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« Les Français en ont marre des affaires », lançait il y a plus de 20 ans celle qui a été condamnée en appel mardi dans l'affaire des assistants parlementaires européens pour détournement de fonds publics.
Célia Merckens - Aujourd'hui à 18:00 - Temps de lecture :
« Écoutez, il y a 142 élus en Île-de-France qui sont mis en examen. Tout le monde a piqué de l'argent dans la caisse sauf le Front national, et on trouve ça normal ? », se révoltait Marine Le Pen dans l'émission "Mots croisés", en février 2004 sur France 2, devant Jean-François Copé et Malek Boutih. Un mois plus tôt, le 30 janvier, Alain Juppé avait été reconnu coupable dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, condamné à 18 mois de prison et à une peine d'inéligibilité de 10 ans.
Dans ce débat organisé sur France 2, Marine Le Pen, alors vice-présidente du Front national - l'ancètre du Rassemblement national -, se livre à une diatribe de plus d’une minute pour dénoncer le fléau du détournement de fonds publics en France : « Les Français en ont marre. Mais les Français n'ont pas marre d'entendre parler des affaires, ils en ont marre des affaires. Ils en ont marre de voir des élus, je suis navrée de vous le dire, qui détournent de l'argent. C'est scandaleux », proteste-t-elle en faisant référence, en plus de l'affaire d’Alain Juppé, à celle des marchés publics d’Île-de-France.
« Quand allons-nous mettre en place l’inéligibilité à vie ? »
Elle poursuit en appelant à voter pour son parti : « Les Français ont le droit de savoir. Et moi, je trouverais ça normal qu'ils en tirent des conséquences. Et je vais vous dire, Mme Chabot... Quand je vois M. Juppé acclamé parce qu'il est condamné, acclamé par 350 députés, eh bien, je comprends pourquoi les gens s'abstiennent et je leur dis : "Arrêtez de vous abstenir. Sinon, vous reverrez ce genre de scène." »
Vingt ans plus tard, l'extrait prend une tournure ironique après la condamnation en appel de la cheffe de file du Rassemblement national. Reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens, avec un préjudice estimé à 2,8 millions d'euros, elle a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis et un an ferme aménageable sous bracelet électronique.
L'ex-candidate à la présidentielle avait elle-même, à plusieurs reprises, plaidé pour un durcissement des sanctions visant les élus condamnés. « Quand allons-nous mettre en place l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis à l’occasion de leur mandat ? », demandait-elle par exemple sur le plateau de Public Sénat en 2013, réclamant alors une peine qui l'aurait empêchée, aujourd'hui, de se porter candidate pour la quatrième fois.


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