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Le Québec consommera encore beaucoup de pétrole en 2050, selon le plan de «transition» de la CAQ

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Même s’il répète qu’il est sur la voie de la « transition » hors des énergies fossiles et qu’il compte atteindre la « carboneutralité » en 2050, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit que le Québec consommera à ce moment-là plus de 40 millions de barils de pétrole par année. Cette demande pourrait pourtant être énormément réduite, estime un expert réputé des questions énergétiques.

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, a dévoilé mardi le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) 2026-2050. Ce plan, assorti de dizaines de milliards de dollars en investissements, « vise à établir une trajectoire énergétique prévisible » dans un contexte de « transition », et donc de « croissance de la demande d’énergie propre ».

« En 2050, avec ce PGIRE, si on suit le plan de match, on se retrouve avec un mix énergétique qui est constitué à 77 % d’énergie renouvelable et on passe de 52 % à 23 % pour les énergies fossiles. On passe grosso modo d’un ratio 50-50 à un ratio 75-25 en faveur des énergies renouvelables. Juste ces chiffres-là, ça dit beaucoup sur l’ambition que comporte ce plan de match, ce plan énergétique 2026-2050 », a d’ailleurs fait valoir mardi le ministre Drainville.

Selon ce qu’on peut lire dans le document, « élaboré par le gouvernement du Québec en collaboration avec Hydro-Québec et les distributeurs de gaz naturel », les énergies fossiles qui alimentent la crise climatique seront donc toujours bien présentes dans la consommation quotidienne d’énergie des Québécois. Ce sera le cas du gaz naturel d’origine fossile, mais aussi du pétrole.

Pétrole et climat

Dans son plan, le gouvernement de la CAQ prévoit que le Québec consommera chaque année 40 millions de barils de pétrole à l’horizon 2050, soit au moment où la communauté internationale devrait atteindre, comme promis, la « carboneutralité » afin de tenter de limiter les bouleversements du climat de la planète. Cette consommation annuelle du Québec équivaudrait à environ 110 000 barils par jour, contre 350 000 à l’heure actuelle (près de 130 millions de barils par année).

« Comme précisé dans le PGIRE, à l’horizon 2050, le résiduel fossile servira notamment à des usages pour lesquels les solutions de rechange sobres en carbone restent difficiles à déployer à grande échelle, tels que les carburants pour l’aviation et les usages à des fins non énergétiques », explique par courriel le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.

Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, souligne toutefois qu’une « transition énergétique complète » impliquerait une réduction nettement plus importante de la demande en pétrole.

« Il faudrait ne plus utiliser de pétrole et de gaz naturel à des fins énergétiques », fait-il valoir, en citant une consommation qui se limiterait à la production d’asphalte, à la fabrication de produits de plastique et à divers usages en pétrochimie. Dans ce contexte, calcule M. Pineau, la consommation quotidienne se situerait à environ 30 000 barils par jour, soit moins de 10 % de la demande actuelle.

Le PGIRE s’inscrit donc dans la voie de la « transition », mais il demeure insuffisant, précise l’expert des questions énergétiques. « Le PGIRE semble ne pas croire que les Québécois sont prêts à faire les changements nécessaires pour vraiment faire une transition complète », ajoute-t-il.

L’atteinte de « cibles plus ambitieuses » serait possible, estime Pierre-Olivier Pineau, « mais, pour les atteindre, il faut faire des changements structurels et comportementaux. Ces changements sont très difficiles à réaliser. Ils le sont d’autant plus que les gouvernements sont myopes et n’osent pas aborder frontalement les enjeux plus centraux ».

Il cite en exemple une réglementation « insuffisante » et « un manque d’alignement avec les politiques de mobilité, d’aménagement du territoire et de gestion des matières résiduelles pour vraiment transformer la société dans laquelle nous vivons ».

Réagissant au dévoilement du PGIRE, la coalition de groupes environnementaux Sortons le gaz ! a par ailleurs affirmé que ce plan « échoue à planifier la transition hors du gaz fossile de la province en traitant le réseau gazier comme un actif à préserver ».

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