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Le marché des appartements en copropriété à Calgary est en pleine tourmente, marquant une rupture avec le reste du secteur immobilier qui, lui, connaît un ralentissement en douceur.
Ann-Marie Lurie, économiste en chef du Calgary Real Estate Board (CREB) l'observe : Nous avons presque comme deux extrêmes différents de ce qui se passe sur le marché.
Selon le rapport annuel du CREB (nouvelle fenêtre) (en anglais), les ventes résidentielles à Calgary ont totalisé 22 752 transactions en 2025, un recul de 15,7 % par rapport à l’année précédente.
Le marché des appartements en copropriété en difficulté
Les appartements en copropriété subissent une pression énorme favorisant grandement les acheteurs, avec des ventes en chute libre de 28,3 % par rapport à 2024. Selon l'agent immobilier chez Redline Hill State Real Broker à Calgary, Kevin Corbett, ils ont construit trop d’appartements et de condos, et cela va prendre du temps à absorber.
Cette suroffre, qui a bondi de 51 % pour atteindre cinq mois d'inventaire, engendre des conséquences directes. Il y a beaucoup d’appartements sur le marché, ce qui crée une guerre de prix à la baisse, précise-t-il.
Le prix de référence annuel des appartements a ainsi chuté de 2,7 % en 2025, s'établissant à 329 683 $ au centre-ville, et une nouvelle baisse de 3,5 % est prévue en 2026, selon le CREB.
De plus, M. Corbett souligne l'impact psychologique et financier des frais d'entretien. Si les frais de condo sont vraiment élevés, le prix de la propriété baisse en conséquence.
Ce n’est pas une mauvaise chose d’acheter un condo pour y vivre pendant cinq à dix ans, mais, si vous voulez le revendre à court terme, c’est plus difficile.
Les maisons individuelles résistent mieux
Contrairement au marché des appartements en copropriété qui favorise les acheteurs, celui des maisons unifamiliales affiche une stabilité relative qui repose sur des fondations solides continuant, par endroits, de favoriser les vendeurs.
Avec un ratio ventes nouvelles inscriptions de 57,7 % et un stock de 2,7 mois, les conditions sont équilibrées, affirme Ann-Marie Lurie, économiste en chef du CREB. Les ventes des propriétés détachées n’ont reculé que de 8,7 % sur un an, tandis que l’inventaire est inférieur de 3 % aux moyennes historiques.
Les prix des maisons unifamiliales ont augmenté par rapport au début de l’année, même s’ils sont en baisse sur un an, souligne l'économiste en chef. Le prix de référence annuel a légèrement progressé de 0,8 % en 2025 pour atteindre 752 767 $, et le CREB prévoit une stabilité en 2026.
Kevin Corbett observe en outre que le segment sous les 650 000 $ est particulièrement actif. Une tension confirmée par l'économiste Ann-Marie Lurie, qui note que le secteur West End connaît même moins de deux mois d’inventaire, en raison du coût élevé des constructions neuves concurrentes.
Des facteurs sous-jacents
Plusieurs éléments expliquent cette situation. D'une part, la migration internationale nette vers l'Alberta s'est effondrée de 82 % au cours des trois premiers trimestres de 2025, réduisant drastiquement la demande.
D'autre part, la ville a connu des niveaux records de construction. Plus de 26 400 mises en chantier ont été enregistrées jusqu'en novembre 2025, dont une majorité d'appartements, avec 62 % de ces unités destinées spécifiquement au marché locatif.
Malgré ces difficultés, les experts relativisent la situation.
Ce n’est pas un effondrement, c’est une normalisation, souligne Mme Lurie.
Avec les informations de Tiphanie Roquette


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