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La désaffection des résidents en médecine familiale se poursuit au Bas-Saint-Laurent

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Aucun des 6 postes de résident disponibles à l'hôpital de Trois-Pistoles n'a été pourvu alors que seulement 4 postes sur 8 l'ont été à l'hôpital de Rimouski au premier tour d’attribution. Si ce n’est pas la première année que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent peine à attirer des résidents, la présidente de l’Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent s’inquiète de l’effet de cette perte de relève sur la médecine familiale dans la région.

Avoir des étudiants en médecine familiale sur le territoire, quand on les forme, souvent, ça nous aide à les recruter par la suite sur le territoire, a affirmé la Dre Véronique Clapperton au micro de l’émission Info-réveil vendredi en rappelant la pénurie de médecins dans la région.

Pour les régions, c’est très problématique, parce que ce sont les médecins de famille qui sont partout, [non seulement] en première ligne mais aussi en deuxième ligne, a-t-elle poursuivi.

Véronique Clapperton a un stéthoscope au cou dans un bureau de médecin.

La Dre Véronique Clapperton est présidente de l'Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

La Dre Clapperton dit craindre l’effet de cette perte de bras sur les services puisque les médecins qui sont déjà à pied d'œuvre pour prendre davantage de patients vont devoir s’occuper aussi de ceux qui ne sont pas pris en charge par les résidents.

La médecine familiale est une profession extraordinaire qui est boudée à cause du contexte politique et du contexte sociétal, déplore la Dre Clapperton.

Quand les étudiants en étaient à faire leur choix de résidence, à la fin du mois de novembre dernier, le conflit qui opposait les médecins et Québec a eu, selon elle, un impact sur le choix des étudiants.

Recrutement difficile en médecine familiale pour l’ensemble du Québec

Mercredi, au micro de L’après-midi est à nous, le Dr Christian Campagna, directeur médical de l’enseignement et gériatre pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent, a lui aussi convenu que le conflit à propos de la réforme de la rémunération des médecins a certainement eu des répercussions sur le choix des étudiants à cause de l'incertitude qu'il crée chez les futurs médecins.

Il replace toutefois ces chiffres dans une perspective plus large. Ce n’est pas la première année que ces postes de résident ne sont pas pourvus à Trois-Pistoles ou à Rimouski, selon Christian Campagna.

Ces chiffres-là ne nous étonnent pas, même s’ils nous déçoivent.

C'est une problématique qui dépasse largement le contexte unique du Bas-Saint-Laurent, dit-il en indiquant que 27 % des postes de résident en médecine familiale sont libres pour l'ensemble du Québec, soit 146 postes sur 541, une augmentation de 9 % par rapport à l'an passé.

Les places dans les autres spécialités médicales ont presque toutes été pourvues au premier tour, selon les données dont dispose le Dr Campagna, qui affirme que cette tendance se maintient depuis les dix dernières années.

Encore un deuxième tour de jumelage

Le directeur médical de l’enseignement et gériatre pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent prévient toutefois qu’il faut attendre les résultats du deuxième tour, qui seront disponibles le 21 avril, pour avoir un portrait plus juste de la situation.

À l’Université Laval, qui est partenaire du CISSS du Bas-Saint-Laurent, 33 étudiants participeront au deuxième tour d’inscription, ce qui leur permettra de postuler à des postes disponibles dont la très grande majorité se trouve en médecine familiale, précise Christian Campagna.

Toutefois, certains choisiront peut-être de faire une année de recherche ou de prendre une année sabbatique pour retenter leur chance au premier tour de l’an prochain pour une résidence en médecine spécialisée, concède-t-il.

La présidente de l’Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent demande quant à elle aux élus de cesser de se faire du capital politique sur la médecine familiale, sur la première ligne.

Le problème d’accès au réseau repose sur beaucoup plus que le travail des médecins de première ligne, a soutenu la Dre Véronique Clapperton en affirmant qu’on ne peut pas se permettre [de ne pas être] attractifs et de perdre des bras comme ça.

D'après des entrevues menées par Éric Gagnon et par Fabienne Tercaefs

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