent environ 2700 unités d'odeur par mètre cube, l'entreprise affirme qu'elle est en mesure de réduire ses émissions à moins de 20 unités, mais qu'elle serait incapable de respecter la réglementation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui est d'une unité d'odeur ou moins par mètre cube.
Malgré l'utilisation du meilleur système, de la meilleure technologie, la norme de Montréal, une unité d'odeur à la limite de la propriété, ce n'est pas atteignable. Et c'est là-dessus qu'on s'obstine actuellement, résume Terry Finn.

Le vice-président principal émérite pour le Canada de Sanimax, Terry Finn
Photo : Radio-Canada
L'entreprise affirme que ses conclusions reposent sur des rapports d'ingénieurs, mais la Ville n'en fait pas la même lecture.
On sait que notre norme est atteignable, puis ça, c'est justement un point de dissension à la table de médiation en ce moment.
On n'est pas tout à fait d'accord sur l'interprétation de certains constats, ajoute l'élue, qui représente Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles au conseil municipal.

La responsable de l'environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Gabrielle Rousseau-Bélanger
Photo : Radio-Canada
En février 2025, Québec a nommé un médiateur pour aider les deux parties à se rapprocher. La firme d'ingénierie Beaulier a été embauchée pour offrir une expertise indépendante dans le cadre du processus, aux frais de Sanimax.
Selon l'ingénieur Francis Bonenfant, qui a étudié le dossier, on ne peut affirmer catégoriquement que la norme de concentration d'odeurs n'est pas atteignable. Mais ses conclusions se rapprochent néanmoins de celles de l'entreprise.
Même en mettant en place l’ensemble des améliorations crédibles et envisageables identifiées, selon les règles de l’art de la ventilation industrielle, [...] Sanimax ne pourra réalistement atteindre une unité d'odeur par mètre cube 100 % du temps à la limite de la propriété, a-t-il indiqué par courriel.

6:30
Le reportage d’Olivier Bachand
Une saga qui dure depuis des années
Les nuisances causées par l'usine de Sanimax reviennent périodiquement dans l'actualité depuis une dizaine d'années.
Pour mettre fin à divers recours devant les tribunaux, l'entreprise a conclu une entente avec la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec en 2024, promettant de réaliser différents aménagements pour réduire les odeurs qui se dégagent de ses installations.
Sanimax a notamment déménagé l'accès principal de son site, où entrent chaque semaine de 400 à 500 camions remplis de carcasses de porc et de poulet.
L'entrée était située sur le boulevard Maurice-Duplessis, face à des résidences, alors qu'elle donne dorénavant sur une zone industrielle. On est pas mal plus loin des résidents, alors les résidents ne voient plus et, on espère, ne sentent plus, dit Terry Finn.

De 400 à 500 camions chargés de carcasses animales entrent chaque semaine dans les installations de Sanimax, dans le secteur de Rivière-des-Prairies.
Photo : Radio-Canada
L'entreprise doit aussi construire un garage équipé d'un système de traitement de l'air qui pourrait accueillir les camions en attente de déchargement, comme elle l'a fait à son usine de Lévis, et un bâtiment qui recouvrirait l'aire de chargement des produits finis.
Mais elle ne peut pas aller de l'avant, parce qu'elle n'a pas obtenu le feu vert pour installer son système de traitement de l'air.
Puisqu'il ne permettrait pas d'atteindre la norme municipale, la Ville refuse d'octroyer les permis requis.

Le garage des installations de Sanimax, à Lévis, permet de réduire la propagation des odeurs qui se dégagent des camions en attente de déchargement.
Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère
Sanimax pourra cependant construire une usine de traitement des eaux usées à même ses installations, puisqu'elle est en mesure de répondre aux normes à cet égard.
Même si elle s'y est engagée dans l'entente conclue il y a deux ans, elle estime que cette exigence est exagérée.
L'entreprise affirme que la construction de cette station de traitement coûtera 120 millions de dollars et qu'elle entraînera la démolition du siège social adjacent à son usine, faute d'espace suffisant sur le site.
L'entreprise réclame l'intervention de Québec
Alors que Sanimax prétend que la norme de concentration d'odeurs de la Ville de Montréal est impossible à atteindre, l'entreprise réclame l'intervention du gouvernement du Québec pour lui permettre d'échapper à la réglementation de la CMM et de poursuivre ses activités.
Ce qu'on demande au gouvernement du Québec, au ministre [Donald] Martel, c'est un cadre réglementaire pour l'industrie de l'équarrissage, qui va nous permettre de faire notre métier, explique Terry Finn.
Mais le ministre de l'Agriculture, Donald Martel, renouvelle plutôt sa confiance envers la médiation qui est en cours entre Sanimax et la Ville de Montréal pour dénouer l'impasse, selon une déclaration envoyée par son cabinet.
J'ai invité l’entreprise à continuer le processus de médiation et à y collaborer pleinement. Je suis convaincu que la Ville de Montréal fera la même chose.

Le ministre de l'Agriculture du Québec, Donald Martel, souhaite que Sanimax et la Ville de Montréal résolvent leur différend grâce à la médiation qui est en cours. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La responsable de l'environnement au comité exécutif de Montréal, Gabrielle Rousseau-Bélanger, mise aussi sur la poursuite de la médiation. Nous, la Ville, on va continuer dans nos efforts de ce côté-là.
Elle déplore par ailleurs que Sanimax tente de court-circuiter le processus en demandant à Québec de trancher. C'est sûr que c'est un petit peu dommage de sortir de ce cadre-là, étant donné qu'on avait établi un mode pour avancer.
Ils ont décidé de sortir de cette médiation-là pour aller sur l'espace public, question de faire une campagne de communication, du lobbying au gouvernement pour avoir gain de cause, puis je ne pense pas que c'est ça qu'on devrait faire, ajoute pour sa part la conseillère d'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles Marie-Claude Baril, de Projet Montréal.

La conseillère d'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles Marie-Claude Baril, de Projet Montréal.
Photo : Radio-Canada
Une usine essentielle pour le secteur agroalimentaire
Si le dossier Sanimax est en apparence local, il suscite de vives inquiétudes dans le secteur agroalimentaire.
L'usine de Rivière-des-Prairies récupère la totalité des sous-produits de porc et de poulet rejetés par les abattoirs du Québec, ce qui équivaut à 460 000 tonnes par année.
Les sites d'enfouissement de la province seraient incapables de prendre la relève si les installations devaient fermer leurs portes.
Sans Sanimax, la chaîne agroalimentaire québécoise déraille. Donc, Olymel, tout comme les autres joueurs de notre industrie, on devrait fermer nos portes, cesser nos opérations.

La vice-présidente aux communications d'Olymel, Stéphanie Couturier
Photo : Radio-Canada
Les consommateurs en subiraient aussi les contrecoups, explique Mme Couturier, puisqu'il y aurait des ruptures de stock dans les épiceries et les restaurants. De l'abattage humanitaire devrait avoir lieu dans les fermes, puisque les animaux ne pourraient plus être envoyés à l'abattoir.
Tant et aussi longtemps que personne ne se présente ici pour nous fermer, avec l'autorité de nous fermer, nous, on continue d'opérer, mais on a la foi que les adultes vont finir par s'entendre, ajoute pour sa part Terry Finn.


22 hour_ago
52



























.jpg)






French (CA)