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La France Insoumise devra rendre gorge de cet assassinat

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Raphaël Enthoven qui avait accusé le parti de Jean-Luc Mélenchon d’être « passionnément antisémite » a été relaxé du chef de diffamation. On pourra sans doute qualifier LFI de « passionnément homicide » au vu des derniers éléments dans l’affaire du lynchage de Quentin Deranque à Lyon. On vient en effet d’apprendre du Parisien, qui fait un remarquable travail journalistique depuis quelques jours, que Raphaël Arnault, député LFI de son état, a en sus de Jacques-Elie Favrot, compromis dans l’assassinat de Quentin, trois autres assistants parlementaires, parmi lesquels un certain Robin C., également compromis. Robin C. est inscrit dans l’organigramme de l’assemblée nationale sous un pseudonyme, au mépris de la plus élémentaire légalité.

Raphaël Arnault et ses assistants parlementaires : un second scandale judiciaire ?

Mardi soir, après l’annonce du placement en garde à vue de son collaborateur Jacques-Elie Favrot dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du jeune militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon le 12 février, le député LFI Raphaël Arnault a rapidement marqué ses distances. Dans un message publié sur X, il a confirmé la fin des activités parlementaires de Favrot et précisé avoir engagé, dès lundi, les démarches pour rompre son contrat.

Pourtant, une information capitale a été omise : un second assistant parlementaire du député, parmi les quatre qu’il emploie, se trouve également au cœur d’une procédure judiciaire. Selon des sources concordantes, ce collaborateur, Robin C., né le 3 août 2001, était en garde à vue mardi soir, interrogé par la Division de la criminalité territoriale (DCT) du Rhône.

Robin C. a été arrêté au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, sa région d’origine, en compagnie d’un autre suspect, Adrian B. Les deux hommes revenaient d’Avignon (Vaucluse) lorsqu’ils ont été interpellés au domicile de la mère d’Adrian B. par la Brigade de recherches et d’intervention de Lyon. Les enquêteurs cherchent à établir le rôle d’Adrian B. dans le lynchage mortel de Quentin Deranque, tandis que Robin C. est soupçonné d’avoir hébergé et aidé son ami à échapper à la justice après les faits.

Assistant parlementaire… sous pseudo !

Contrairement à Jacques-Elie Favrot, dont le nom avait fuité sur les réseaux sociaux et qui s’était vu interdire l’accès à l’Assemblée nationale par Yaël Braun-Pivet, Robin C. n’apparaît pas sous son identité réelle sur la liste officielle des collaborateurs de Raphaël Arnault. Il y est inscrit sous le pseudonyme de Robin Michel. Engagé en 2025, il travaillerait principalement dans la circonscription vauclusienne du député.

Les raisons de cette dissimulation restent floues. Cependant, selon des sources proches de l’enquête, Robin C. est connu des services de renseignement pour son appartenance à des milieux d’ultragauche. Plus inquiétant encore, il est fiché S, considéré comme une menace potentielle pour la sécurité nationale en raison de risques d’exactions politiques violentes.

Une relation assumée avec Raphaël Arnault

Robin C. n’a pas caché ses liens avec Raphaël Arnault. Lors de son interpellation, interrogé sur la personne à prévenir en tant qu’employeur, il a spontanément cité le député LFI.

Avec deux collaborateurs en garde à vue parmi les onze suspects entendus, l’affaire prend une tournure embarrassante pour Raphaël Arnault. Jacques-Elie Favrot, déjà connu des services de police, est quant à lui soupçonné d’avoir participé aux violences ayant conduit au lynchage de Quentin Deranque, lors d’un meeting de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’IEP de Lyon. Il a été interpellé mardi soir en Isère, en compagnie d’un autre suspect.

Quatre des six principaux suspects, eux aussi militants de la Jeune Garde, seraient quant à eux toujours fichés et activement surveillés par les services de renseignement. Jacques-Élie Favrot est aussi connu des services de police pour au moins quatre faits, notamment «vol», «détention d’arme» et «coups et blessures». On ignore cependant à ce stade si ces faits avaient donné lieu à des condamnations. Plusieurs procédures judiciaires diligentées par les policiers à son encontre sont en cours du côté de Lyon. Contacté, l’avocat de l’intéressé, Me Bertrand Seyn, n’a pour l’heure pas donné suite.

