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Campements de sans-abri et coyotes: des risques accrus de conflits

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Une étude met en garde contre l'augmentation des risques de conflits et de maladies infectieuses devant l'empiétement de campements de sans-abri sur l'habitat de coyotes en milieu urbain.

L’étude (nouvelle fenêtre) (en anglais), publiée dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment, constate que les personnes sans abri et les coyotes vivent souvent à proximité les uns des autres.

Plus précisément, conclut l'étude, leur concurrence pour les mêmes espaces et les mêmes ressources crée une dynamique qui peut s'avérer dangereuse, notamment par des conflits et des maladies infectieuses transmises d'animal à humain.

C'est une situation où tout le monde est perdant, résume Sage Raymond du Département des sciences biologiques à l’Université de l’Alberta et autrice principale de l'étude.

Un campement abandoné avec de la nourriture.

Lors de ses travaux, Sage Raymond a découvert ce campement abandonné avec de la nourriture.

Photo : Fournie par Sage Raymond

Nous avons des coyotes qui s'introduisent dans les zones où se trouve de la nourriture et des campements, ce qui n'est pas bon pour eux, et nous avons des personnes exposées à des agents pathogènes potentiels, explique-t-elle.

Les coyotes qui vivent près des habitations humaines pourraient s’y habituer, qui les mèneraient à un comportement plus agressif envers les humains.

L'organisme Edmonton Urban Coyote Project note que jusqu'à 3000 coyotes vivent à Edmonton. L'association Homeward Trust explique aussi qu'environ 5000 itinérants demeurent en ville, dont 20 % dorment dans des conditions difficiles. L'année passée, la Ville dit avoir démantelé 5600 campements.

Colleen Cassady St. Clair, biologiste à l'Université de l'Alberta et coautrice de l'étude, dit que ce phénomène existe depuis des années.

Son équipe a ainsi souvent rencontré des campements lors de ses recherches liées aux coyotes. Pendant un travail de terrain qui a suivi 120 terriers, les chercheurs ont traversé 73 campements abandonnés.

Un terrier creusé sous un charriot abandonné.

Un terrier creusé sous un charriot abandonné.

Photo : Fournie par Sage Raymond

Ce que les gens qui ont besoin de s’abriter recherchent, et ce que les coyotes recherchent sont en réalité très similaires.

Elle souligne que les coyotes et les personnes sans abris ont tendance à chercher des zones forestières denses, loin de la circulation, des sentiers et des gens.

Risques accrus de maladies infectieuses

Selon l’étude, les personnes qui dorment dehors près de terriers de coyotes pourraient contracter des maladies infectieuses, notamment un parasite rare, mais grave qui pourrait être mortel pour l'humain.

Il s'agit plus précisément de l’échinococcose alvéolaire, une infection parasitaire qui se propage par des ténias, qui ont été trouvés dans la moitié des coyotes d’Edmonton.

Les œufs de ténias sont excrétés dans les excréments des coyotes qui, comme le montrent les études de terrain, sont très concentrés à proximité des campements.

D'après l’étude, la transmission se fait par contact avec des excréments de coyote, ainsi, ceux qui s’abritent en plein air sont exposés à un risque élevé.

Un plan rapproché de coyote.

Depuis 2012, le nombre de cas avec cette souche de ténia a explosé, avec plus de 50 cas recensés en Alberta, dont 20 dans la région d'Edmonton. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images

Darcy Visscher, titulaire de la chaire de recherche du Canada en biologie urbaine, convient que la population itinérante d’Edmonton fait face à un risque accru, soulignant que l’infection est considérée comme mortelle dans 90 % des cas humains.

Les masses du parasite attaquent principalement le foie, où elles restent latentes pendant cinq à quinze ans avant que des symptômes graves n'apparaissent.

Les Soins de santé primaires et préventifs de la province affirment que la maladie est surveillée par des laboratoires, ainsi, seuls les cas confirmés par un laboratoire sont déclarés auprès de la province.

Habituellement, selon le ministère, seulement quelques cas sont enregistrés annuellement, donc aucune enquête publique n’est menée pour chaque cas. Par conséquent, certaines données ne sont pas consignées, telles que la situation de logement.

L’étude indique qu’il faudrait des programmes de santé pour diagnostiquer ces maladies infectieuses, des installations sanitaires pour ces campements, et de l’éducation sur le comportement des coyotes.

Par contre, Colleen Cassady St. Clair croit que la solution ultime serait un logement sûr pour tous.

Avec les informations (nouvelle fenêtre) de Wallis Snowdon

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