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Avec son Trauma Center de niveau 2 à Meaux, le Grand hôpital de l’Est francilien rapproche la prise en charge des blessés graves. Une évolution qui profite aussi aux Columériens.
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Par Vanessa Aspe Publié le 13 juin 2026 à 13h20
Le territoire soigne ses hôpitaux ! Pour les habitants de Coulommiers et du nord de la Seine-et-Marne victimes d’un grave accident de la route ou d’un traumatisme majeur, le parcours de soins évolue.
En effet, le Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF) a pris en charge avec succès son premier patient dans le cadre de son nouveau Trauma Center de niveau 2 installé sur le site de Meaux, une labellisation qui permet désormais des soins hautement spécialisés pour les patients du territoire. Jusqu’à présent, les blessés les plus graves étaient presque systématiquement dirigés vers les grands centres franciliens, principalement à Paris ou en proche couronne.
Désormais, une partie de ces patients pourra être traitée à Meaux, sans quitter le territoire. « Jusqu’à aujourd’hui, il y avait six Trauma Centers en Île-de-France, essentiellement au niveau de l’AP-HP », rappelle Omar Belkhodja, président de la Commission Médicale d’Etablissement du GHEF. En 2025, neuf nouveaux établissements, dont le GHEF, ont été identifiés pour prendre en charge certaines catégories de patients traumatisés ne nécessitant pas des surspécialités comme la neurochirurgie ou la chirurgie thoracique.
Pourquoi Meaux plutôt que Coulommiers ?
Mais alors, pourquoi implanter le Trauma Center à Meaux plutôt que sur un autre site du groupe hospitalier, comme à Coulommiers, par exemple ? Le choix du site de Meaux n’est pas le fruit du hasard.
Selon les responsables du GHEF, cette décision répond à des critères médicaux précis. « Il y a eu une réflexion médicale, administrative et sur le parcours du patient. À Coulommiers, on a une unité de soins continus mais pas un service de réanimation », explique Jérôme Goeminne, le directeur du GHEF. Or cette capacité était indispensable pour obtenir la labellisation.
La présence permanente d’une garde d’orthopédie sur le site de Meaux a également pesé dans la décision.
Pour autant, cela ne signifie pas que Coulommiers est écarté de la stratégie médicale du GHEF. Jérôme Goeminne insiste au contraire sur une logique de complémentarité entre les trois hôpitaux du groupement. Pas de jaloux, les trois sites sont chacun lotis de différents services de pointe. « Nous nous insérons dans une stratégie globale. Tous nos sites sont en capacité de prendre en charge les patients, mais il y a des surspécialités sur chaque site ». Le directeur cite notamment l’ophtalmologie et la gériatrie à Coulommiers, tandis que Meaux accueille notamment le Trauma Center et certaines activités neurovasculaires. « C’est une bonne nouvelle qu’on travaille en synergie entre les trois sites hospitaliers du GHEF ».
Des trajets raccourcis
Concrètement, pour les habitants du secteur de Coulommiers, le principal changement est géographique. En effet, en cas de polytraumatisme grave, les équipes du SMUR n’auront plus nécessairement à transporter les victimes vers des établissements comme Henri-Mondor, le Kremlin-Bicêtre ou la Pitié-Salpêtrière.
« Actuellement, quand ces patients sont pris en charge, ils restent chez nous, sont pris en charge par les équipes, puis, par la suite, soit ils sont redirigés vers le site à proximité de leur lieu de résidence s’il y a besoin de les garder longtemps, c’est-à-dire à Meaux, donc, soit ils rentrent chez eux », explique Omar Belkhodja.
Le bénéfice est double. D’abord sur le plan médical, puisque chaque minute gagnée compte dans ce type de prise en charge. Ensuite pour les proches, qui évitent de longs déplacements quotidiens lorsque l’hospitalisation dure plusieurs jours ou plusieurs semaines.
Une organisation collective
Le fonctionnement d’un Trauma Center repose sur une coordination extrêmement rapide entre plusieurs spécialités médicales. « Le patient polytraumatisé va arriver avec une fracture, un problème digestif… Il y a une intervention de plusieurs spécialistes dans un parcours très resserré dans le temps », détaille Jérôme Goeminne. Les chirurgiens, anesthésistes, réanimateurs, soignants et équipes d’imagerie doivent déterminer ensemble les priorités opératoires et intervenir dans un enchaînement parfaitement coordonné.
Selon les estimations avancées par le GHEF, environ 70 à 75 patients par an pourraient être concernés sur le territoire de l’établissement, sur un total d’environ 150 à l’échelle départementale. Ces chiffres restent toutefois prévisionnels.
Des investissements aussi à Coulommiers
Si le Trauma Center est installé à Meaux, le site de Coulommiers continue lui aussi d’évoluer. Jérôme Goeminne annonce l’achèvement prochain de la rénovation du hall d’accueil, présenté comme la première étape d’un chantier plus vaste. « En septembre, on va avoir fini le hall d’accueil. C’est l’image et quelque part la promesse qu’on fait à nos usagers lorsqu’ils rentrent à l’hôpital », explique-t-il.
Cette modernisation doit être suivie par la rénovation des étages, des couloirs puis des façades, ainsi que par un projet dédié à la psychiatrie comprenant notamment un jardin thérapeutique.
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