NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway

Un documentaire brillant revient sur le déchiffrement par l’égyptologue de la langue antique et sur le rôle prestigieux joué par les scribes.
Passer la publicité Passer la publicitéDerrière chaque hiéroglyphe, il y a un récit. Un sculpteur, un graveur, un scribe. Encore faut-il pouvoir en retrouver la trace et le geste. Réalisé par Patrick Cabouat, disparu l’année dernière, Le Palais des hiéroglyphes. Sur les traces de Champollion raconte l’histoire de ces faiseurs d’éternité. Ces mots et ces signes, reconnaissables entre mille, ont dit et raconté l’Égypte ancienne pendant plus de 3000 ans, avant que l’usage des hiéroglyphes ne s’éteigne, au Ve siècle de notre ère. L’interdiction des cultes païens à la fin de l’Empire romain eut si parfaitement raison de l’écriture sacrée que les parois recouvertes de hiéroglyphes qui ornaient les temples et les palais, d’Alexandrie aux premières cataractes, se transformèrent en vestiges muets. Et, avec ce silence, le voile de l’histoire tomba sur la civilisation égyptienne plurimillénaire.
Produit en collaboration avec l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, ce reportage d’une heure et demie pose ses caméras aux côtés d’une équipe d’archéologues aux petits soins pour une sépulture construite près de la vallée des Rois, dans le secteur réservé aux grands administrateurs du royaume. La structure baroque et les puits profonds de ce complexe funéraire labyrinthique ont causé, depuis des siècles, de vilaines surprises aux visiteurs les plus téméraires. Par ses proportions, il s’agit de la plus grande sépulture de notable connue à ce jour en Égypte. Cette demeure, baptisée « tombe thébaine no 33 » - ou TT 33, pour les intimes – et véritable palais des hiéroglyphes était la dernière demeure d’un dénommé Padiamenopé. Malgré l’air saturé d’ammoniac provenant de milliers de chauves-souris décomposées, les archéologues, bardés d’équipement, éclairent des murs couverts d’inscriptions tirées des plus importants textes sacrés égyptiens. Cette monumentale bibliothèque d’outre-tombe s’ouvre cependant sur un préambule plus personnel. Dans une apostrophe de toute beauté gravée à l’entrée de la tombe, le défunt interpelle les futurs visiteurs, les salue et les invite à respecter et à entretenir sa dernière demeure. Padiamenopé savait trouver les mots justes. Il était scribe sous la XXVe dynastie.
Une élite lettrée
Pas de malentendu. Dans l’Égypte ancienne, le scribe n’avait rien d’un vulgaire gratte-papyrus. Il appartenait à une élite lettrée chargée de tenir les comptes, les registres, le courrier et les annales du royaume. Son arme était le pinceau trempé dans une encre noire ou rouge. Hélas, aucun manuel de grammaire hiéroglyphique n’est parvenu jusqu’à nous. Pour déchiffrer cette langue oubliée, Jean-François Champollion a dû s’intéresser, au début du XIXe siècle, à un tout autre document : la pierre de Rosette. Cette roche gravée découverte par les troupes de l’expédition de Bonaparte porte un décret du roi Ptolémée V gravé, au deuxième siècle avant notre ère, dans les trois écritures alors en usage en Égypte : le grec, le hiéroglyphique et l’égyptien démotique - une version cursive, simplifiée et plus moderne des hiéroglyphes. Le documentaire déplie avec pédagogie les travaux du jeune prodige français. Pour dénouer le nœud gordien de la langue sacrée pharaonique, Champollion a trouvé dans les égyptianismes de la langue copte, pratiquée par les chrétiens d’Égypte, les passerelles décisives permettant de déverrouiller les hiéroglyphes. Sa définition, passée à la postérité, décrit le système complexe des hiéroglyphes comme « une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase » et presque « dans le même mot ». Le film raconte cette double histoire, celle d’une civilisation redécouverte par son écriture et du scribe Padiamenopé, pieux lettré et grand mécène. Passionnant et jubilatoire.


4 month_ago
49



























.jpg)






French (CA)