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Il y a une expression qui dit « on va se rendre à Noël en même temps que tout le monde ».
Le Canadien aussi s’y est rendu, et probablement de plus élégante façon que ce à quoi on aurait pu s'attendre à l'origine. Il a conclu mardi soir à Boston un blitz de 11 matchs en seulement 18 jours avec une victoire de 6-2 face aux Bruins. Malgré cette éreintante portion de calendrier, le Canadien atteint le congé de Noël avec des points dans sept de ses huit derniers matchs et 12 points sur une possibilité de 16.
Compte tenu du défi physique que cette séquence représentait, et aussi des pertes que l’équipe continue d’essuyer – à Boston, c’est Alexandre Texier qui a dû quitter le match en début de deuxième période – les troupes de Martin St-Louis ont fait preuve d’une belle résilience.
L’entraîneur-chef avait incité ses joueurs à apporter une attitude de séries éliminatoires pour cet affrontement, et ils l'ont fait. Les Bruins, remarquez, avaient eu la même idée. Ceux-ci cherchaient à venger trois défaites consécutives à domicile et à se remettre d’une contre-performance face aux Sénateurs d’Ottawa.
Deux combats tôt dans la rencontre ont prouvé que la tension était palpable entre les deux équipes. Elle ne s’est jamais estompée par la suite et une bonne partie de ce match a été un ping-pong de supériorités numériques.
Après 25 minutes de jeu, le Canadien en avait déjà donné quatre aux Bruins. Mais ce sont finalement les locaux qui ont payé pour leur indiscipline. Après avoir complètement neutralisé le jeu de puissance du CH dans les deux premières périodes, les Bruins ont perdu leur sang-froid en troisième, non seulement en raison des punitions qu’ils ont écopées, mais aussi de quelques erreurs individuelles.
On parle souvent de l’immaturité du Canadien, mais dans un match où les émotions étaient à fleur de peau, c’est quand même lui qui est parvenu le mieux à garder sa contenance dans un environnement hostile. C’était d’ailleurs une première victoire pour le Canadien à ses dix dernières visites au TD Garden.
Deux doubles pour se rassasier
Avant le match de mardi, le Canadien avait profité de doubles supériorités numériques dans quatre rencontres cette saison, et avait été incapable de marquer un seul but, ne récoltant que trois petits lancers en 5 :49 passées à 5 contre 3.
Or, face aux Bruins, c’est vraiment cette facette du jeu qui lui a permis de s’assurer la victoire.
Notre avantage numérique a débloqué en troisième, c’est sûr, ça nous a donné une chance de nous séparer et de gérer notre match, a relevé St-Louis aux journalistes présents sur place. Notre cadeau de Noël est arrivé plus de bonne heure que prévu parce que c’est rare que tu marques quatre buts en troisième période.
Cette troisième période apportera un baume au trio de Nick Suzuki, dont la frustration crevait l’écran au cours des 40 premières minutes. Les choses vont moins par les temps qui courent pour la première unité, mais ces deux doubles supériorités ont permis tour à tour à Cole Caufield puis à Suzuki de trouver le fond du filet.
C’est également leur compagnon de trio Zachary Bolduc qui a lancé cette fructueuse troisième période en inscrivant le but vainqueur avec son 10e filet de la saison quand il a sauté sur un retour concédé par Jeremy Swayman.
Les Bruins ont contesté ce but, arguant que Suzuki avait nui au gardien de Bruins, mais les arbitres ont vite statué que Swayman était sorti de son demi-cercle et que Suzuki n’avait nulle part où aller pour éviter le contact.
C’est peut-être un autre but que l’entraîneur-chef Marco Sturm aurait dû faire réviser, car Elias Lindholm aurait pu redonner les devants aux Bruins avec 4,7 secondes à faire en deuxième période.
Les arbitres ont jugé que David Pastrnak avait commis de l’obstruction face à Jacob Fowler, mais d’aucuns croient que c’est Juraj Slafkovsky qui était fautif.
Or, Sturm, préoccupé par le fait que le bâton de Pastrnak s’était retrouvé entre les jambières de Fowler tout juste avant le but, a déterminé qu’il valait mieux ne pas utiliser sa contestation sur ce jeu.
Fowler a l'assurance d'un vétéran
Fowler collectionne les moments significatifs depuis son arrivée avec le Canadien. C’est face aux Penguins de Pittsburgh et à son idole Sidney Crosby qu’il a remporté sa première victoire dans la LNH, le 11 décembre, puis il a récolté samedi soir son premier blanchissage en carrière, face à ces mêmes Penguins.
Mardi, l’ancien gardien de Boston College était de retour au TD Garden où il a déjà gardé les buts dans le cadre du tournoi universitaire Beanpot, et il a été très bon devant la cage du Canadien.
Il a réussi son meilleur arrêt de la rencontre à mi-chemin en première lorsqu’il a frustré Pastrnak sur une descente à 2 contre 1. Ce fut l’un des 16 lancers auxquels il a fait face dans ce premier vingt.
Puis en deuxième, pendant une punition à Ivan Demidov, Fowler s’est de nouveau imposé devant Pastrnak, qui venait d’être bien alimenté par Viktor Arvidsson.
Ce n’est pas banal que le gardien recrue de 21 ans ait contribué à faire baisser la température et à garder les siens dans le match à des moments où le jeu d’ensemble du Canadien était plus vulnérable.
On ne s’est pas fait trop mal, on a gardé le match assez proche , a résumé St-Louis.
Hutson en feu
Phillip Danault effectuait son retour dans l’uniforme du Canadien et il n’a pas mis de temps à justifier son acquisition en passant 4 :25 sur la patinoire en infériorité numérique.
Si cela a été un peu plus tranquille pour son trio à forces égales, on ne peut en dire autant de l’unité formée de messieurs Slafkovsky, Kapanen et Demidov, qui a été la plus constante du côté de Montréal.
Mais au risque d’entonner un refrain connu, la dynamo offensive de ce match a encore une fois été Lane Hutson.
Ce dernier avait déjà une mention d’aide lorsque sa brillante passe a mené au but de Bolduc, celui qui a lancé une mitraille de quatre buts en 5 :18. Hutson, qui a plus tard ajouté une autre mention d’aide, est tout feu tout flammes depuis qu’il a été replacé du côté gauche. On s’était habitué de le voir très bien se tirer d’affaire dans la dernière année en jouant sur son côté opposé, mais sa production ne ment pas depuis que le droitier Alexandre Carrier évolue à ses côtés.
Hutson en était à un cinquième match de deux points à ses huit dernières sorties. Il joue présentement son meilleur hockey de la saison.
Le Canadien rentre donc sur ses terres pour la Noël en n’ayant pu faire main basse sur le premier rang de la Division atlantique – c’est que les Red Wings de Detroit ne veulent plus perdre – mais aucune équipe dans l’Association Est n’a inscrit autant de buts que lui.
Cette jeune équipe peine encore à défendre par moments, mais manifestement elle sait profiter de ses chances pour marquer des buts.


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