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Les militants socialistes ont choisi d’organiser un scrutin interne pour désigner leur candidat, loin de la primaire plus large voulue par Olivier Faure et Marine Tondelier.

SEBASTIEN BOZON / AFP
Marine Tondelier et Olivier Faure en août 2025.
Dure semaine pour Olivier Faure. Mis en minorité sur la motion de censure, qu’il a décidé de voter avec dix-neuf de ses collègues malgré l’avis majoritairement exprimé par son groupe à l’Assemblée, le patron du PS a perdu une autre bataille, autrement plus décisive.
Les militants socialistes étaient invités jeudi 9 juillet à trancher entre deux options pour désigner leur candidat à la présidentielle. D’un côté, une désignation large, ouverte à l’ensemble des sympathisants de gauche — cette option étant celle proposée par Olivier Faure. De l’autre, un simple vote interne, réservé aux adhérents à jour de cotisation et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », comme Place publique de Raphaël Glucksmann. C’est cette seconde proposition qui l’a emporté, avec 55,5 % des voix.
Un camouflet pour Olivier Faure donc, qui essuie un premier revers depuis son arrivée à la tête du PS en 2018, mais surtout un énième clou planté sur le cercueil de la primaire de la gauche. Car sans le PS, cette initiative portée depuis deux ans par Lucie Castets, Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin n’a plus aucune chance d’exister.
Les opposants internes à Olivier Faure ne s’y sont pas trompés puisqu’aussitôt les résultats annoncés, ils se sont empressés de rappeler, tel Jean-Christophe Cambadélis, que « la fin de la petite primaire est actée ». Du côté des Écologistes, Marine Tondelier est contrainte, elle aussi, de reconnaître que « les adhérents du Parti socialiste ont décidé d’enterrer la primaire ».
Celle qui a promis d’être candidate coûte que coûte à la présidentielle (c’est-à-dire avec ou sans primaire) a envoyé un mail aux militants écologistes, leur proposant de convoquer deux réunions très rapidement. Objectif : discuter de la stratégie à adopter maintenant que la primaire semble morte et enterrée (et voir dans quelle mesure une candidature autonome à la présidentielle a un sens).
Dans les sondages, une candidature autonome de Marine Tondelier ne dépasse pas les 3 %. Loin derrière celle de Raphaël Glucksmann (12 %), mais surtout celle de Jean-Luc Mélenchon (15 %). Ce qui fait craindre à certains, chez les Verts, un éparpillement des voix et une élimination, pour la troisième fois consécutive, de la gauche aux portes du second tour de l’élection présidentielle. Sandrine Rousseau plaide ainsi pour un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon quand Yannick Jadot regarde, lui, plutôt du côté de Raphaël Glucksmann.
Glucksmann désigné candidat du PS ?
Il y en a un que cette décision du PS rend heureux, c’est Raphaël Glucksmann. Le patron de Place Publique a toujours exclu de se présenter à une primaire de la gauche, expliquant dans une interview au Monde il y a quelques mois que « mettre ses principes dans sa poche », comme le suppose selon lui la primaire, « c’est la certitude de la faillite morale et de la défaite politique ». Le vote resserré organisé par le PS est donc une aubaine pour lui.
Encore faut-il qu’il accepte de s’y soumettre. Ce qui n’est pas une option pour Olivier Faure qui, ce vendredi sur franceinfo, a assuré qu’il n’a « pas le choix de s’en passer ». « Quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l’on puisse faire, c’est de se plier à la règle du départage démocratique », a-t-il plaidé, sans exclure d’être lui-même candidat. Olivier Faure dira d’ici septembre s’il compte solliciter l’investiture des socialistes. Au PS, la liste de prétendants ne cesse de s’allonger (Jérôme Guedj, Karim Bouamrane, Philippe Brun, Ségolène Royal depuis ce vendredi…), au risque de frôler le trop-plein.
Finalement, malgré un résultat décevant pour Olivier Faure, le vote interne au PS a au moins le mérite de décanter la situation. Car ces dernières semaines, les partenaires de gauche s’impatientaient, regrettant que les désaccords socialistes n’empêchent tous les autres d’avancer. « Il faut que les socialistes se réveillent », s’agaçait Clémentine Autain début mai. Ils se sont réveillés, mais pas forcément comme elle l’espérait.


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