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Le long-métrage réalisé par Michael Sarnoski sort en salle ce mercredi. Brutal, sale, sublime, silencieux...autant vous prévenir, ce n’est pas un film comme un autre.

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Hugh Jackman est Robin dans « On l’appelait Robin des bois »
« Robin avec Petit Jean, aux bois se promènent, ils s’en vont le cœur content et devisent gaiement ». Ça, c’est dans la version de Disney. Dans celle de Michael Sarnoski au cinéma ce mercredi 1er juillet, Robin des Bois n’est pas franchement un joyeux luron qui vole aux riches pour donner aux pauvres. C’est même tout le contraire.
Mettez de côté le (génial) Robin joué par Kevin Costner. Oubliez ceux de Russell Crowe et Taron Egerton. Celui de Hugh Jackman n’a rien à voir. Dans On l’appelait Robin des bois, Robin est vieillissant et vit reclus dans une grotte isolée, condamné à tuer tous ceux qui viennent chercher à se venger. Car ce Robin-là n’a rien du héros bienfaiteur des légendes. Il a massacré, torturé et volé pour le plaisir toute sa vie, oubliant les visages et les noms de ses victimes. Et certainement pas pour « venir en aide aux humbles » comme le racontent des histoires.
Dans un premier acte d’une rare violence, Robin retrouve Petit Jean (Bill Skarsgard) pour une épopée vengeresse très sanglante qui fera se détourner de l’écran plus d’un regard. Mieux vaut avoir l’estomac bien accroché. Blessé, il se retrouve alors sur une petite île dotée d’un prieuré où vit Brigid (Jodie Comer), une religieuse qui aide, elle, vraiment, ceux dans le besoin. Forcé de jouer les protecteurs pour une petite orpheline, il noue au sein de cette communauté de rescapés des relations qui le poussent à une douloureuse mais nécessaire introspection. Brutalement, le film change de ton.
Hugh Jackman au sommet
Autant vous prévenir, hormis les premières trente minutes, On l’appelait Robin des bois n’est pas un film d’aventure, ni une épopée médiévale pleine de rebondissements et de combats à l’épée. Et non, ce n’est pas un film « facile ». Celles et ceux qui ont vu l’excellent Pig avec Nicolas Cage, également réalisé par Michael Sarnoski, pourront attester que le réalisateur aime bousculer.
Dans les dialogues et les regards, se joue en réalité la traversée vers une impossible rédemption. Celle d’un homme qui n’attend plus que la mort qu’il pense mériter, conscient de tout le mal qu’il a causé, mais incapable de se racheter. Le fil rouge de la vengeance et de l’hérédité, qui est tiré tout au long du récit par plusieurs personnages, permet par ailleurs d’installer une vraie tension et de tenir en haleine les spectateurs moins friands de films contemplatifs.

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Hugh Jackman et Jodie Comer dans « On l’appelait Robin des bois »
Car On l’appelait Robin des bois est aussi un film dont les silences se regardent et s’écoutent. Tourné notamment en Irlande du Nord, il offre tout d’abord des panoramas sublimes. Il faut ensuite reconnaître le travail exceptionnel de la photographie, qui joue beaucoup sur la lumière naturelle avec une virtuosité qu’on n’avait pas vue depuis Train Dreams. Résultat : certains plans ressemblent à des tableaux de la Renaissance. Enfin, le long-métrage offre à Hugh Jackman un rôle sur-mesure. Il y livre une performance d’une intensité rare, à la hauteur de celle, inoubliable, dans Prisoners de Denis Villeneuve.
Hormis un quart d’heure final qui tire un peu trop sur la corde, On l’appelait Robin des bois se révèle, d’après nous, être une adaptation pour le moins originale et réussie du mythe anglo-saxon. Elle en dégoûtera certains, elle en ennuiera d’autres. Mais elle ne laissera pas un seul spectateur indifférent. Même si personne ne se fait « arracher le cœur avec une petite cuiller ».


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