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Le grand argentier du Canada, François-Philippe Champagne, a évoqué la complexité du monde et son regard porté vers l’avenir pour éviter de dire s’il est d’avis que l’aventure guerrière américaine en Iran en a « valu la peine », comme l’a affirmé le premier ministre canadien.
« Je n’ai pas de boule de cristal, mais ce que je peux vous dire, c’est que moi, je regarde en avant. L’année 2026 amène beaucoup de volatilité, beaucoup de complexité », a-t-il répondu lorsque pressé de questions sur son bilan de la guerre américano-israélienne en Iran, qui devrait prendre fin avec une entente promise pour vendredi.
M. Champagne a surtout évité de contredire son patron, le premier ministre Mark Carney, qui a affirmé avant de quitter le sommet du G7 en France être ravi du texte de l’entente préliminaire — qu’il a pu voir — qui permettrait aussi d’éliminer la menace d’une arme nucléaire iranienne.
« Arriver à cette situation où [la menace nucléaire iranienne] est hors de portée… Oui, cela en vaut la peine », a-t-il laissé tomber en entrevue au réseau américain CNN, répondant à l’affirmative à la question de la journaliste Kaitlan Collins qui lui demandait, justement, si cette guerre en aura valu la peine.
Chère pour les automobilistes
Le ministre François-Philippe Champagne a livré au moins 75 discours à la Chambre des communes qui promet « l’abordabilité » pour les Canadiens depuis qu’il est responsable des Finances, montre une compilation du Devoir. Sa dernière mise à jour économique présentait justement le « conflit au Moyen-Orient » comme le premier facteur de la flambée des prix de l’énergie, et théorisait ses conséquences pour le portefeuille des Canadiens.
Son gouvernement est même allé jusqu’à augmenter de 2,4 milliards de dollars la dette publique pour suspendre la taxe d’accise fédérale sur l’essence à cause de ce conflit. Les quelques cents de rabais à la pompe ont été rapidement avalés par de nouvelles hausses du prix de l’essence, encore justifiées par cette même guerre en Iran.
M. Champagne préfère célébrer une entente qui permet la réouverture du détroit d’Ormuz, même si ce sont les attaques américaines et israéliennes de l’hiver qui ont provoqué en premier lieu la perturbation de la circulation maritime à cet endroit stratégique.
Contredit par sa prédécesseure
Celle qui a occupé son poste de ministre des Finances entre 2020 et 2024, Chrystia Freeland, avait une interprétation radicalement opposée des fruits de la récente guerre en Iran. Elle a qualifié la récente entente de principe de « remarquable démonstration de la faiblesse américaine ».
« Même si l’entente tient, on est au même endroit qu’avant la guerre, probablement dans une position plus faible […] C’était une guerre non nécessaire », a-t-elle laissé tomber lors de sa propre entrevue sur les ondes du réseau CNN, mardi.
Mme Freeland, qui a été rivale de Mark Carney à la course à la direction libérale de 2025, a depuis démissionné de son poste de députée.
Le premier ministre Carney a passé une partie de l’hiver hanté par son appui initial aux frappes américaines en Iran, le 28 février dernier. Ce jour-là, les bombes américaines ont tué des dizaines d’enfants dans une école.
La position canadienne a été nuancée plusieurs fois. Le premier ministre a notamment expliqué avoir applaudi cette attaque « à contrecœur », par crainte d’une arme atomique iranienne, a demandé le respect du droit international et a finalement demandé la « paix » pour cette région du monde. M. Carney a condamné plus clairement l’invasion israélienne du Liban comme illégale.


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