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La peine de mort, c’est dans la nature des choses depuis les temps immémoriaux !

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Je sais, les âmes délicates vont penser que je fais de la philosophie de rabais, que je suis une brute indélicate, incapable de la moindre considération pour les malheureux que la Création n’a pas avantagés parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’entrer dans la normalité de l’humanité. Mais vous savez, nous sommes arrivés à un tel état de dégénérescence qu’il est l’heure désormais de dire les choses sans détour.

Alors voilà le principe que je voudrais rappeler, parce qu’on l’a oublié depuis trop longtemps et parce qu’ainsi, on a fini par carrément s’embourber dans des considérations qui semblaient magnifiques au départ mais qui ont fini par devenir suicidaires bref, nous conduire droit vers la mort : pour se préserver, c’est-à-dire se maintenir en vie, toute société normale, d’instinct, c’est-à-dire sans se poser mille questions stériles, mécaniquement, élimine les éléments toxiques.

Tous les êtres vivants – les humains, les animaux et même les végétaux – évacuent obligatoirement leurs déchets métaboliques. C’est une règle biologique universelle. C’est un processus vital. En effet, la vie ne peut pas se maintenir sans métamorphoser de la matière et de l’énergie. Ces réactions chimiques internes produisent inévitablement des molécules toxiques qui, si elles s’accumulaient, tueraient l’organisme.

Une société humaine est elle aussi un être vivant, non individuel mais collectif bien sûr. Et elle aussi obéit à ce processus vital, elle aussi a ses déchets métaboliques et elle aussi, en bonne logique, doit les évacuer. La seule différence, c’est que de biologique, le processus n’est pas mécanique mais relève d’un effort de volonté collectif. De tous temps, pour toutes les sociétés, sur toute la planète, le principe d’élimination de leurs déchets, c’est-à-dire des êtres qui leur étaient nuisibles, était une évidence… même si malheureusement ledit principe était entre les mains de la justice. C’est le Léviathan de Thomas Hobbes. Or, la justice est faillible, c’est-à-dire qu’elle peut se tromper et elle s’est de nombreuses fois trompée. Souvenons-nous de l’affaire Calas évoquée par Voltaire qui l’amènera à écrire et à publier en 1763 son Traité sur la tolérance.

On peut déplorer qu’il n’y ait pas dans toute société ce mécanisme d’évacuation qui existe dans l’être vivant individuel, en un mot, qu’elle ne puisse pas évacuer, donc mécaniquement et sans que cela pose de problèmes éventuels de conscience, ses déchets humains. Je ne sais pas si ce sont des problèmes de conscience ou une interprétation trop extensive du traité de Voltaire qui ont conduit Badinter à obtenir l’abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981. Mais ce qui est certain, c’est qu’à partir de ce moment précis la société française a renoncé à ce qui relève, je dirais, de ce droit de la nature qui consiste donc pour une société normale – j’ai envie de dire saine – à se préserver de ses éléments toxiques. Je me fous comme de ma première chemise des arguments développés par Badinter ; je n’ai même pas envie de les connaître car je suis convaincu qu’ils sont nécessairement… toxiques. C’est l’évidence même puisqu’ils nuisent à la perpétuation normale de la société ! Oui, il faut le gueuler : la perpétuation normale de la société, et même sa perpétuation biologique finalement !

Dernièrement, il y a eu, en une semaine d’intervalle les affaires (quel horrible mot, mon Dieu !) Lyhanna dans le Gers et Louis à Perpignan, massacrés tous les deux dans des conditions plus qu’horribles par des hommes pires que des déchets. Il y a peu encore, la vindicte populaire, sans même attendre le réveil de la justice, aurait procédé à leur élimination et j’aurais applaudi, non pas par esprit de vengeance (pour se venger, faut-il encore accorder un minimum d’importance à celui qu’on déteste) mais par soulagement, soulagement de savoir que la société s’est mécaniquement débarrassée de ses ordures, qu’elle va continuer de vivre à peu près sainement.

Dans les États de droit (on cache tellement de vilaines choses aujourd’hui sous cette appellation hypocrite !), la réponse à une dangerosité jugée durable par les experts psychiatriques auprès des tribunaux est généralement la privation de liberté, c’est-à-dire la réclusion criminelle à perpétuité, et la perpétuité incompressible. Mais attention, il n’existe actuellement aucun condamné en France dont la loi garantisse qu’il ne pourra absolument jamais être libéré, car le droit français laisse toujours subsister, au moins en théorie, une possibilité de réexamen. Ce qui signifie que les 8 personnes condamnés à la perpétuité incompressible… peuvent peut-être un jour se balader tranquillement dans la rue ! En un mot, le fameux Etat de droit rejette catégoriquement l’idée d’élimination physique car pour lui toute personne, quelle qu’elle soit, reste une personne. Il va même jusqu’à parler de réinsertion et surtout à tout faire pour l’appliquer, priorisant ainsi le meurtrier et oubliant la victime. C’est le monde à l’envers. C’est là le mal profond de notre société qui privilégie sa flagellation ! En un mot, l’État se fait complice et devient lui-même criminel en se hissant au niveau du criminel ; criminel dont il a le devoir de protéger la société.

Qu’on me pardonne d’être trop long, mais il y a un autre phénomène qu’il faut aborder. En effet, quand une société renonce à traiter de façon définitive – comme elle devrait d’emblée le faire ! – les individus irrémédiablement dangereux, elle s’affaiblit manifestement face à d’autres formes de criminalités graves comme le trafic de drogue, les agressions sexuelles, la pédocriminalité et, on en parle beaucoup actuellement, la pyromanie !

Lorsqu’une partie importante de la population estime que l’Etat ne protège plus suffisamment les citoyens ou ne sanctionne plus adéquatement les crimes les plus graves, elle finit par nourrir un profond sentiment de défiance envers l’Etat qui n’est plus alors le Léviathan protecteur. Et c’est elle qui demain, à juste titre, va appliquer elle-même la peine de mort, avec les risques évidents de débordements. Toute épuration – on le sait trop bien en France – est sujette à excès.

AINSI, L’ÉTAT SERAIT BIEN INSPIRÉ DE RÉTABLIR VRAIMENT ET SANS TARDER LA PEINE DE MORT, bref de revenir à la logique des temps immémoriaux !

Philippe ARNON

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