Sur des images filmées par un témoin et diffusées samedi soir sur TF1, on voit une douzaine d’individus au visage dissimulé par des cagoules ou des capuches, dont des membres de la Jeune Garde, se ruer sur trois jeunes hommes et les rouer de coups, de pieds et de poings, à de multiples reprises alors qu’ils sont à terre. La vidéo montre Quentin Deranque au sol, inanimé, se faire lyncher.

Deux proches du collectif Némésis, qui ont porté plainte, avaient confirmé au Figaro la présence de l’assistant parlementaire au moment des faits. «Nous étions 15 et eux une vingtaine. Dans mon souvenir, ils avaient des gants coqués. Les coups pleuvaient. Ils disaient : “bande de racistes, on va vous buter, vous allez crever” (…) J’ai reconnu Jacques-Élie Favrot. Il ne cessait de dire “viens, viens”», indique un plaignant, qui assure avoir reçu des coups de poing de l’assistant parlementaire. «J’ai reconnu Jacques-Élie Favrot, il m’a porté des coups. Il était dans un état pas normal, haineux et surexcité», indiquait un autre proche du collectif féministe.

Lundi, Jacques-Élie Favrot a été interdit de présence à l’Assemblée nationale par Yaël Braun-Pivet après que son nom a fuité sur les réseaux sociaux comme un potentiel protagoniste du lynchage de Quentin. Le député Raphaël Arnault a réagi mardi soir sur X après le placement en garde à vue de son collaborateur. «Comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Élie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires. Dès hier (lundi), avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat», a-t-il publié.

Le parti valorise les pires coups tordus de ses membres pour promouvoir les plus talentueux dans son organigramme

Se présentant sous le prénom d’emprunt « Léo », un militant expérimenté de LFI affirme que Jacques-Elie Favrot (dit Jef) était l’un des « cadres solides » de la Jeune Garde, fondée en 2018. « Ce sont les deux meilleurs potes, Jef est loyal, il fait sa sécurité. C’est Raph [Raphaël Arnault] qui l’a formé, c’est le suiveur », raconte-t-il à propos de sa proximité avec le député du Vaucluse. Décrit comme « plutôt taiseux », Favrot aurait, selon lui, appartenu à « un groupe antifa d’action au niveau de Lyon destiné à taper ». « Jef, c’est celui qui frappe », soutient Léo, évoquant des désaccords internes sur l’usage de la violence de rue.

Concernant les faits ayant conduit à la mort de Quentin Deranque, l’ancien militant assure ne pas avoir été surpris : « On savait que ça arriverait un jour ou l’autre ».

Léo évoque également les liens entre la Jeune Garde et La France Insoumise, affirmant que des membres du mouvement assuraient « systématiquement » le service d’ordre lors d’événements. « On fait le sale boulot et on est remerciés avec des postes derrière », affirme-t-il. Il dit s’être progressivement éloigné de Raphaël Arnault, condamné en 2022 pour violences en réunion, décision devenue définitive en 2025. « Raphaël, on savait qu’il allait sauter un jour », conclut-il.

LFI devra rendre gorge dans cet assassinat, et les partis du système qui ont fait élire ses députés devront rendre des comptes aux Français

Peut-on compter sur la justice française pour faire toute la lumière sur l’affaire ? On peut en douter si l’on revient sur le second tour des législatives de 2024 à Avignon, qui a vu la victoire de Raphaël Arnault sur la candidate RN par 55% contre 45%, au terme d’une campagne soviétoïde où toute la classe politique s’est livrée à une diabolisation du parti d’ « extrême droite ».

Catherine Jaouen affirme avoir subi un climat de fortes tensions pendant la campagne. Des militants LFI se sont rendus à plusieurs reprises à son domicile après avoir découvert son adresse, afin de la harceler, elle et sa famille, de jour comme de nuit. Elle indique avoir été contrainte de déménager à la campagne. « A part ma famille, personne ne sait où j’habite ». Elle explique également ne plus s’être déplacée sans garde du corps en fin de campagne. Le jour du second tour, le cabinet du préfet lui a recommandé de ne pas quitter son domicile à partir de 18 heures. Elle affirme être restée chez elle toute la soirée. Catherine Jaouen a mis en cause les conditions de la campagne dans certains quartiers et évoqué des irrégularités constatées par de nombreux témoins. L’élection d’Arnault aurait dû être annulée compte tenu de ces éléments. La justice n’a pas cru devoir instruire l’affaire.

Henri Dubost

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