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Les 22 moules zébrées retrouvées le long du fleuve Saint-Jean l’an dernier dans le cadre d’une étude de la Canadian Rivers Institute de l’Université du Nouveau-Brunswick suggèrent que la présence de cette espèce invasive dans la province demeure, pour l’instant, gérable.
Professeure de biologie à l’Université du Nouveau-Brunswick, Meghann Bruce est l’une des scientifiques qui mène une course contre la montre afin d’éviter que la moule zébrée, un petit mollusque qui tire son nom des motifs rayés sur sa coquille, ne se répande dans les plans d’eau de la province et ne s’empare de ses quais, de ses barrages et des ses canalisations.
Nous avons identifié le problème à un stade précoce, dit Mme Bruce, qui travaille avec la Canadian Rivers Institute. Nous avons comme la surveillance aussitôt que nous avons appris leur présence.

Grâce à ses travaux au sein de de la Canadian Rivers Institute et à l'Université du Nouveau-Brunswick, Meghann Bruce mène une course contre la montre afin d'éviter que la moule zébrée ne se propage dans la province.
Photo : Gracieuseté : Meghann Bruce
La moule zébrée tire sa mauvaise réputation de sa capacité à monopoliser les sources de nourriture d’autres espèces retrouvées dans les lacs et les rivières qu’elles envahissent.
Selon le ministère des Pêches et des Océans du Canada, cette espèce envahissante originaire de la mer Noire et de la mer Caspienne cause chaque année des millions de dollars de dommages au Canada en obstruant les structures de prise d'eau des centrales électriques et des usines de traitement de l'eau, en plus d'endommager les bateaux.
D’après Mme Bruce, c’est probablement la présence de la moule zébrée dans le lac Témiscouata, au Québec, qui est relié au fleuve Saint-Jean, qui explique sa présence au Nouveau-Brunswick.
L’an dernier, l’équipe de Mme Bruce a parcouru 81 sites le long du fleuve Saint-Jean à la recherche de moules entre les mois de mai et novembre.

Cette moule zébrée est l'une de 19 à avoir été retirée du barrage de la centrale hydroélectrique de Mactatquac, au Nouveau-Brunswick, par l'équipe de recherche de Meghann Bruce.
Photo : Gracieuseté : Meghann Bruce
Parmi les 22 spécimens adultes retrouvés pendant leurs recherches, 19 s’étaient attachés à la surface du barrage de la centrale de Mactaquac.
Deux autres spécimens ont été découverts à la centrale de Beechwood, située à environ 25 km au sud de Perth-Andover, et un troisième à la jonction de la baie de Belleisle et du fleuve Saint-Jean. Il s’agit de l’endroit le plus en aval du fleuve où l’espèce a été découverte à ce jour.
Mme Bruce affirme qu’il est encore trop tôt pour dire avec certitude pourquoi la majorité des moules ont été découvertes sur l’infrastructure de la centrale de Mactaquac. Elle croit toutefois que la situation peut s’expliquer par le fait que le barrage crée un environnement semblable à celui d’un lac, puisqu’il ralentit le débit de l’eau et permet aux moules de s’y accrocher plus facilement.

Meghann Bruce a retrouvé des moules zébrées s'étant attachées à une moule native au lac Témiscouata lors d'un relevé qu'elle a mené afin d'y mesurer la qualité de l'eau.
Photo : Gracieuseté : Meghann Bruce
Bien qu’elle ne soit pas en mesure de chiffrer la valeur des dégâts causés par les moules zébrées dans la province, Meghann Bruce les qualifie comme étant très problématiques.
L’Institut canadien des rivières collabore avec Énergie Nouveau-Brunswick sur divers projets de recherche depuis une dizaine d’années. C’est la raison pour laquelle les services de Meghann Bruce ont été sollicités lorsque la société d’État a anticipé que la moule zébrée pourrait poser une menace.
Une fois qu’ils colonisent un barrage, il faut de l’entretien pour qu’il puisse demeurer fonctionnel, explique-t-elle.
Énergie NB surveille ses infrastructures
Dans une déclaration envoyée par courriel, Énergie NB dit prendre des mesures proactives afin de gérer l’espèce envahissante grâce aux informations qui lui ont été fournies par Meghann Bruce.
Une technologie de biosurveillance a été installée sur les installations de Beechwood et d’autres systèmes de surveillance le seront aux autres centrales hydroélectriques, écrit Énergie NB.
Les plongeurs qui font de l'entretien de routine sur les barrages d’Énergie NB sont aussi désormais formés afin d’identifier et retirer les moules zébrées retrouvées dans le cadre de leur travail, ajoute Meghann Bruce.
Chaque fois que l’on retire un adulte de la population, on retire aussi de l’eau toute la progéniture qu’il aurait pu avoir, illustre-t-elle.
Mme Bruce et son équipe retourneront sur le fleuve afin de poursuivre leurs efforts de surveillance aussitôt que la glace sera fondue et qu’il sera sécuritaire de le faire.
D’ici là, elle rappelle que les Néo-Brunswickois peuvent ralentir la propagation de cette espèce dans les plans d’eau de la province en rinçant leur embarcation et leurs moteurs après leur utilisation.
Laisser sur embarcation sur la terre ferme le plus souvent possible est aussi efficace puisqu’une fois sec, les moules juvéniles vont mourir, dit Mme Bruce.
D'après les informations de Katelin Belliveau, de CBC


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