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L’urgence du CHU Dumont va-t-elle enfin être modernisée et agrandie, après des années d’attente et d’incertitude? La décision du fédéral d’investir des milliards de dollars en santé fait renaître l’espoir.
Dans son premier budget, présenté en novembre, le gouvernement de Mark Carney a annoncé la création du Fonds pour les infrastructures dans le domaine de la santé, doté de 5 milliards de dollars sur trois ans.
Lors d’entrevues données au cours des derniers jours, le ministre et député fédéral néo-brunswickois Dominic LeBlanc a donné des coups de coude au gouvernement de Susan Holt pour l’inciter à faire une demande afin de financer l’agrandissement de l’urgence du CHU Dumont.
Il a rappelé que c’est la première fois que le gouvernement fédéral investit de la sorte dans ce secteur de compétence provinciale. Selon lui, il s’agit d’une occasion en or de faire des travaux dont a grandement besoin le CHU Dumont.

Le ministre Dominic LeBlanc en entrevue en avril 2025.
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Je sais que la régie Vitalité et l’hôpital Dumont, leurs soins d’urgence datent de 50 ans, c’est la partie de l’hôpital qui n’a pas été rénovée. C’est un centre hospitalier universitaire où ils forment énormément de médecins de famille qui restent au Nouveau-Brunswick, a noté Dominic LeBlanc en entrevue à La Matinale.
Il a précisé qu’il a rencontré cinq ou six ministres du gouvernement Holt – dont le ministre de la Santé, le Dr John Dornan – il y a deux semaines et qu’il leur a parlé du nouveau programme fédéral, qui couvrira jusqu’à 50 % du coût des projets retenus.
Le Réseau de santé Vitalité crie haut et fort depuis des années que l’urgence du CHU Dumont doit être agrandie et modernisée. Et aussi que le manque d’espace complique grandement la formation des médecins dans cet établissement.
L'agrandissement de l'urgence faisait partie de son plan directeur, présenté en 2019 au gouvernement provincial.
Fredericton fait preuve d’ouverture
Dans une déclaration écrite envoyée à Radio-Canada, le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick dit vouloir vivement tirer parti du nouveau fonds annoncé par le gouvernement fédéral.
Le ministère reconnaît que le Nouveau-Brunswick a des infrastructures qui ont un besoin urgent d’investissements et indique qu’il est prêt à soumettre ses priorités dès que les détails et la structure du programme seront en place.

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, le Dr John Dornan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le ministère ajoute que des projets comme l’agrandissement de l’urgence du CHU Dumont correspondent exactement au type d’investissements qui pourraient bénéficier de ce fonds.
Quant au Réseau de santé Vitalité, il fait preuve d’un optimisme prudent quant à la situation actuelle.
Le Réseau de santé Vitalité accueille favorablement l’intérêt du gouvernement fédéral à soutenir l’amélioration des infrastructures de santé. Nous comprenons que le gouvernement provincial doit évaluer l’ensemble des priorités provinciales avant de déterminer quels projets seront proposés au gouvernement fédéral, lit-on dans une déclaration écrite.

France Desrosiers en mêlée de presse en avril 2025 à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
La PDG de Vitalité, la Dre France Desrosiers, a affirmé que les partenaires universitaires de la régie – plus particulièrement l’Université de Sherbrooke, qui offre de la formation délocalisée à Moncton – lui ont clairement fait comprendre au cours des dernières années que l’agrandissement de l’urgence du CHU Dumont est essentiel.
Ce que je peux vous dire, c’est que, chaque fois qu’on les rencontre depuis quelques années, on nous rappelle qu’on ne passe pas les critères d’accréditation. Notre salle d’urgence particulièrement ne les passe pas, a-t-elle dit.
Dans une déclaration, le doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, Louis Valiquette, ne donne pas de détails sur ces critères. Mais il réitère l’importance d’offrir des lieux de stages cliniques sécuritaires et pleinement adaptés aux besoins de l’enseignement.
Nous reconnaissons que certains milieux de stage peuvent présenter des enjeux, notamment en matière d’espace ou en raison du caractère vétuste d’installations construites au milieu du siècle dernier. Avec l’augmentation prévue des cohortes aux études médicales pré-doctorales au site de Moncton, il est plus important que jamais de s’assurer que les infrastructures répondent adéquatement aux exigences liées à la formation, dit-il.


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