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Le Canadien rate sa chance, Bolduc saisit la sienne

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Très rapidement dans ce deuxième match en sept jours entre le Canadien et les Sabres, il est apparu évident que les Montréalais jouaient avec le feu.

Ce n’est pas un constat si difficile à tirer, direz-vous, lorsque l’équipe accorde son premier but après 44 secondes de jeu pendant une descente à deux contre un de Buffalo, d’accord, mais tout ce qui a suivi n’était guère rassurant.

Une attaque à trois contre un des Sabres coupée in extremis du bout du bâton par un plongeon d’Alexandre Carrier, une chance de marquer dans l’enclave d’Alex Tuch repoussée par la mitaine vive de Samuel Montembeault et, surtout, une première supériorité numérique échevelée qui s’est conclue avec un but du rugueux Beck Malenstyn, homme de quatrième trio s’il en est, débordant Noah Dobson avec une aisance un peu insolente. Tous ces surnombres dans la seule première période et c’était 2-0 pour la visite.

La seule chose que j’ai haïe de notre match, c’est notre échec avant en première. Et ça nous a fait mal, a laissé tomber Martin St-Louis après la rencontre finalement perdue 4-2.

On mettait de la pression dans l’espace plutôt que sur les joueurs. Là, ils font une longue passe, tu perds deux joueurs. On en a parlé entre la première et la deuxième et tu as vu la différence. Ce n’était même pas un ajustement, c’est notre façon de jouer. On ne leur a pas donné grand-chose, on était fatigants, mais on s’était creusé un trop gros trou, a expliqué l’entraîneur.

Il a fallu attendre que les Sabres enfilent un troisième but, en fait, avant de voir la différence . À partir de ce moment, le Canadien a dominé son adversaire, tout le monde s’accordait là-dessus dans le vestiaire. Après le but de Benson, le CH a obtenu le triple des tirs des Sabres jusqu’à la fin de la rencontre (24-8) et le double des chances de marquer (7-3) selon Natural Stat Trick.

On les a dominés, mais c’est difficile de revenir de 3-0, a estimé un Cole Caufield encore plus laconique qu’à son habitude après une défaite.

C’est dommage qu’il ait fallu attendre que ce soit 3-0 pour commencer à faire ça. C’est en bonne partie la raison de notre défaite.

C’est dommage parce que la course aux séries éliminatoires, déjà si congestionnée, ne permet pas de souffler ne serait-ce qu’un tant soit peu. Les Sabres ont repris quatre points sur le CH en une semaine et les voilà à une victoire de le doubler au classement. Les Bruins, prochains adversaires des jadis Glorieux, ont également gagné jeudi soir et ferment la marche parmi les équipes qualifiées.

En matinée, Kaiden Guhle racontait avoir l’impression d’entretenir une rivalité avec toutes les équipes de sa division, celle de l’Atlantique, tellement la lutte est sans merci. Or, il y a de quoi être admiratif devant la fiche du Canadien face aux équipes de l’Ouest (16-6-0) cette année, un peu moins devant celle contre ses rivaux directs (9-7-1).

Dommage également parce que, pendant près de 40 minutes, les hommes de Martin St-Louis ont montré, comme ils l’ont fait plusieurs fois cette saison, leur toute-puissance offensive lorsqu’ils sont appliqués. Mais personne dans cette ligue, à l’exception peut-être de l’Avalanche du Colorado, ne peut se permettre d’errer, de vagabonder pendant une période et des poussières et espérer s’en sortir indemne.

Oh, ça arrive. Pas plus tard que samedi dernier, tiens, quand les Montréalais ont volé la victoire aux Sénateurs d’Ottawa, match qu’ils ne méritaient pas, l’entraîneur fut le premier à l’avouer. Ce ne sera toutefois pas la norme. Il reste six matchs au CH avant la pause olympique, dont un contre les Bruins et un autre contre les Sabres, encore eux. Voilà lesquels encadrer sur le calendrier, n’en déplaise au Wild et aux Jets.

Bolduc en progression

Au milieu du deuxième engagement, après une pause publicitaire, St-Louis a décidé d’envoyer Zachary Bolduc à la place de Kirby Dach pour une mise au jeu offensive en compagnie de Suzuki et Caufield. Une manœuvre plutôt rare; St-Louis ne jongle pas souvent avec ses trios au cours d’un match.

Son équipe reprenait alors du rythme, venait de marquer un premier but, et Bolduc jouait avec acharnement. Cet échec avant que l’entraîneur a haï , rappelons-le, il appert que le Québécois de 22 ans, lorsqu’il est à son mieux, s’y emploie efficacement. D’où ce petit bonbon.

Je me sentais bien ce soir et je pense que Martin l’a senti. C’est le fun quand ton entraîneur remarque ça, a admis Bolduc.

Je le sentais, a corroboré ledit Martin. Je voulais lui en donner un peu plus.

Ce qu’il a fait et il a eu la main heureuse.

Quelques secondes après la mise au jeu, Bolduc a intercepté un dégagement à la volée, s’est offert une chance de marquer et le capitaine a sauté sur le retour pour rétrécir l’écart. Il est passé bien près de créer l’égalité en s’échappant à sa sortie du banc des punitions quelques minutes plus tard, tout en dérangeant les défenseurs des Sabres toute la soirée, même si cela lui a valu trois punitions mineures, certaines discutables.

L’expérience s’est poursuivie en troisième. Bolduc a eu droit à une présence de 3 min 37 s en fin de match avec les canons offensifs quand l’équipe tentait de créer l’égalité, présence certes entrecoupée par une pause publicitaire.

Le Trifluvien vit des temps un peu plus difficiles avec sa nouvelle équipe. Il n’a pas marqué depuis le 23 décembre et a récolté seulement 2 passes au cours de ces 14 matchs, en plus de maintenir un différentiel de -7. Les chiffres ne lui font pas bonne presse, tout cela au moment où les blessés reviennent au jeu les uns après les autres.

Il serait tout naturel de ressentir un peu de pression et de laisser place à un sentiment d’urgence, un besoin de prouver sa pertinence.

Je ne tiens rien pour acquis. Je veux approcher chacun des matchs comme une dernière chance et c’est comme ça que je vais avoir du succès.

St-Louis n’y a vu aucune corrélation.

Il a commencé à bien jouer bien avant ça, a-t-il assuré.

La bonne nouvelle : son entraîneur n’a pas semblé trop s’attarder à ses statistiques dernièrement.

St-Louis a déploré la société de résultats dans laquelle nous vivons tous.

Il joue mieux depuis deux semaines que lors du début de saison quand il marquait. C’est facile de mesurer ça. Mais quand tu comprends comment le jeu doit être joué, tu vois que c’est un meilleur joueur maintenant. Je suis content qu’il soit récompensé. Je suis content de voir de la croissance, a-t-il fait valoir.

Cette intensité et cette efficacité en échec avant seront, pour l’instant, son pain et son beurre. Parce que l’on ne sait trop si la société en est une de résultats uniquement, mais la LNH, oui.

Bolduc est condamné à se démarquer autant que le Canadien est condamné à gagner.

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