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Un rapport de la branche britanno-colombienne de l’organisme YWCA évalue que la violence basée sur le genre coûte 1,12 milliard de dollars chaque année à la province. L’analyse a calculé les dépenses publiques et les coûts économiques liés aux féminicides, aux agressions physiques et sexuelles et au harcèlement.
Nous avons voulu mettre en lumière les coûts que représente pour les pouvoirs publics et les entreprises l'inaction devant la violence basée sur le genre, affirme l’économiste et experte en politiques publiques Robin Shaban, qui a mené l’étude.
Nous parlons de l'impact global de la violence basée sur le genre, qui se traduit notamment par des enquêtes policières, des procédures judiciaires, une perte de revenus, des absences au travail et le coût des vies perdues, explique la PDG de YWCA BC Erin Seeley.
Des pertes humaines et économiques
En Colombie-Britannique, entre 2014 et 2024, 152 personnes sont mortes en raison de la violence conjugale, soit une moyenne de 14 décès par an, selon le Bureau des coroners. Les femmes représentent environ 76 % de ces victimes.
Mais l’étude s’intéresse aussi aux coûts engendrés par la violence physique et sexuelle et le harcèlement, notamment au travail.
Le rapport révèle que 90 % du coût de la violence basée sur le genre est lié aux agressions physiques et sexuelles.
Le coût pourrait être sous-estimé
Ce chiffre sous-estime considérablement ce que nous estimons être le coût total, ajoute Erin Seeley. Elle explique que les cas de violence basée sur le genre sont largement sous-déclarés et que les calculs ont été réalisés à partir des données les plus récentes de Statistique Canada, datant de 2018.
Les données colligées ne considèrent pas non plus les dépenses privées comme les soins de santé qui ne relèvent pas du système public ou les dépenses pour des funérailles, par exemple.

Les victimes de violence basée sur le genre sont commémorées annuellement. Ici, des femmes tiennent des pancartes devant le palais législatif à Victoria, en novembre 2024. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michael Mcarthur
Pas une surprise
La secrétaire parlementaire à l’égalité des genres est-elle surprise par le coût de 1,12 milliard de dollars pour la province? Non, je ne le suis pas, répond Jennifer Blatherwick.
Les gens y voient un coût pour les forces de l'ordre, pour le système de santé, mais cela concerne aussi la capacité des victimes à travailler, à exercer le métier et la carrière de leur choix, et à s'y consacrer pleinement, explique-t-elle, en reconnaissant l'importance de la situation.
Annuellement, la Colombie-Britannique consacre 60 millions de dollars de son budget pour financer plus de 475 programmes d'aide aux victimes et de lutte contre la violence faite aux femmes. En 2025, le fédéral a versé 18 millions de dollars de plus.
La violence comme risque opérationnel
Ce constat confirme que la violence basée sur le genre n'est pas un enjeu social marginal, mais un risque opérationnel majeur qui fragilise la stabilité économique et sociale de la province, affirme de son côté Ange-Leilla Kaza, la présidente de l’organisme Inform’Elles qui vient en aide aux femmes victimes de violence en Colombie-Britannique.
Elle précise que les financements reposent souvent sur des cycles de projets à court terme, ce qui est incompatible avec la nature complexe de notre mission, de nos organismes, ajoute-t-elle. Nous devons impérativement déplacer le curseur de la gestion de crise vers une prévention proactive et investir dans les organismes comme le nôtre qui travaillent dans ce milieu.
Ce n’est pas vraiment une dépense, c'est un investissement stratégique qui vise à éradiquer les causes structurelles de la violence et la sécurité des femmes en Colombie-Britannique.
La secrétaire parlementaire à l’égalité des genres, Jennifer Blatherwick, affirme de son côté que la province va continuer à soutenir les programmes mis en place, et compte sur des changements à la législation fédérale sur les remises en liberté pour améliorer la situation.
De son côté, YWCA BC recommande de nommer une commissaire chargée de la violence basée sur le genre et de donner la priorité à l'éducation, à la prévention ainsi qu'à la stabilité du logement.
Avec des informations de Tanushi Bhatnagar


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