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La hausse du salaire minimum, qui passe à 16,60 $ de l’heure le 1er mai, survient à un moment où des données concernant le montant dont une personne seule ou une famille a besoin pour se sortir de la pauvreté sont dévoilées.
L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a dévoilé qu’une personne seule a besoin d’un revenu entre 33 249 $ et 44 780 $ par an pour sortir de la pauvreté dans les grandes villes du Québec.
Sherbrooke se retrouve en milieu de peloton des villes évaluées avec un revenu viable d’au moins 34 814 $ pour une personne seule et plus de 79 000 $ pour une famille de 4.
Le chercheur à l'IRIS, Guillaume Tremblay-Boily, ne croit pas que cette augmentation du salaire minimum va permettre à ceux qui en bénéficient de vivre dignement.
Dans la très grande majorité des scénarios que nous avons étudiés, l'inflation augmente plus vite que le salaire minimum. Donc, l'écart se creuse entre le salaire minimum et le salaire qu'il faudrait avoir pour atteindre le revenu viable. On calcule qu'à Montréal, pour une personne seule, pour atteindre le revenu viable, il faut 30 $ de l'heure. Donc, ça veut dire que plus de la moitié des travailleurs et travailleuses ne l'atteignent pas, souligne M. Tremblay-Boily.
Hausse du salaire minimum
Des organismes communautaires de Sherbrooke ne croient pas que l'augmentation du salaire minimum va avoir un impact majeur sur le budget des personnes dans le besoin. Le taux général du salaire minimum est actuellement de 16,10 $ l’heure et 13,30 $ l'heure pour le salaire à pourboire.
Cette hausse ne permet pas de sortir de la trappe de la pauvreté. Ça ne permet pas aux gens de mettre de l'argent de côté. Le prix de l'épicerie a explosé dans les dernières années sans compter la hausse du prix des loyers, explique l'adjointe à la coordination chez Illusion Emploi, Jeanne Bettez.
Le directeur général de Moisson Estrie, Christian Bibeau, invite à faire le calcul sur une semaine de travail de 40 heures avec cette hausse de 50 cents l'heure et ensuite de soustraire les impôts.

Christian Bibeau est le directeur général de l'organisme Moisson Estrie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
La mesure reste insuffisante. C'est stupéfiant quand même de constater à quel point, au Québec, nous avons de la difficulté à s'attaquer aux enjeux de la pauvreté, estime Christian Bibeau.
La codirectrice à Solution budget Plus, Michelle Goyette, croit que c'est un ensemble de mesures qui pourraient faire une différence notable.
Il faut investir dans le logement social, que ce soit les HLM ou les coopératives d'habitation. Donc avoir des loyers plus abordables en fonction de la capacité des gens, estime Mme Goyette.
Le président de la Chambre de commerce d'industrie de Sherbrooke, Bruno Mecatti, rappelle que cette hausse aura un impact direct pour les commerces de proximité.

Bruno Mecatti est président de la Chambre de commerce et industrie de Sherbrooke. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé
Cette augmentation revient tous les ans. C'est normal aussi que le salaire de nos employés augmente. Chaque année, nous devons faire nos calculs par rapport au fait que le salaire minimum va augmenter, souligne Bruno Mecatti.


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