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Élu président de la FDSEA du Cantal, Mathieu Théron prend ses fonctions alors que la sécheresse frappe durement les élevages. Son mot d’ordre : anticiper plutôt que subir.
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Par Marie Boudon Publié le 31 juil. 2026 à 1h26
À seulement 33 ans, Mathieu Théron devient le nouveau visage de la FDSEA du Cantal. Élu le 17 juillet 2026 par le conseil d’administration réuni à Sénezergues, l’éleveur de Roannes-Saint-Mary succède à Joël Piganiol, qui occupait la présidence depuis neuf ans.
Une passation sans rupture, préparée depuis près d’un an. « Avec Joël, nous préparions cette transition depuis un an. Je n’arrive pas de nulle part. La majorité des dossiers, je les connais ».
Une transition préparée de longue date
Installé depuis 2017 au sein du GAEC Élevage Théron avec son père et son frère, il exploite un élevage de bovins Limousins complété par du maraîchage et des châtaignes. Son engagement syndical a commencé chez les Jeunes Agriculteurs dès 2013. Président des JA du Cantal de 2020 à 2024, il siégeait déjà au bureau de la FDSEA. « Joël avait besoin de passer à autre chose. Trois mandats, c’est déjà beaucoup. Le renouvellement est normal dans un syndicat, mais il n’y a pas de rupture ».
La sécheresse est notre urgence absolue
Mathieu prend la présidence de la FDSEA du Cantal au moment où les prairies jaunissent, dans un contexte que beaucoup d’éleveurs qualifient déjà d’exceptionnel. « On est très inquiets pour les semaines à venir. Beaucoup d’éleveurs sont en rupture de pâturage depuis la mi-juin et distribuent déjà le fourrage destiné à l’hiver. Six mois de sécheresse, c’est beaucoup trop long ».
Et il sait que le mois d’août pourrait encore aggraver les choses. Le manque d’herbe n’est plus le seul problème. Les réserves s’amenuisent, l’eau vient parfois à manquer et les possibilités d’approvisionnement se réduisent. « Cette année, tout est sec. On ne peut plus compter sur la solidarité Française ».
Face à cette situation inédite, la FDSEA réactive ses contacts. Sans certitude. « Même nos contacts espagnols ne sont pas dans une situation confortable. On sait qu’il y aura de la décapitalisation : certains éleveurs devront réduire leur cheptel parce qu’ils n’auront plus les moyens de nourrir tous leurs animaux ».
Le syndicat travaille également avec la FNSEA et les services de l’État afin d’obtenir la reconnaissance du Cantal en calamité agricole.

« La résilience doit devenir notre priorité »
Pour Mathieu Théron, l’urgence est de trouver du fourrage, d’obtenir la reconnaissance en calamité agricole et d’accompagner les exploitations les plus fragiles. Mais il refuse de limiter son mandat à la gestion des crises. « Il faudra répondre à l’urgence, bien sûr. Mais ce que je veux défendre, c’est une vision à long terme. Nos exploitations doivent devenir plus résilientes ».
Le mot revient à plusieurs reprises dans son discours. Résilience face à un climat qui change, face à des sécheresses qui ne sont plus exceptionnelles mais récurrentes. « Les épisodes de 2003, 2011 ou 2022 nous semblaient déjà marquants. Aujourd’hui, on change encore d’échelle. On voit bien que ces aléas vont se répéter et qu’il faut désormais les anticiper ».
Stocker davantage pour mieux résister
Pour le nouveau président, cette adaptation passera d’abord par des investissements. « Il faudra développer les capacités de stockage, de l’eau pour abreuver les animaux, de l’eau pour certaines cultures, mais aussi davantage de stockages de fourrage. Pas plus tard qu’hier, des adhérents nous appelaient parce qu’ils n’avaient plus d’eau au robinet. Ce sont des situations auxquelles il faut apporter des réponses durables ».
Défendre les revenus sans renoncer à l’avenir
Parmi les priorités figurent également la rémunération des agriculteurs et le renouvellement des générations. « Notre premier combat reste le revenu. Un agriculteur doit pouvoir vivre de son métier. Et dans les 10 prochaines années, près de la moitié des exploitants cantaliens partiront à la retraite. Il faudra réussir à transmettre nos fermes ».
Avec près de 2 500 exploitations adhérentes, la FDSEA entend s’appuyer sur la force de son réseau. « Le collectif est notre plus grande richesse. Être dans un grand syndicat, c’est parfois partager les mêmes positions que la FNSEA, parfois non, c’est parfois aussi et surtout défendre notre spécificité d’agriculteurs de montagne. Mais c’est toujours chercher ensemble des solutions ».
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