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Politique 10/06/2026 13:34 Actualisé le 10/06/2026 17:51
Après un rejet en commission des Lois à l’Assemblée, le ministre de la Justice a annoncé retirer de son texte le dispositif de « plaider-coupable » très décrié.
Par Anthony Berthelier avec AFP

JULIEN DE ROSA / AFP
La semaine noire de Darmanin (ici le 17 octobre à l’Assemblée) continue avec un camouflet sur son texte phare
Ça ne passe pas. Les députés ont rejeté ce mercredi 10 juin en commission le projet de loi sur la justice criminelle porté par Gérald Darmanin, un camouflet pour le garde des Sceaux, déjà dans la tourmente depuis l’affaire Lyhanna et l’onde de choc qu’elle provoque.
Le projet de loi a été rejeté par 18 voix contre 16 en commission des Lois à l’Assemblée, l’ensemble de la gauche ayant voté contre et le RN s’étant abstenu, selon des sources parlementaires. Un journaliste de LCI affirme également que plusieurs députés Renaissance ou d’Horizons ont fait défection. Face à ce refus d’obstacle, Gérald Darmanin a annoncé en fin de journée retirer le dispositif de « plaider-coupable », au centre des critiques.
Il faut dire que le rejet de ce mercredi présageait d’une majorité difficile à trouver pour le gouvernement sur ce texte sensible et décrié par une partie du monde judiciaire. « L’ensemble du projet de loi revient » à « mettre à terre toute une partie des droits de la défense », a par exemple fustigé l’ancien président macroniste de la commission des Lois Sacha Houlié (désormais apparenté groupe socialiste) au cours de la matinée.
L’examen en commission avait pourtant bien commencé pour l’exécutif. Lundi, les députés avaient approuvé un premier compromis proposé par Gérald Darmanin sur la mesure phare du « plaider-coupable ». La procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR) proposée prévoyait qu’en échange d’une reconnaissance des faits par l’accusé, il lui soit proposée une peine inférieure d’un tiers, l’audience étant réduite à une demi-journée. L’objectif est d’accélérer le traitement des dossiers et de lutter contre l’engorgement des tribunaux.
Darmanin loue un texte « très important »
Face à l’opposition des avocats et de plusieurs associations de victimes, le gouvernement s’était toutefois engagé à exclure du périmètre les viols et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. Mais la gauche, tout comme le Rassemblement national, sont restés opposés à la mesure. De quoi entraîner sa disparition.
« Dans un esprit de responsabilité et afin de répondre à l’urgence d’amélioration de notre justice criminelle, il me parait nécessaire de proposer à la représentation nationale le retrait de cette disposition, faute de consensus », a finalement écrit le ministre de la Justice en fin de journée, sur les réseaux sociaux, en défendant une « future loi est très importante : elle crée une soixantaine de cours criminelles supplémentaires et réduira donc fortement les délais pour obtenir une audience, un procès, une décision. »
Lors de l’examen en commission, mardi, plusieurs autres mesures clés du texte avaient été adoptées. L’une d’elles portant sur la modification de la composition des cours criminelles départementales, et l’extension de leur compétence. Une autre concernait un volet portant sur la généalogie génétique, destinée à aider à résoudre certaines affaires. Un autre article adopté mercredi matin prévoit le raccourcissement des délais imposés aux avocats pour leurs requêtes en nullité.
Soumis à une forte pression politique et médiatique après la mort tragique de Lyhanna, une fillette de 11 ans dont le meurtrier présumé avait fait l’objet de plusieurs plaintes, Gérald Darmanin a donc fait le choix de battre en retraite pour ne pas embourber son texte. D’autant qu’une autre embûche est arrivée du Sénat, ce mercredi également, avec l’annonce de la création d’une commission d’enquête sur les dysfonctionnements de la politique pénale.


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