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La Commission de la gouvernance locale du Nouveau-Brunswick réprimande le maire de Caraquet, Bernard Thériault, pour son comportement jugé inapproprié et intimidant à l’endroit du coordonnateur des célébrations de la fête du Canada, le 1er juillet 2024 à Caraquet.
Dans son rapport déposé le 17 mars, la Commission soutient que le maire n’a pas respecté quatre paragraphes du code de déontologie des membres élus du conseil de la municipalité de Caraquet.

Le rapport de la Commission de la gouvernance locale du Nouveau-Brunswick concernant Matt Williston contre le maire de Caraquet, Bernard Thériault.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Les reproches concernent des interactions, un comportement et un langage irrespectueux, ainsi que l’utilisation de son influence comme maire contre l’organisateur de l’événement, Matt Williston.
En raison de ces violations au code de déontologie, la Commission recommande au maire de suivre une formation sur les comportements respectueux, selon la Loi sur la Commission de la gouvernance locale. Il s'agit d'une recommandation seulement; le maire n'est pas tenu de suivre cette formation.
Une discussion animée
Selon les faits rapportés à la Commission, le maire Thériault a eu une discussion animée et a posé des gestes jugés menaçants à l'endroit de Matt Williston, un employé du Centre culturel de Caraquet et l'organisateur des cérémonies.
Le maire souhaitait que l’horaire des célébrations soit modifié de quelques minutes afin de permettre aux représentants de la filiale 56 de la Légion royale canadienne, qui étaient sur place, de faire la levée du drapeau.
Le plaignant a allégué que le maire s’était adressé à lui sur un ton intimidant et autoritaire. Il ajoute que Bernard Thériault s'est servi de son statut de maire de Caraquet pour menacer de lui faire perdre son emploi s’il ne respectait pas ses demandes.

La page web de la Commission de la gouvernance locale du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Dans son témoignage à la Commission, Matt Williston affirme être resté professionnel devant l’attitude du maire qui lui aurait dit : Tu sais ce que je peux faire? […] Veux-tu perdre ton travail?
L’histoire ne s’arrête pas là. Lors d’une réunion tenue la semaine suivant les événements, réunion à laquelle a assisté le plaignant, le maire a reconnu que retarder l’événement était inapproprié et qu’il avait manqué de courtoisie à l’endroit du coordonnateur.
En présentant ses excuses, Bernard Thériault a cependant nié avoir tenu des propos menaçant l'emploi du plaignant.
Le 8 août 2024, Matt Williston dépose à la Ville de Caraquet une plainte pour non-respect du code de déontologie de la municipalité. Le 16 juin 2025, il fait de même à la Commission de la gouvernance locale du Nouveau-Brunswick, qui a ensuite fait enquête.
Après plusieurs échanges avec la Ville et après avoir obtenu la version de cinq témoins de l’incident, dont l’ancien maire Kevin Haché et la députée locale, Isabelle Thériault, la Commission a décidé de sévir contre le maire Thériault.
Le maire s'explique
En entrevue à Radio-Canada Acadie, le maire a reconnu avoir eu ce comportement lors des célébrations de la fête du Canada, le 1er juillet 2024.
La commission me reproche d'être intervenu et d'avoir abusé de mon autorité quand j'ai voulu protéger six légionnaires dont la moyenne d'âge est 80 ans qui étaient en train de cuire au soleil, parce qu'il y avait un spectacle qui commençait et qu’ils n'étaient pas au programme. Ils s'attendaient à faire une levée de drapeau. Et devant un argument avec l'organisateur là, j'ai tout simplement — et je reconnais — abusé de mon pouvoir, monté sur la scène, arrêté le spectacle, fait une levée de drapeau, explique-t-il.
S’il reconnaît ses torts dans ce dossier, il affirme par contre n’avoir jamais menacé l’employé en question de lui faire perdre son emploi s’il ne répondait pas à ses exigences.
Jamais. Je n'ai jamais fait ça. Pour le reste, je plaide coupable sur toute la ligne. J'ai usurpé son droit d'organisation et j'ai abusé de mon pouvoir de maire. Mais j'ai abusé au nom de certains vétérans qui, eux, s'attendaient que le maire prenne soin d'eux. Pour ce qui est des propos qu'on m'attribue, ça, je le dis depuis le premier jour : je n'ai jamais utilisé de propos menaçants à son égard. Par contre, j'ai pété un fusible, puis quand il ne voulait pas m'écouter, je suis monté sur la scène. Je ne nie pas ça, poursuit le maire de Caraquet.
Il est d’accord avec le reproche et avoue s’être excusé auprès du coordonnateur en sachant qu’il avait abusé de ses fonctions. Cependant, il ne regrette pas d'avoir protégé les anciens combattants.
Si la même situation se présente l'année prochaine, je ferai la même chose. Entre des légionnaires puis un organisateur culturel bien payé par le centre culturel, je choisirais mes légionnaires, a avoué Bernard Thériault.
Quant à la sanction proposée de suivre une formation sur les comportements respectueux, le maire mentionne qu’il est bien prêt à la suivre si ça peut faire de lui un meilleur maire.
Un processus difficile à naviguer
Dans un bref échange par courriel avec Radio-Canada Acadie, Matt Williston soutient que l’interaction avec le maire a créé ce que j’ai vécu comme un environnement de travail hostile et inapproprié.
Il ajoute que, malgré la plainte, il n’a pas obtenu de réponses claires ni de résolution satisfaisante.
Après plusieurs mois et un processus interne que j’ai trouvé difficile à naviguer, je me suis senti ignoré par le système et contraint de m’exprimer publiquement afin d’obtenir transparence et imputabilité, déclare-t-il.
Sous contrat avec le Centre culturel de Caraquet, un organisme largement financé par la Ville, Matt Williston soulève des questions quant à la clarté des processus de traitement des plaintes lorsque plusieurs structures sont impliquées.
Cette situation a eu des impacts importants sur moi, tant sur le plan professionnel que personnel, incluant une perte d’opportunités et des atteintes à ma réputation. Elle soulève aussi des enjeux plus larges liés à la gouvernance municipale, à la gestion des plaintes et au respect des principes de responsabilité et de réconciliation, a-t-il commenté.


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