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Une tribune d'Ikram Ben Aissa, doctorante en sociologie spécialisée sur les questions en lien avec l'islam et le monde musulman
Les violences au Moyen-Orient sont indignes depuis plusieurs années déjà. Avec Gaza, beaucoup d'entre nous se demandaient si le droit international — et notamment le respect de la vie des civils — existait encore véritablement dans ce monde.
Mais en réalité, la question se posait bien avant Gaza.
En Irak.
En Afghanistan.
Au Yémen.
En Syrie.
Au Liban.
Aujourd'hui, il faut clairement ajouter l'Iran.
L'Iran et ses écoles frappées, où des petites filles ont été tuées.
L'Iran et ses civils pris sous les bombardements dans les villes.
Nous avons observé, au Venezuela, l'enlèvement de leaders politiques.
Et maintenant, l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, ainsi que d'autres personnalités du gouvernement iranien, en pleine négociation avec les États-Unis.
La voie pacifique est piétinée.
Malmenée.
Écrasée sans regret par la loi du plus fort.
Attaque contre l'Iran - A l'ONU, l'Iran dénonce un "crime de guerre" après la mort de civilsOui, les crimes qu'un gouvernement commet contre son propre peuple ne sont pas des affaires internes : ils relèvent du droit international. Les morts des manifestations en Iran l'ont rappelé tragiquement. Mais il y a aussi ceux qui commettent des crimes de guerre, voire des génocides contre d'autres peuples, et qui, en plus, se permettent d'aller assassiner des leaders ailleurs.
Ceux-là ne sont pas des sauveurs.
Qu'on leur confie un pays, et on dansera beaucoup moins.
Est-ce donc ce type de monde que nous voulons laisser aux nouvelles générations ?
La violence seule résout-elle désormais les choses ?
Parler et négocier sont-ils devenus désuets ?
Les rassemblements à travers le monde ont montré deux visages.
Il y a ceux qui chantent et dansent après l'intervention en Iran.
Il y a aussi ces foules noires de monde, en deuil, qui pleurent leur leader, car l'ayatollah Ali Khamenei incarnait, pour une large partie du monde chiite, une référence religieuse et politique.
Mais il manque un troisième groupe.
"La manière dont l'action américano-israélienne a été menée en Iran ne correspond pas aux standards du droit international "Ceux qui restent sous le choc de ces interventions meurtrières.
Ceux qui condamnent la colonisation en Cisjordanie.
Ceux qui condamnent aussi la répression interne et les morts des manifestations en Iran.
Ceux qui refusent la logique des représailles en chaîne.
L'hécatombe nous saute au visage.
C'est une gifle.
Elle nous laisse sans voix.
Ce n'est pas seulement l'ayatollah Ali Khamenei qui est mort.
Le droit international aussi.
Et nous, fervents défenseurs de ces principes, sommes en deuil.


3 month_ago
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