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Le milieu agricole bas-laurentien accueille positivement le soutien annoncé vendredi matin par la première ministre du Québec. Le remboursement de la taxe carbone aux entreprises agricoles et la bonification du soutien financier de la relève agricole sont « des bons pas pour le futur », selon l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent.
On rentre dans les champs à l’heure actuelle, c’est là que nos équipements vont être en fonction. Avec le coût des intrants, entre autres au niveau des carburants, avec le coût des engrais, c’est sûr que c’est bienvenu cette annonce-là, se réjouit la présidente de la Fédération de l'UPA du Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux.
Christine Fréchette a annoncé que son gouvernement prévoit verser 87 millions de dollars à La Financière agricole du Québec pour financer un programme de compensation de la taxe carbone aux agriculteurs.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, s'adressait ce matin aux membres de l'Union des producteurs agricoles du Québec réunis à Drummondville.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas
Si la mesure doit profiter à près de 16 000 agriculteurs québécois, aux productions laitières, ovines, bovines, acéricoles et aux grandes cultures, notamment, ce n’est pas l’ensemble des membres de l'UPA qui pourront toucher à cette compensation, note cependant Nathalie Lemieux.
Tout en la qualifiant de bon pas en avant, la présidente de l’UPA régionale craint que l’enveloppe annoncée pour les deux prochaines années ne soit pas suffisante, alors que l’incertitude autour du prix des carburants n’est pas près de se dissiper.
Aussi souhaite-t-elle la mise en place de mécanismes permanents et accessibles à l’ensemble des producteurs pour pallier ces coûts.
Chaque petit gain, la relève le prend comme du positif
Le gouvernement bonifiera également le soutien financier à la relève en agriculture, en ajoutant 8,8 millions de dollars supplémentaires dans le Programme d’appui financier à la relève agricole, soit une bonification de 30 %.

Dorénavant, l’aide maximale accordée aux nouveaux agriculteurs atteindra 65 000 $. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan
C’est un bond qui est très important, qui est demandé depuis longtemps, lance le président de l’Association de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent, Charles-David Sirois. On voyait avec l’inflation que tout montait, mais ça, ça n'a jamais suivi.
Ces mesures annoncées envoient selon lui le signal que la relève est importante, que le gouvernement est prêt à prendre des actions concrètes et à écouter la relève.
Le gouvernement va aussi abolir la distinction administrative entre la relève agricole à temps plein et la relève à temps partiel.
Auparavant, les agriculteurs qui étaient considérés à temps partiel, parce qu’ils occupaient un autre emploi à l’extérieur de leur entreprise agricole, se trouvaient pénalisés sur leur prime à l’établissement, soutient Charles-David Sirois.
Souvent, les emplois extérieurs, c’est pas par choix, c’est par nécessité.
Quand tu as énormément de dettes, des fois ton entreprise n’a pas les moyens de t’offrir un salaire, mais tu veux tellement que ton entreprise réussisse, et tu veux tellement te lancer en agriculture, que tu n’as pas le choix de faire des sacrifices, dit-il.
Il faut que nos entreprises soient viables
Tout en rappelant que la province se dirige vers des élections générales à l’automne, Nathalie Lemieux croit que le fait que la première ministre était présente à la rencontre des partenaires de la politique bioalimentaire est signe qu’elle a quand même une certaine préoccupation à l’égard des producteurs agricoles.
Tant Mme Lemieux que M. Sirois souhaitent que Québec continue à bonifier les budgets alloués à leur secteur et que l’agriculture se fraye une place dans les enjeux de la prochaine campagne électorale.
On a besoin de notre autonomie alimentaire, on a besoin de notre sécurité alimentaire pour les années à venir, le soutien de notre État pour notre agriculture est important.
Le but c’est pas de toujours demander de l’argent au gouvernement, c’est de demander aussi une structure pour qu’on ait un revenu de nos produits qui soit suffisant pour qu’on puisse en vivre, renchérit Charles-David Sirois.
Avec les informations d’Isabelle Damphousse


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