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Des entrepreneurs winnipégois se demandent pourquoi les obstacles au commerce interprovincial persistent, malgré l'adoption de lois et la signature de protocoles d’entente. Ces mesures avaient été adoptées en réponse à la guerre tarifaire menée par le gouvernement américain.
Le président de la Chambre de commerce de Winnipeg, Loren Remillard, a souligné que le Canada doit encore faire davantage de progrès pour éliminer ces barrières.
Il y a eu plusieurs développements au début, mais il semble que nous sommes arrivés à une impasse en ce qu'il s'agit d'éliminer les derniers fardeaux de réglementation qui continuent à coûter cher aux entreprises à l'échelle du pays, dit-il.
Un nouveau rapport de Fonds monétaire international (FMI) indique que, si toutes ces règles étaient levées, le PIB du Manitoba pourrait augmenter de 12,2 % à long terme.
Des progrès ont été réalisés en novembre pour lever des restrictions, lorsque le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires ont signé un accord visant à supprimer les barrières commerciales sur la plupart des marchandises, à l'exception de l'alcool et des denrées alimentaires.
Cependant, selon le FMI, la grande majorité des coûts liés au commerce interprovincial sont imputables au secteur des services, tels que la santé, la finance, les télécommunications et les transports, qui étaient exemptés de cet accord.
Des barrières coûteuses sur le plan économique
À travers le Canada, les barrières font l’équivalent d’un tarif de 9 %, selon le rapport. Pour contexte, la Banque du Canada estime que le taux tarifaire moyen imposé par les États-Unis contre le Canada était de 5,9 % en octobre 2025.
Les barrières internes sont importantes, coûteuses sur le plan économique et qui ne sont pas en phase avec les besoins d'une économie moderne, dynamique et à forte intensité de services, indique le rapport qui est corédigé par Federico J. Diez et Yuanchen Yang, chercheurs au FMI, avec la contribution de Trevor Tombe, économiste à l'Université de Calgary.

Kevin Selch, fondateur de la brasserie winnipégoise Little Brown Jug.
Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton
Ces constats ne surprennent pas le fondateur de la brasserie winnipégoise Little Brown Jug, Kevin Selch.
En réalité, nous n'avons pas besoin d'un autre rapport, nous avons juste besoin que les gens agissent.
Les provinces ont facilité la vente d’alcool aux clients hors province par courrier.
Ce n’est cependant pas comme ça que les gens achètent la bière, dit Kevin Selch. Les gens achètent de la bière dans les magasins... plutôt que de trouver un site web et de la commander par courrier.
Par exemple, la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) exerce un contrôle sur le marché provincial et il est difficile pour les brasseries comme Little Brown Jug de commercialiser leur bière en Ontario.
Kevin Selch affirme qu'il aurait besoin d’un agent immobilier et d’un distributeur et aurait à faire tester ses produits et à faire approuver les étiquettes afin d’intégrer le marché ontarien. Pour lui, ces mesures font en sorte que l’expansion vers l’Ontario n’en vaut pas la peine.
Le premier ministre manitobain, Wab Kinew, a indiqué que les barrières d’échange interprovinciales ont fait un grand sujet de conversation, particulièrement concernant les aliments, lors des rencontres entre les premiers ministres provinciaux cette semaine à Ottawa.
Je pense qu'il est facile de voir les avantages économiques en ce qui concerne la suppression des barrières commerciales, a-t-il indiqué. Nous, ministres, premiers ministres et autres responsables gouvernementaux, devons faire abstraction de tout le bruit et de la bureaucratie, et, espérons-le, réaliser des progrès.
Avec les informations d'Ian Froese


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